Expositions, droit et économie

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dimanche, juin 16 2013

François Asselineau mis en échec à Villeneuve-sur-Lot

Nous avons été nombreux au sein de Debout la République à nous étonner du soutien apporté par Nicolas Dupont-Aignan à François Asselineau lors des législatives de Villeneuve-sur-Lot, où François Asselineau s'était présenté après le renoncement de Jérôme Cahuzac.

Hélas pour lui, François Asselineau a réalisé un score absolument pitoyable atteignant apparemment 189 voix, et ce malgré la débauche de moyens employés sur place : des militants de l'UPR avait ainsi fait des centaines de kilomètres pour venir prêcher la bonne parole aux électeurs. On imagine leur dépit à l'annonce des résultats, et je m'associe sincèrement à leur détresse. Je n'ai jamais caché mes réticences vis-à-vis de François Asselineau, mais je ne me réjouis pas de ce score.

Les militants de François Asselineau auront beau dire, mais ce score très faible fait peser une lourde hypothèque sur la présence de listes UPR indépendantes lors des élections européennes : on voit mal comment l'UPR arriverait à motiver ses adhérents pour donner de leur personne (et de leur argent) pour faire un score risible et qui ne lui ouvrira pas les portes du financement politique.

Une chose est certaine: François Asselineau ne pourra plus faire un procès en nullité comme il le faisait à l'égard de Nicolas Dupont-Aignan en s'attaquant à ses modestes résultats électoraux, puisque lui-même a réussi l'exploit de faire presque trois fois moins de voix que la candidate de Debout la République qui s'était présentée en 2012...

Affaire à suivre donc.

vendredi, juin 14 2013

Nicolas Dupont-Aignan annonce soutenir François Asselineau

Il y a quelques heures, Nicolas Dupont-Aignan a annoncé soutenir François Asselineau pour les élections législatives partielles qui auront lieu ce dimanche dans la circonscription laissée vacante par la départ de Jérôme Cahuzac, qui a démissionné de son siège de député après avoir dû quitter son poste au gouvernement pour les raisons que tout le monde connaît.

François Asselineau est un homme politique très atypique, même si au départ, il avait tout pour appartenir au sérail : ancien élève de l’ENA, haut fonctionnaire, il s’était mêlé de très près à la politique au sein du RPF puis de l’UMP. Mais il ne sera jamais que Conseiller de Paris (l’équivalent de Conseiller municipal), et sa liste dissidente de l’UMP parisienne connaîtra un échec cuisant en 2008.

Plutôt engagé auparavant dans les milieux souverainistes (il a ainsi été membre du Rassemblement Pour la France créé par Charles Pasqua et Philippe de Villiers, ou bien encore du RIF de Paul-Marie Couteaux), François Asselineau créé sa propre boutique avec « l’union populaire républicaine » (ou « UPR ») en septembre 2007.

De l’aveu de ses membres, l’UPR est resté un parti « cabine téléphonique » jusqu’en 2010 environ, lorsque François Asselineau choisit de prendre son bâton de pèlerin et donne des conférences historiques et géopolitiques sur la France et l’Europe. Ces conférences, quelques que soient leurs qualités (pédagogie, dénonciation marche en avant forcée de l’UE) et leurs défauts (longueur, pédantisme, raccourcis etc.), rencontrent un certain succès si bien que ce parti revendique 3.000 adhérents aujourd’hui, très différents des militants souverainistes du RIF dont les maigres bataillons étaient quasi exclusivement formés de retraités.

Mais l’Union Populaire Républicaine, reste très controversée, sombrant régulièrement dans le complotisme le plus abject, un anti-américanisme primaire, flirtant avec l’extrême droite, développant un culte du chef franchement malsain… Bon nombre des ses troupes, en tous cas les plus actifs, sont en fait constitués par des internautes complotistes aux positions très extrémistes, dont certains se sont d’ailleurs fait récemment exclure, à l’image de Sylvain B ou de Erick M.

Le soutien de Nicolas Dupont-Aignan est d’une certaine manière assez étonnant, puisque depuis quelques années, François Asselineau ne manque pas une occasion de critiquer très vertement Nicolas Dupont-Aignan quand il ne l’insulte pas carrément. Toutes les accusations qu’il lance sont évidemment toutes plus farfelues et plus fausses les unes que les autres, ce que j’ai longuement démontré ici ou ou bien encore .

En réalité, François Asselineau, présent sur le même « créneau politique », que Nicolas Dupont-Aignan, celui du souverainisme, n’a pas d’autre choix que se montrer plus extrémiste encore, surenchérissant de manière ridicule sur les positions de Nicolas Dupont-Aignan. En bref, alors que ce dernier est eurosceptique, François Asselineau est lui un europhobe assumé.

Le plus sordide a sans doute été atteint lors de la lamentable histoire du faux-plagiat : François Asselineau avait en effet accusé Nicolas Dupont-Aignan d’avoir plagié une de ses expressions favorites (celle du « syndic de copropriété » en parlant de la commission européenne)… Sauf que cette accusation déjà en soi totalement ridicule s’est en fait retournée contre François Asselineau, puisque Nicolas Dupont-Aignan avait en effet employé cette expression des années auparavant, comme en témoigne une source peu contestable : les débats parlementaires à l’Assemblée Nationale. S’il y avait donc un plagiat, il provenait plutôt de François Asselineau…

Dans ces conditions, le geste de Nicolas Dupont-Aignan est bien entendu d’une élégance rare dans la politique actuelle. accorder son soutien à quelqu’un relativement proche de vos idées alors que ce dernier vous crache à la gueule ne manque pas de classe. Surtout lorsqu’on se rappelle du précédent de l’élection présidentielle : n’ayant pas recueilli les 500 signatures nécessaires (il en avouait le chiffre ridicule de 17 !), François Asselineau, dans une position d’une rare mégalomanie, avait appelé à s’abstenir à l’élection à laquelle il avait maladroitement tenté de concourir ! A l’heure des lamentables querelles Copé-Fillon à l’UMP, l’attitude Nicolas Dupont-Aignan tranche.

Mais les chances de François Asselineau lors de l’élection à Villeneuve sur Lot sont malheureusement nulles : il n’est même pas testés dans les sondages. Ses équipes mènent certes un combat militant très remarquable, quadrillant les marchés, lui même donne de sa personne en donnant conférence sur conférence, mais cela ne pèsera rien face à sa quasi absence de relais au niveau local, une couverture médiatique inexistante hors internet, le poids des partis en place et l’abstention massive qui paradoxalement est peut être la seule chance pour lui de faire bonne figure.

L’arrivée du soutien de Nicolas Dupont-Aignan est donc pour le moins la bienvenue, même si les scores de Debout La République sont eux-aussi très modeste dans cette circonscription : Camille Morel n’avait obtenu qu’environ 550 voix lors des législatives de 2012. Bien sûr, depuis 2012, la notoriété de Nicolas Dupont-Aignan a beaucoup progressé, alors que toutes ses analyses se sont retrouvées confortées par la crise.

Mais ce soutien ne devrait pas suffire à assurer un score honorable à François Asselineau, qui comme tout homme politique, galvanise ses militants en leur promettant qu’il est capable de gagner, contrairement à ceux dont il s’imagine pouvoir être le rival, Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan.

Lorsque ses militants se rendront compte que François Asselineau n’a pas le dixième du potentiel électoral de Nicolas Dupont-Aignan (maire le mieux réélu de France avec 80% des voix), le risque est fort qu'ils se détournent de lui et que le soufflet retombe.

Comme en 2012, où François Asselineau avait envoyé ses militants partir à la chasse aux signatures de maires sans y être préparés ni avoir le financement pour pouvoir réussir. Certains militants, qui s’étaient défoncés pour lui en croyant qu’obtenir les signatures était possible ont été pour le moins ulcérés de se voir bernés. Et à Villeneuve-sur-Lot, le même schéma risque de se reproduire : des militants de l’UPR font des centaines de kilomètres pour aller tracter sur des marchés et tenter de convaincre trois pelés ou bien pour faire le nombre dans des conférences qu’ils connaissent déjà et où les électeurs locaux sont absents. D’autant que certains de ses militants, aux positions très extrémistes, font en fait plus de mal qu’autres choses lorsqu’ils discutent avec les gens du cru, beaucoup moins radicaux qu’eux.

Malgré tout, souhaitons bonne chance à François Asselineau lors de ses élections.

vendredi, mars 29 2013

Et pendant ce temps, les européistes se frottent les mains

EDIT: je n'en tire aucune gloriole, mais une personne sur facebook ayant pour avatar Dieudonné et le sigle de l'UPR (faut-il en dire plus?) a prétendu que l'article que j'ai écrit serait très long (il me semble qu'il l'est moins que celui d'Eddy) et très con... Visiblement, j'ai fait mouche!

EDIT 2: mon article à l'UPR fait des vagues en interne. J'ai été contacté par quelques militans, qui m'ont indiqué ne pas comprendre cet acharnement à l'encontre de Debout la République et déplorer la médiocrité de l'article d'Eddy. A ces militants, je voudrais tout d'abord leur témoigner toute ma sympathie, et les assurer que je ne les mets dans le même sac qu'Eddy et des rares mais très actifs militants de l'UPR qui pensent comme lui. Aujourd'hui, cette fraction violente et extrêmiste de l'UPR semble vouloir mener une chasse aux sorcières et faire taire tout ce qu'ils assimilent à de la division, sans voir que c'est leur propre aveuglement qui cause toute cette pagaille. Aux militants raisonnables de l'UPR, je voudrais simplement dire qu'ils ne doivent pas se laisser intimider: la plupart de ces militants agressifs, à l'image d'Eddy, sont en fait extrêmement fragiles. Au fond d'eux mêmes, ils savent bien que Nicolas Dupont-Aignan est un homme politique remarquable et que l'attaquer sans cesse est contre-productif.

Je crains que ces pitoyables querelles n’intéressent pas grand monde, mais malheureusement François Asselineau et ses adeptes de l’UPR semblent ne pas avoir d’autres passe-temps que de créer des polémiques stériles avec Debout la République.

Je vous passe l’historique des insultes et des calomnies déversées par François Asselineau, médiocre conférencier qui se voudrait concurrent de Nicolas Dupont-Aignan. Retenons simplement que, dans un article ridicule de fatuité et de paranoïa, François Asselineau avait accusé Nicolas Dupont-Aignan de l’avoir plagié, en utilisant l’image de la copropriété pour parler de l’Union Européenne. Hélas pour notre redresseur de torts outragé, il se trouve que Nicolas Dupont-Aignan, qui n’a jamais revendiqué un quelconque droit d’auteur, utilise cette métaphore depuis au moins le 15 janvier 2008, comme en attestent les débats de l’Assemblée Nationale, comme je l'ai révélé dans cet article. Sans doute piqué pour s’être fait prendre la main dans le sac, François Asselineau s’est cru obligé, lors d’une conférence, de parler une nouvelle fois de Nicolas Dupont-Aignan de manière abjecte pendant près de vingt minutes, montrant bien son sens des priorités. Un militant de Debout La République lui avait simplement indiqué qu'il ne servait à rien d'insulter sans cesse son parti et qu'il se trompait d'ennemi.

Indigné devant ces pratiques indignes d’un véritable homme politique, Laurent Pinsolle, membre du bureau national de Debout la République, a publié une lettre ouverte à François Asselineau, où il lui disait son fait. Il s’agit déjà de la seconde lettre qu’il lui adressait, sans obtenir la moindre réponse (et l’on comprend pourquoi, tant les lettres de Laurent sont cinglantes). Reconnaissons là une attitude pour le moins curieuse : alors qu'il réclame à corps et à cri de débattre avec Nicolas Dupont-Aignan, François Asselineau n'a pas saisi les occasions de débat qu'on lui tendait. En réalité, François Asselineau n’a jamais cherché qu’une seule chose : profiter de la notoriété de Nicolas Dupont-Aignan pour se faire mousser et cannibaliser Debout la République. Dans ces conditions, il est évident qu’aucun débat ne sera jamais possible, d’autant qu’on ne voit pas pourquoi Nicolas Dupont-Aignan accepterait de débattre avec un homme sans foi ni loi qui l’insulte en permanence.

Rappelons à tous nos lecteurs, et c’est là sans doute le plus important, que, pendant ce temps, les euro-béats se frottent les mains. Les eurosceptiques sont-ils si puissants qu’il peuvent se permettre de telles querelles ? Je ne le crois pas, et c’est pourquoi je n’ai jamais attaqué les autres forces politiques luttant contre l’europhilie béate, quelle que soit mes divergences avec ces forces. L’Union Populaire Républicaine, si tant est qu’elle constitue bien une « force politique », ferait bien de m'imiter !

Cependant, le billet de Laurent Pinsolle semble avoir suffisamment fait de mal au sein de l’Union Populaire Républicaine pour qu’un jeune sous-fifre dénommé « Eddy Roos » se soit donné la peine de publier à son tour une "réponse ouverte" destinée à Laurent Pinsolle. Son billet, d’un style ampoulé et pesant, rappelle celui de François Asselineau tout en réussissant la prouesse d’être encore plus ennuyeux et confus que ceux de son maître à penser.

Je suis bien persuadé que ce torchon ne vaut pas la peine qu’on y réponde, mais j’avoue que la tentation de réduire à quia ce personnage fat et présomptueux l’a emporté. Après tout, nul n’est parfait ! Je vais répondre donc point par point aux nombreuses inepties d’Eddy Roos, en essayant de suivre l’ordre de son billet (qui est malheureusement très confus) tout en essayant de ne pas vous y renvoyer, afin que mon texte puisse se lire d’un seul tenant. Tout ce que je dis est néanmoins exact, et je ne crois pas avoir trahi la "pensée" d'Eddy Roos lorsque je résume ses malheureux "arguments", dont la faiblesse n'est pas de mon fait.

1) Eddy commence très fort, puisqu’il reproche à Laurent Pinsolle de ne se focaliser que sur l’accessoire en reprenant cette histoire de plagiat, que j’avais si facilement démonté. Et là, j’avoue qu’il me laisse presque coi. De toute ma carrière de net-militant, je n’avais jamais vu un tel culot : reprocher à son contradicteur ses propres turpitudes, c’est tout de même assez incroyable ! Je pose cette question simple: est-ce Debout La République qui a accusé François Asselineau de plagiat, en hurlant au scandale? N'est-ce pas plutôt l'Union Populaire Républicaine, prise la main dans le sac, qui tente de minimiser ce qu'elle expliquait être un scandale de la plus haute importance?

D’autant que pas une fois François Asselineau ne s’est excusé pour l’accusation insultante qu’il a proféré et qui s’est révélée, de manière incontestable, fausse. On a connu plus beau joueur.

Je suis désolé d’insister sur un point aussi anecdotique. Mais enfin tout de même, j’aimerais interroger chacun des militants de l’Union Populaire Républicaine : trouvez-vous l’attitude de François Asselineau, dans cette triste affaire, normale? Vous paraît-elle digne d’un homme qui ne cesse de clamer sa respectabilité ?

2) Mais revenons sur le fond de l’image de copropriété, que Laurent Pinsolle n’a effectivement pas commenté en tant que telle. François Asselineau et Eddy Roos reprochent à Nicolas Dupont-Aignan de ne pas aller jusqu’au bout de cette métaphore, qui selon eux, prouverait de manière indubitable qu’il n’y a pas d’autres solutions que de quitter l’Union Européenne. Je passe sur les méandres obscurs qui les amènent à cette conclusion pour le moins surprenante. Reprenons donc l’image de la copropriété : selon l’Union Populaire Républicaine, chaque État serait donc un copropriétaire englué au sein de la copropriété (l’Union Européenne), mal gérée par le syndic de copropriété (la Commission Européenne).

Sauf qu’à filer la métaphore, c’est Nicolas Dupont-Aignan qui a raison. Car chacun sait qu’en droit, il est impossible de quitter la copropriété sauf à détruire l’immeuble qui l'abrite. Ce qui est possible en revanche, c’est de changer le syndic de copropriété, soit exactement ce que propose Nicolas Dupont-Aignan. Juridiquement, si la préconisation de François Assselineau (sortir de la copropriété) est impossible, et l'image qu'il prend n'est donc pas du tout appropriée et se retourne plutôt contre lui. J’ajoute, pour enfoncer encore plus le clou, qu’il est même possible, en droit français, de créer un syndic de copropriété bénévole, composé par les copropriétaires eux-mêmes, en se débarassant des syndics professionnels.

L’image dont François Asselineau revendique à tort et de façon ridicule la paternité démontre donc, lorsqu’on en tire les conséquences, qu’il se trompe lourdement et qu'en réalité il abonde dans le sens de Nicolas Dupont-Aignan.

3) Ce n’est qu’une image bien sûr, et je ne commettrais pas l'erreur d'en tirer des conclusions aussi définitives comme le fait malheureusement François Asselineau.

Avec mes camarades de Debout la République, nous pensons que la France doit simplement réformer l’Union Européenne, pour la reconstruire sur une base plus respectueuse des souverainetés. Mais nous croyons que ce serait une erreur de cesser toute coopération économique. Par exemple, je crois pour ma part qu’il ne faut pas supprimer des programmes de recherches communautaires ou que l’Union Européenne doit rester, à quelques exceptions près vis-à-vis de certains pays de l’est, une zone de libre-échange et de libre circulation des capitaux. L’Union Populaire Républicaine est persuadée du contraire. Ma foi, c’est leur choix. Mais ce choix n’est pas moins respectable que le nôtre.

Je passe sur ce point parce que je l’ai déjà développé à de nombreuses reprises, et aussi parce que Laurent Pinsolle l’a très clairement indiqué dans sa lettre. L’Union Populaire Républicaine est une organisation « europhobe » (et comprenez qu’il n’y a chez moi aucune connotation négative à ce terme), alors que Debout la République n’est qu’eurosceptique. Les différences sont là, jamais personne ne les a nié, mais elles ne justifient pas le dénigrement permanent et les insultes proférées à l’égard de Nicolas Dupont-Aignan.

4) Vient ensuite un paragraphe, qui tombe comme un cheveu sur la soupe, au sujet de l’influence des Etats-Unis et leur rôle dans la construction européenne. François Asselineau insiste en effet beaucoup sur ce point dans ces conférences et explique à qui veut l’entendre que la construction européenne est une « invention américaine ».

Pour aborder ce sujet, je crois qu'il faut bien distinguer deux choses : François Asselineau fait un trou à la lune en prétendant révéler aux Français le soutien des Etat-Unis à la construction européenne, qui est un fait avéré et reconnu de tous, en premier lieu par les principaux intéressés. En revanche, François Asselineau a totalement tort d’en déduire que la construction européenne ne serait qu’un jouet des Américains : il s’agit là d’une vision totalement réductrice et à vrai dire extrêmement naïve. L’histoire de la construction européenne est d’une complexité inouïe et ne peut se résumer à la vision à proprement parler complotiste d’un oncle sam tirant les ficelles à son unique profit.

Sur ce point, Eddy Roos se met d'ailleurs en contradiction avec François Asselineau puisqu’il reconnaît que Laurent Pinsolle (et donc DLR) est conscient de l’influence américaine, alors que son mentor ne cesse d’accuser DLR d’être dans le déni. Il est reproché à Laurent Pinsolle de ne pas tirer les conséquences de ce soutien. Et c’est là (entre autres) où le raisonnement d'Eddy est totalement vicié : ce n’est pas parce que les Etats-Unis sont favorables à l’Union Européenne (ou à l’ONU, au Mercosur, à l’OMS ou à tout ce que vous voulez) qu’il faut, dans un réflexe pavlovien, la rejeter. Ce n'est pas parce qu'on reconnaît l'influence américaine qu'on croît forcément que les Etats-Unis décident de tout. Ce qui bien évidemment n’enlève en rien notre devoir de vigilance vis-à-vis des ingérances étrangères.

Hélas, cette rhétorique frustre est celle qui a assuré le succès de François Asselineau, en offrant aux hordes d’internautes complotistes anti-américains la confirmation de leurs thèses. Il est donc probable que François Asselineau persiste dans cette funeste voie. Voie qui est à mon avis vouée à l’échec : si François Asselineau s’assure le soutien d’un noyau dur de net-militants fanatisés (le mot n’est pas trop fort), il s’aliène irrémédiablement le soutien de la majorité des français et des milieux un tant soit peu cultivés.

Pour faire avancer ses thèses bancales, Eddy Roos ne recule pas devant le renvoi à Charles de Gaulle. Sauf que ce renvoi tombe à plat, puisque Debout la République, sur ce point, n’a jamais dérogé aux analyses de Charles de Gaulle, nous nous sommes toujours battu pour défendre la souveraineté nationale.

5) Eddy Roos, sans transition aucune, passe ensuite à un autre des innombrables reproches qu’il fait à Nicolas Dupont-Aignan, pas plus fondé que les autres. Il prétend en effet que Nicolas Dupont-Aignan ne serait pas clair sur la sortie de l’euro. A l'appui de cette accusation, il explique que, trahison suprême, les mots « Sortie de l’euro » ne figuraient pas textuellement sur la profession de foi des présidentielles. Ce à quoi Laurent Pinsolle a répondu en prenant l’exemple d’une vidéo où Nicolas Dupont-Aignan dit ces mots textuellement.

Hurlant au scandale, Eddy Roos enfourche ses grands chevaux en expliquant que la diffusion des deux documents n’était pas comparable. Là dessus, il a raison. Sauf que ce que voulait dire Laurent, c'est tout simplement donner une des multiples preuves attestant de l'oppostion de Nicolas Dupont-Aignan à l'euro. Il est donc ridicule de comparer ce qui n’est pas comparable et n'a jamais été présenté comme tel.

En réalité, le thème de la sortie de l’euro est bien présent sur la profession de foi de Nicolas Dupont-Aignan, qui est, je le rappelle, un document très court destiné au plus grand monde. En effet, il y est mentionné, comme mesure : « retrouver notre liberté monétaire ». Ce qui est équivalent à la sortie de l’euro, quoiqu’on en dise, même si effectivement c’est peut-être un peu moins clair pour certains.

Sur ce point, je me suis renseigné auprès de mes camarades. En off, certains m’ont affirmé qu’il s’agit là d’une omission volontaire : en parlant de « retrouver notre liberté monétaire », on a voulu faire un clin d’œil à ceux qui sont favorables à la sortie de l’euro sans effrayer ceux qui y sont hostiles et qui apprécient Nicolas Dupont-Aignan pour d’autres raisons. Est-ce vrai ? Je n’en sais rien, n’ayant pas été décideur en la matière. Est-ce habile ou non ? Je ne saurais le dire. Ce que par contre je peux affirmer avec certitude, c’est que ce n’est en rien une preuve d’un manque de clarté de Nicolas Dupont-Aignan et encore moins une trahison comme le prétend François Asselineau.

Pour être complet sur le sujet, je tiens à préciser que j’ai moi-même été consulté sur les projets de profession de foi, et que j’étais défavorable à la rédaction de la phrase en question, en raison du recours à la planche à billet indiqué dans la même proposition comme solution pour financer des projets d’avenir. Je n'y crois pas, mais mon avis n’a pas été retenu.

6) Eddy Roos enchaîne ensuite sur notre supposée ambiguïté, toujours sans la moindre transition, histoire sans doute d’aider un lecteur égaré par sa logorrhée à s’y retrouver. Et il explique benoîtement qu’il est prouvé que DLR est ambigüe, puisque Laurent Pinsolle s’explique. Mais bon sang bien sûr ! Si Laurent Pinsolle doit s’expliquer face à des accusations aussi ridicules qu’injustes, c’est qu’il est ambigu ! Un tel culot me laissera toujours songeur: comment est-il possible de tenir de tels raisonnements? D’autant qu’au passage, Eddy Roos laisse généreusement à Laurent Pinsolle le bénéfice du doute sur son honnêteté…. Franchement, il y a des coups de pied au cul qui se perdent, et je reste poli !

7) Je passe sur les bêtises ânonnées par Eddy pour m’arrêter sur le plus idiot : Eddy prétend que, si l’UPR et DLR s’accorde pour décrire l’Union Européenne comme une prison, DLR souhaiterait en reconstruire une autre sur des bases nouvelles…

Je déteste prendre le ton de donneur de leçon, mais là, je crains que ce ne soit nécessaire. Apprenez donc, puisque vous semblez le nier, que les pays européens sont dépendants les uns des autres : nous échangeons entre nous, à un niveau inégalé. De mémoire et juste pour que vous vous en rendiez compte, les exportations et les importations entre la France et le reste de l’Union Européenne représentent plus d’un tiers de notre PIB. Avec mes amis de Debout la République, nous pensons que s’il faut remettre en cause la construction européenne et les règles actuelles qui constituent bien souvent un carcan, il faut continuer à organiser nos échanges et à coopérer sur des projets concrets avec nos voisins. Cette position, c'est un choix, une option politique que nous prenons. Elle a des arguments pour, des arguments contre, et d'ailleurs nous n'avons jamais prétendu qu'il s'agissait de la vérité. Mais c'est l'option que nous proposons et que nous défendons, avec courage depuis des années, au passage depuis plus longtemps que l'UPR n'existe. Que répondre à la stupidité de ceux qui résume notre position à une prison?

8) Eddy Roos, toujours sans la moindre transition, cite alors de nouveau Charles de Gaulle. Citation de Peyreffite mais qui tombe de nouveau totalement à plat puisqu'on voit mal en quoi ce que dit Charles de Gaulle contredirait quoi que ce soit du discours de Nicolas Dupont-Aignan.

Revenons brièvement sur le premier reproche que nous fait Eddy Roos : il nous qualifie « d’alter-européistes forcenés »… Je veux bien tout entendre, mais avouez que le ridicule de la formule tue toute envie de répondre sérieusement…

Ce qu’il faut qu’Eddy comprenne et puisqu’il nous fait ce reproche, c’est que vouloir coopérer plus étroitement avec un pays plutôt qu’un autre, ce n’est pas rejeter ce dernier. Lors d’un de nos précédents débats, Eddy m’avait même accusé d’être « asiaphobe » ou « américanophobe » (ce que lui est par contre)… J’avoue avoir beaucoup de mal à comprendre comment on peut en arriver à se poser sérieusement ce type de questions. Que répondre de plus que ce que je viens de faire ?

9) Eddy Roos tire ensuite d’une interprétation toute personnelle des propos de Charles de Gaulle que Nicolas Dupont-Aignan ne suivrait pas les préceptes du gaullisme en ce qu’il ne serait pas respectueux des principes du droit international.

On a bien entendu envie de sourire devant tant de méconnaissance du parcours de Charles de Gaulle, dont l’épopée s’est très largement construite en dehors quand ce n’est pas de manière totalement opposée au droit international. S’il y a bien un personnage de l’histoire de France qui ne s’est pas arrêté au strict respect du formalisme juridique invoqué par François Asselineau, c’est bien Charles de Gaulle.

Mais, en réalité, le reproche fait à l’encontre de Nicolas Dupont-Aignan est totalement faux. En effet, Nicolas Dupont-Aignan ne souhaite pas violer le droit international, mais simplement dénoncer ses accords pour en signer de nouveaux. Je me suis déjà longuement exprimé sur le sujet, et je me permets de vous renvoyer à cet article que j’avais écrit il y a quelques temps et qui reste totalement d’actualité. Pardonnez-moi de ne pas développer plus avant, mais le courage et le temps me manquent !

10) Eddy Roos se livre ensuite à un difficile exercice d’équilibriste au sujet de l’article 50, que Nicolas Dupont-Aignan et Laurent Pinsolle dénigreraient et ignoreraient alors pourtant que lors d’une interview accordée au monde, Nicolas Dupont-Aignan en avait clairement parlé. Mais bon sang bien sûr ! Si Nicolas Dupont-Aignan en a parlé, c’est grâce au travail de l’Union Populaire Républicaine, qui non, ne se prend pas pour le nombril du monde !

On est vraiment en droit de penser que François Asselineau hait Nicolas Dupont-Aignan et que son opposition n’est en rien rationnelle : Nicolas Dupont-Aignan ne parle pas de l’article 50, on le lui reproche. Il en parle, on lui reproche derechef. Vous apprécierez la cohérence !

11) Eddy Roos croît ensuite voir une contradiction dans une phrase pourtant claire de Nicolas Dupont-Aignan, qui déclare : « Je propose plus que la sortie de l'euro. Je propose de quitter l'Union européenne, dans sa forme actuelle, en utilisant l'article 50 du traité de Lisbonne qui permet à tout État membre de s'en retirer volontairement ». C’est le terme « dans sa forme actuelle » qu’Eddy, de manière très malhonnête, escamote. Il n’y a rien de plus à ajouter. Ceux qui ne trouvent pas cette phrase claire, eh bien ma foi, je les invite à la relire encore et encore jusqu’à ce qu’ils la comprennent. Je n’ai pas non plus vocation à faire leur éducation.

12) Eddy croît ensuite nous mettre en contradiction avec l’allié de Debout la République, Nigel Farrage. Ce en quoi il échoue totalement. D’une part parce que si nous sommes alliés, c’est uniquement pour lutter contre le fédéralisme et que nous ne sommes en rien engagés par les analyses de l’UKIP. D’autre part et surtout parce que de contradictions, il n’y en a point. Il est exact que l’Union Européenne est aujourd’hui construite sur le modèle du « take it or leave it ». Mais cela ne veut en rien dire qu’il soit impossible de sortir de l’euro sans sortir de l’Union Européenne. Ce n’est pas prévu par les textes actuels, voilà tout.

13) Eddy tente ensuite maladroitement de réfuter un argument employé par Laurent Pinsolle. Recadrons le débat : François Asselineau explique à qui veut l’entendre que la seule manière possible de quitter l’Union Européenne est d’utiliser l’article 50 des traités, qui organise la sortie en fixant un délai de deux années. Laurent Pinsolle, fort justement, lui explique que donc en réalité, il se soumet à l’arme que lui ont donné les européistes. Cette critique est anecdotique, mais visiblement pique tant Eddy Roos qu’il se croît obligé d’y répondre, une fois de plus en se trompant. En effet, il prétend que l’introduction de cet article fait suite à la nécessité de rendre les traités européens conformes au droit international positif.

Ce qui est totalement idiot, puisque le droit international n’a jamais exigé des traités qu’il offre la possibilité aux différents pays de se retirer des accords qu’ils ont signé. Tout simplement parce que cette possibilité de se retirer allait de soi. Avant l’article 50, il était possible de quitter la CEE puis l’UE, c’est une évidence, et seuls les juristes les plus bornés et plus eurobéats prétendent le contraire (y-en-a-t-il d’ailleurs ?).

Dès lors, la réponse d’Eddy tombe une nouvelle fois à plat. D’autant qu’à bien lire l’article 50, on se rend compte que cet article est extrêmement creux et vide de tout contenu contraignant, si ce n’est ce fameux délai de deux ans. Délai dont la longueur est justement l’un des pièges tendus par les européistes afin d’annihiler toute volonté de réellement mettre en œuvre une sortie de l’Union Européenne. Et délai auquel, quoiqu’Eddy en dise, François Asselineau se soumet.

Face à cette attitude, Laurent Pinsolle et Nicolas Dupont-Aignan ont une attitude beaucoup plus raisonnable, en expliquant vouloir dénoncer les traités et les renégocier.

Que peut-on conclure sur ce point afin de convaincre les militants de l'Union Populaire Républicaine sur ce malheureux article 50? Pour être le plus clair possible, je dirais qu'il faut qu'il comprenne que Debout la République ne souhaitant pas sortir de l’Union Européenne, il est dès lors logique que nous ne nous focalisions pas sur l'article 50, qui ne serait pour nous qu'un instrument de menace afin de contraindre nos partenaires à renégocier avec nous.

L'interprétation que je propose m'est personnelle et j'admets qu'elle soit réductrice. Mais j'espère m'être fait comprendre.

14) Lorsqu’Eddy évoque la constitution, que Nicolas Dupont-Aignan bafouerait (et on se demande bien en quoi), notre distingué apprenti juriste franchit le mur du çon allègrement, d’autant qu’il cite lui-même le principe qui met par terre son argument : le Président est garant de l’indépendance nationale. Pardonne-moi d'être dur à ton égard Eddy, mais qui aime châtie bien.

Je le rappelle une nouvelle fois aux distraits, Nicolas Dupont-Aignan souhaite simplement renégocier les traités. Dès lors, il ne souhaite pas les bafouer. Par contre, dans l'hypothèse hautement improbable où il prendrait le pouvoir, je pense qu'il cessera immédiatement d'appliquer certaines dispositions, ce qui est tout à fait légal puisque les traités européens comportent presque toujours ce que dans notre jargon de juriste nous appelons les "clauses de sauvegarde". Pour prendre un exemple concret que tout le monde comprend, les articles qui prévoient la libre-circulation des personnes ou des biens autorisent un État à momentanément en suspendre leur application, lorsque ses intérêts vitaux sont menacés. Il suffirait donc d'invoquer ces articles pour rester dans la plus parfaite légalité.



Et quand bien même Nicolas Dupont-Aignan élu président de la République bafouerait les traités et verrait sa responsabilité mise en cause (et par qui d'ailleurs?), il ne serait pas sans arguments : la première réponse est juridique, puisque depuis le rejet du TCE en 2005, les traités européens sont illégitimes. La seconde réponse est simple : croyez-vous vraiment qu’une juridiction, qui plus est étrangère, ait la légitimité pour condamner un Président démocratiquement élu qui appliquerait son programme ? Et quand bien même, dans un raisonnement par l’absurde, cette juridiction aurait réussi à le faire, quelles sanctions pourrait-elle imposer à la France ?

Dans un article extrêmement intéressant de Jacques Sapir que je ne retrouve malheureusement pas, ce-dernier avait évoqué la possibilité, pour déjouer toute vélléité de condamnation par une cour européenne, d'annoncer préalablement et avant toute procédure que la France paierait toute condamnation en monnaie de singe émise par la Banque de France. D'autres possibilités existent: la France est ainsi contributrice nette au budget européen, il lui suffit donc de réduire cette contribution à hauteur de toute condamnation pour réduire à néant toute tentative de condamnation.

Autre élément que François Asselineau et ses comparses oublient totalement: dans l'hypothèse où les actes d'un Président français soit portés devant une cour, qu'elle qu'elle soit, combien de temps croîent-ils qu'il soit nécessaire avant d'espérer arriver à une condamnation? Ont-ils conscience des délais judiciaires? Moi oui, et j'affirme que, si tant est que l'hypothèse absurde que nous envisageons ait un sens, avant d'arriver à une condamnation de la France, la situation aura suffisamment évolué pour lui faire perdre tout intérêt.

Vouloir faire peur aux électeurs de Nicolas Dupont-Aignan en prétendant que celui-ci serait dans l'illégalité est donc un reproche doublement inefficace: d'abord parce que c'est faux, ensuite et surtout parce que quand bien même Nicolas Dupont-Aignan serait dans l’illégalité que ce ne serait pas un grand mal.

15) Eddy reproche ensuite à Debout la République de se poser en victime. Mais au bout d’un moment, il faut tout de même dire les choses : l’Union Populaire Républicaine et François Asselineau consacrent une part très importante de leurs temps à insulter et à calomnier Debout la République. Et ce, sans contestation aucune, de manière totalement ridicule (cf. l’affaire tragi-comique du plagiat évoquée plus haut) et d’une manière très agressive. Il faut bien que les militants de l’UPR le comprennent : bon nombre des propos qu’ils tiennent à l’égard de Nicolas Dupont-Aignan pourraient leur valoir une condamnation au pénal. Et je pèse mes mots. Pour des militants qui jouent aux vierges effarouchées avec le respect dû aux traités et à l’article 50, je trouve franchement que ça la fout mal. Mais chacun voit midi à sa porte.

16) Eddy Roos part ensuite dans un délire au sujet de l’Union Populaire Républicaine, qu’il voit comme un mouvement de libération nationale.

Il faudrait peut-être qu’il comprenne qu’avant de prendre cette posture, il faudrait mieux adopter une attitude plus ouverte à l’égard de ceux qui ne pensent pas comme vous. Parce que si François Asselineau essaye de convaincre la grande majorité des français intoxiqués par le discours neutrophile comme il s’adresse à Nicolas Dupont-Aignan et à ses militants, c’est loin d’être gagné. Et ce n'est pas en insultant les rares partis qui, à des degrés divers, luttent contre l'européisme ambiant que vous dénoncez avec justesse, que vous réussirez à construire ce mouvement de libération nationale. Car il ne faut pas l'oublier: si François Asselineau nous attaque de manière odieuse, il fait la même chose vis-à-vis du Front National ou du Front de Gauche.

La croissance de l’UPR est exponentielle nous dit Eddy Roos. Je suis le premier à reconnaître que l’UPR dispose d’un nombre considérable de net-militants et dispose de beaucoup d’adhérents. Y en a-t-il autant que ce que prétend François Asselineau, ma foi, je n’en sais rien et je m’en contrefous. Maintenant, le nombre d’adhérents, pas plus à Debout la République qu’à l’Union Populaire Républicaine, ne fait pas tout. Laurent Pinsolle a raison de vous indiquer que les élections sont également le propre d’un mouvement politique. Et que vous n’avez pas encore franchi cet obstacle.

Sont également importants les finances : et là, du fait de votre absence d’élus, vous n’avez rien. Vous indiquez vouloir vous présenter aux élections européennes. Je sais la lourdeur de ce processus, et je crois très sincèrement que votre parti n’a pas les reins suffisamment solides pour se lancer dans cette aventure. Très probablement, vous n’arriverez pas à mettre en place des listes partout. Pire encore, votre amateurisme risque fort de faire de vos listes des candidatures de témoignage, avec des scores encore plus ridicules que ceux que Debout la République a jamais obtenu. Je me permets également d’attirer l’attention des responsables de l’Union Populaire Républicaine sur les règles très contraignantes entourant le financement de telles campagnes. François Asselineau dispose-t-il de suffisamment de compétences pour tout faire dans les règles ? Sait-il que la moindre erreur risque de lui ouvrir tout droit la porte des tribunaux?

Ne doivent également pas être négligés le discours et l’attitude : bon nombre des militants de l’UPR sont en fait des déçus de Debout la République qui ont pu être leurrés par le discours agressif à notre égard. Croyez-vous que ce soit une base si solide que cela ? Croyez-vous que l’attitude intransigeante et sectaire qui, si elle a pu vous attirer un certain nombre de militants que je qualifierais de « durs » (pour rester poli), puisse vous ouvrir la porte du plus grand nombre ?

Surtout, croyez-vous que vos militants vont suivre longtemps la ligne de François Asselineau qui est d’insulter en permanence les militants de Debout la République au lieu de s’attaquer aux européistes ?

J’arrête là, en rappelant que la seule chose que réclame Debout la République, c’est le même respect que nous portons à l’Union Populaire Républicaine. Je viens de consacrer près de deux heures (toute ma pause déjeuner) à un texte dont la médiocrité ne justifiait pas autant d’attention. Je préviens les éventuels commentateurs que toute réaction insultante ou non argumentée sera impitoyablement censurée, mais que je suis ouvert à toute critique, même acerbe, si elle est constructive.

jeudi, décembre 6 2012

Mais quand François Asselineau va-t-il cesser de tirer contre son camp?

Je suis déjà revenu à de nombreuses reprises sur le cas de François Asselineau et de son mouvement, l'union populaire républicaine.

Ce parti développe une europhobie virulente sur un fond complotiste à vrai dire assez nauséabond. Mais François Asselineau et ses militants ne s'en tiennent pas là, et, au lieu d'essayer de promouvoir positivement leurs thèses, préfèrent attaquer les autres mouvements eurosceptiques, mouvements qu'ils s'imaginent pouvoir concurrencer.

Dernier exemple en date: cet article absolument affligeant, où François Asselineau prétend avoir été plagié par Nicolas Dupont-Aignan parce que ce dernier aurait repris le parallèle fait par lui entre l'Europe et le syndic de copropriété. J'ai mis en lien cet article afin que tout lecteur puisse se rendre compte de la paranoïa aïgue développée par François Asselineau. Le lecteur avisé ne pourra qu'y constater la pauvreté des arguments employés.

Je ne vais pas perdre mon temps à répondre point par point à toutes les élucubrations et attaques fantaisistes de François Asselineau à l'égard de Nicolas Dupont-Aignan, comme je l'ai déjà fait par ailleurs, ici et . Je vais simplement lui dire qu'avant d'accuser bêtement, il vaudrait peut-être mieux faire un minimum de recherches. Par exemple, moi, surdoué de l'informatique, je me suis rendu sur un moteur de recherches extrêmement pointu et inconnu du grand public portant le nom de "Google". J'ai tapé, après une intense réflexion de plusieurs heures, les termes "Dupont-Aignan syndic". Et devinez quoi? Sur la première page de résultats, je suis tombé sur ce lien, daté de mai 2009, soit il y a trois ans et demi. Sur les pages suivantes de résultats, on peut également trouver des liens plus anciens, le plus vieux que j'ai vu datant de janvier 2008 sur le site de l'assemblée nationale, une source difficilement contestable, soit il y a cinq ans. Autrement dit, la plagiat inventé par François Asselineau n'a jamais existé que dans ses rêves, et son accusation débile se retourne contre lui.

Alors, je ne vais pas polémiquer pour chercher qui a inventé cette comparaison. J'espère que François Asselineau se rappellera à l'avenir qu'une idée n'appartient à personne, pas plus à Nicolas Dupont-Aignan qu'à lui, et qu'il devrait plutôt se réjouir d'utiliser les mêmes éléments de langage que d'autres responsables politiques.

Plus largement, il faut que les militants de l'Union Populaire Républicaine comprennent qu'il est beaucoup plus utile de combattre l'idéologie européiste et fédéraliste, dominante aujourd'hui, que de s'attaquer à ceux qui critiquent l'UE (surtout quand en plus ces attaques sont aussi idiotes que ridicules).

Particulièrement s'agissant de DLR, qui menait son combat eurosceptique alors que l'UPR n'était même pas à l'état de projet, au moment où François Asselineau était bien plus occupé à de sombres et infructueuses intrigues dans les bas fonds de l'UMP parisienne.

lundi, octobre 15 2012

Une réponse à André-Jacques Holbecq

Je publie sur ce blog une réponse que j'ai écrite à un commentaire d'André-Jacques Holbecq, que l'on peut voir sur ce lien.

Je m’excuse par avance pour le très long commentaire qui va suivre ci-dessous. Il est destiné à ceux qui ne comprennent pas le commentaire que j’ai posté plus haut et qui pensent qu’André-Jacques Holbecq tient des propos et une argumentation cohérente. C’est malheureusement le cas de Laurent, mais je sais que son cas n’est pas isolé parmi les internautes soutiens de NDA.

J’aimerais leur faire remarquer tout d’abord à quel point la démarche d’André-Jacques Holbecq est détestable : en effet, il poste un billet comprenant quatre commentaires dont les premiers sont clairement une réponse à mon propre commentaire, sans pour autant daigner me citer ou tout simplement répondre sous mon commentaire. Ce comportement est évidemment lamentable : soit on débat, soit on ne débat pas. Mais on ne reste pas dans cet entre-deux ridicule.

La vérité est simple : j’ai débattu de nombreuses fois avec André-Jacques Holbecq, lui expliquant pourquoi il avait, selon moi, tort de présenter les choses de la manière dont il le fait. Je l’ai fait calmement, puis, il est vrai, ensuite de manière plus musclée. Car André-Jacques Holbecq, qui n’a aucune qualification économique, se prend très au sérieux, adoptant un ton professoral qui sied mal avec son parcours.

Sur ce point, j’ai moi aussi mes torts et ai sans doute adopté un ton trop sarcastique ou moqueur. Certaines de mes réponses n’étaient pas très claires, je le reconnais bien volontiers. Cependant, j’aimerais que les internautes comprennent que j’ai fait l’objet, sur ce blog ou ailleurs, d’attaques incessantes, d’insultes, de moqueries autrement plus graves que mes propres fautes.

Malgré tous ces débats, André-Jacques Holbecq fait comme si jamais aucun contre-argument ne lui avait été opposé. Ce, à mon avis, pour une raison simple : les arguments que j’ai employé, il est incapable d’y répondre. Plutôt que de le reconnaître, il s’entête à redonner toujours les mêmes, répétant les mêmes erreurs, comme si cela allait les rendre vraies.

Cette mise au point étant faite, attaquons nous au « commentaire » d’André-Jacques Holbecq. Je précise bien évidemment que ces commentaires, qui visiblement se voudraient comme une contre-argumentation de mon billet précédent, n’ont en fait pas grand-chose à voir avec mes propres arguments. J’attends toujours une réponse à mon commentaire initial, qu’André-Jacques Holbecq pourra fournir lui-même. Inutile de préciser que j’attends des réponses d’une certaine qualité et qui, je l’espère, ne seront pas autant hors sujet que celle développée avec talent par Julien.

Discutons tout d’abord du premier lien : l’internaute y voit un graphique où l’on voit que le cumul des intérêts en pourcentage du PIB serait corrélé avec la dette publique, exprimée également en pourcentage du PIB, tout comme le déficit public et les intérêts de la dette.

Notons que l’étude est réalisée par Robert Journard, militant d’Attac qui n’a apparemment aucune qualification économique. Ce joyeux luron explique, sans rire, dans son article que l’on peut trouver ici http://local.attac.org/rhone/article.php3?id_article=1638 « La dette publique a été créée pour fragiliser l’État, pour enrichir les préteurs, pour créer une crise, qui justifiera les politiques d’austérité et la "libéralisation" ». Le bréviaire parfait du petit complotiste d’extrême gauche, interchangeable avec celui de droite d’ailleurs ! Je pose la question à tout internaute de bonne foi : est-il seulement besoin de continuer l’analyse ? Si ce n’était que moi, je me serai arrêté de suite, mais on va encore dire que je fais des procès d’intention. Continuons donc notre analyse.

J’invite tous les lecteurs de bonne foi à lire mon commentaire précédent (celui en deux parties) qui justement expliquait en quoi le syllogisme selon lequel la dette publique était causée par les intérêts est, selon moi (mais j’attends toujours la contradiction), inepte.

A l’attention de ceux que je n’aurai pas convaincu (parmi lesquels je range André-Jacques Holbecq), j’aimerais vous poser deux questions : le fait que, depuis x années, la France n’ait pas connu un seul exercice bénéficiaire, avec parfois des déficits dépassant les 6% du PIB, est-il étranger à l’accumulation de la dette publique ?

Deuxième question : Pourquoi prendre pour référence la date de 1973, dont nous savons désormais qu’elle ne correspond à rien ? Nous aurions par exemple pu prendre 1945 (fin de la seconde guerre mondiale), 1830 (avènement en France de l’odieux système capitaliste) pour dire : Oh scandale, depuis 1789, la France a payé 10 fois en intérêt la totalité de ses dettes actuelles ! Ah, ces salauds de banquiers, quels accapareurs !!!

J’invite bien cordialement tous ceux qui répondraient ainsi à déchirer leur éventuelle carte d’adhérent à DLR et à prendre d’urgence un abonnement sur des sites aussi instructifs et ouverts à la contradiction que sont Fortune ou bien, dans un autre genre, Attac.

Attaquons nous désormais au graphique Pucci/Tinel cité par André-Jacques Holbecq. Ce graphique est d’ailleurs tiré d’une étude très sérieuse, Muriel Pucci et Bruno Tinel étant des maîtres de conférence d’université. Il y aurait d’ailleurs beaucoup à dire dans cette pratique détestable qu’a André-Jacques Holbecq à mettre sur un pied d’égalité un militant d’extrême gauche attardé et deux professeurs d’université. Mais c’est bien connu, tous les avis se valent et Mme Michu n’a pas moins de légitimité en économie qu’un prix nobel…

J’invite donc les internautes de bonne foi à consulter le lien mis en ligne par André-Jacques Holbecq. Sous un graphique, on voit donc effectivement que la dette publique, calculée hors les intérêts, est maintenue en dessous de 20% tandis que l’effet boule de neige expliquerait la croissance de la dette publique. Et sous ce graphique, on lit ce docte commentaire :

« Sur la période 1979-2009, si l’Etat et les administrations publiques n’avaient pas eu à payer d’intérêts, la dette publique se calculerait comme (Dette observée en fin de période – Somme des intérêts de la période, courbe grasse sur le graphique ) et se serait maintenu à environ 20% du PIB. Le cumul des déficits primaires additionné à la dette de début de période conduit à une dette de fin de période qui a cru en ordre de grandeur sur la période comme le PIB. Ce calcul montre que la croissance de la dette publique est donc due, au premier ordre, à la capitalisation des intérêts sur la période. On peut s’assurer que sur cette période la masse monétaire a cru plutôt plus vite que le PIB et même que les déficits primaires ont été en moyenne inférieurs à la croissance de la masse monétaire. Si l’Etat avait monétisé son déficit (et limité la création monétaire à ce montant), il aurait été créé moins de monnaie que ce qui a été fait par le système bancaire ».

Halleluiyah ! Le péquin moyen n’a pas compris grand-chose à ce jargon pseudo économique et pontifiant, mais il a retenu de tout cela que ce salaud de Tythan avait tort et qu’André-Jacques Holbecq, ce grand sage omniscient, a raison avec la communauté scientifique rangée derrière lui.

Sauf que bien sûr, ce commentaire n’est absolument pas de Pucci/Tinel, mais bien d’André-Jacques Holbecq. Sous le graphique en question, la véritable étude dit ceci :

L’effet « boule de neige » n’explique donc pas à lui seul l’accroissement du ratio de dette publique depuis le début des années 1980. En effet, on s’aperçoit que le déficit hors intérêt de l’Etat a pu jouer un rôle, secondaire, de 1983 à 1985, contribuant en moyenne pour 0,6 points de PIB annuels au surcroît de dette (entre un tiers et un quart de l’accroissement total de la dette). Entre 1992 et 1997 en revanche, le déficit hors intérêts annuel moyen est de 1,6 points (il atteint 2,9 en 1993), ce qui représente près de 40% du déficit total annuel moyen sur la période qui ne peut être imputé à l’effet boule de neige. Entre 2002 et 2006 tout comme durant les années 1980, le déficit hors intérêt retombe à moins d’un tiers du déficit total. »

La conclusion n’est pas la même n’est-ce pas ? Les défenseurs d’André-Jacques Holbecq prennent un coup au moral : leur champion (je ne caricature pas, certains le considèrent vraiment comme tel) vient de se faire prendre la main dans le sac de la malhonnêteté intellectuelle. Allez, je vais leur mettre encore un coup !

En effet, il se trouve qu’André-Jacques Holbecq, au cours d’un des nombreux non-débat qui nous ont opposé, avait déjà invoqué cette étude. Or, à l’époque, je lui avais déjà fait respectueusement observé que cette étude n’allait absolument pas dans son sens. Bon, j’avoue ma faute : je lui avais alors écrit vertement ses quatre vérités. Visiblement, cela ne l’a pas empêché de vous prendre, oui, vous prendre, lecteurs de ce blog, pour des cons.

Je regrette cet écart de langage, mais au bout d’un moment, il faut dire les choses comme elles sont et je ne vois pas, toute animosité à l’encontre d’André-Jacques Holbecq mise à part, comment qualifier un comportement aussi inacceptable. Et André-Jacques Holbecq est coutumier du fait, s’appropriant des thèses et des grands penseurs qui n’ont qu’un rapport très lointain avec les idées qu’il professe.

Les défenseurs d’André-Jacques Holbecq, s’ils en restent encore, sont bien entendu sonnés. Mais, se disent-ils soudain, tout de même, Pucci et Tinel, même s’ils ne le font pas dans la proportion dite (et pour cause) par lui, vont tout de même dans le sens d’Holbecq en expliquant que l’effet boule de neige joue un rôle important dans l’accroissement de la dette publique ?

A ces éventuelles personnes (et j’espère, s’il en existe, qu’elles mesurent ma patience), que répondre ? En premier lieu, que jamais personne n’a contesté que les intérêts constituant une charge de l’Etat, ils doivent être payés et rentrent évidemment dans la composition du déficit. Ensuite, je les inviterais à relire mes arguments ci-desssus, en essayant de les reformuler peut-être (et mon expression n’est pas parfaite). Enfin, je leur ferais lire, en désespoir de cause, cet article du monde où Muriel Pucci et Bruno Tinel exposent clairement et de façon synthétique leurs idées. On peut notamment y lire : « En fait, la hausse de la part de la dette publique dans le PIB s'explique d'abord par le manque de croissance économique et les crises économiques de 1993 et 2008 ». Voici l’article : http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/06/21/pourquoi-et-comment-faut-il-reduire-la-dette-publique_1374673_3232.html

En désespoir de cause, à ces personnes intoxiquées par cette idée de crédit gratuit, je ferai appel à leur bon sens : l’Etat est en déficit, il doit s’endetter et payer ses créanciers. Lorsque vous prêtez de l’argent, il est normal qu’on vous rémunère. Est-ce si difficile à entendre ? Depuis Saint-Thomas d’Aquin, les choses sont pourtant assez claires !

Je rassure mes lecteurs : je serai plus court sur les trois prochains « commentaires d’André-Jacques Holbecq ».

Ainsi, André-Jacques Holbecq cite une nouvelle fois la réponse que lui a faite Valéry-Giscard d’Estaing sur son blog (à supposer que ce soit bien lui qui ait posté cette réponse, ce dont je doute personnellement). Le lecteur lambda lit cette déclaration et ne comprend pas bien ce qu’elle vient faire là. A vrai dire moi non plus. Ce qu’il faut comprendre, c’est que Valéry Giscard d’Estaing (ou celui qui tient son blog) répondait à la subtile et si délicatement posée question d’André-Jacques Holbecq que je vous livre in extenso :

« Monsieur le Président

Si j'avais trouvé une adresse courriel directe, j'aurais pu éviter de passer par ce blog. J'espère que votre équipe vous transmettra la question qui suit, et que vous pourrez me répondre direcement.

Le 3 janvier 1973, sous la présidence de Georges Pompidou, alors que vous étiez Ministre de Finances, est entrée en application une réforme importante des statuts de la Banque de France, dans lequel nous trouvons ce très court article 25 ; « le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la Banque de France », autrement dit fut bloqué à ce moment toute possibilité de crédit de la Banque de France au Trésor, et ici se trouve l'origine de la dette des administrations publiques dans notre pays laquelle atteint maintenant plus de 1200 milliards (au seul sens de Maastricht), et nous ponctionne collectivement de plus de 40 milliards d'intérêts par an, payés aux "déjà plus riches".

J'aimerais que vous m'expliquiez, sans langue de bois, quel fut, à l'époque, la justification de ce changement de cap qui nous ligote sous la coupe des banques privées.

Avec ma considération la plus distinguée ».

Valéry Giscard d’Estaing (voir réponse dans le texte d’André-Jacques Holbecq) lui expliquait donc que la solution qu’il préconisait aurait engendré de l’inflation. Rien à voir avec ce dont nous discutions.

Mais, à la lecture du troisième commentaire, tout s’éclaire : André-Jacques Holbecq y explique que l’inflation a été supérieure dans les années postérieures à 1973 que dans la décennie qui précède.

Et là, les bras m’en tombent devant un argument aussi faible. D’abord parce que cet argument fait comme si les articles de Laurent, Magali et Lior, qui montrent que 1973 n’a pas changé grand-chose, n’existaient pas. Merci pour eux.

Ensuite et surtout, même en se situant dans ce cadre, car sa valeur probante est extrêmement pauvre. En effet, si l’inflation a été plus élevée après 1973, cela ne veut pas dire que l’interdiction de la monétisation directe ait été inefficace, tout simplement parce que l’inflation peut avoir d’autres causes. Et ces causes, il n’y a pas besoin d’avoir une grande culture économique pour les trouver : elles se nomment chocs pétroliers (1973 et 1979) et mise en place du programme socialiste (socialo-communiste disaient les commentateurs de l’époque) de 1981.

Et cet argument, logique seulement en apparence, ce n’est pas la première fois que le démontre : j’ai dû le démonter à chaque débat que j’ai pu avoir avec André-Jacques Holbecq.

Quant au dernier commentaire, j’avoue ne pas bien voir son intérêt. S’il était destiné à me répondre, je rappelle qu’à titre personnel, je n’ai jamais été opposé à une dose de monétisation. La seule chose contre laquelle je me sois élevé, c’est l’idée selon laquelle la monétisation pourrait être un remède miracle à tous nos problèmes et que ces salauds de banquiers escroquent le bon peuple français en lui faisant payer des intérêts indûs.

mercredi, mai 23 2012

Réponse à "François Asselineau"

Ma lettre ouverte aux militants de François Asselineau semble avoir fait quelques vagues au sein de l'union populaire républicaine, si bien qu'un fil de discussion sur la page facebook de l'Union populaire républicaine (UPR) lui a été consacré, avec intervention du maître des lieux himself.

Je ne suis pas sûr que ce long billet ait un quelconque intérêt, mais s'il peut contribuer à desciller les yeux de quelques militants de l'UPR comme le précédent, eh bien, il aura servi à quelque chose. Résumons brièvement mon premier article: dans un style factuel et cherchant à éviter le plus possible la polémique inutile, j'invitais François Asselineau et ses militants à cesser leur campagne de calomnie et de dénigrement à l'encontre de Nicolas Dupont-Aignan. J'y exposais qu'en réalité, l'upr n'avait qu'un seul argument à opposer, selon lequel Nicolas Dupont-Aignan, en prétendant quitter l'euro et refonder l'Union Européenne ne serait pas cohérent, puisque seule la sortie unilatérale pure et simple de l'UE serait possible. Position discutable s'il en est et que je réfutais avec vigueur. Allez lire mon article si vous voulez vous faire une idée. Grosso modo, mon idée principale était qu'en ces matières, le formalisme juridique, qu'on le déplore ou qu'on s'en réjouisse, est un point de détail face à la puissance du politique. En bref, en matière internationale, on veut et ensuite on peut. Quels que soient les obstacles juridiques, on trouvera toujours un moyen pour rédiger un nouveau traité qu'il ne faudra en rien sacralisé, pas plus que les précédents.

Le but de cet article n'était absolument pas de rentrer dans une polémique stérile avec l'UPR, mais simplement de les appeler à un peu plus de responsabilité. J'espérais également qu'ils cesseraient leur campagne de dénigrement systématique. A cet article ont donc répondu divers commentateurs, parfois allant dans mon sens, parfois non. Des militants de l'upr ont regretté l'attitude de François Asselineau et de son parti envers Nicolas Dupont-Aignan. D'autres, sans jamais répondre à mes arguments et souvent manifestement sans lire mon article, m'ont violemment pris à parti. Mais intéressons-nous à la réponse de François Asselineau lui-même, que l'on donc peut retrouver dans les derniers commentaires de ce fil. Je vais essayer de tout commenter, de répondre à tout. La réponse de François Asselineau, outre une pauvreté stylistique assez navrante et des arguments d'une faiblesse insigne, respire la plus parfaite mauvaise foi. François Asselineau se décrédibilise lorsqu'il se prête à de telles pratiques, indigne de l'homme politique responsable qu'il prétend être. Cette intervention est si pitoyable que je doute qu'elle ait été écrite par François Asselineau lui-même, qui malgré ses défauts, vaut tout de même mieux que ce véritable torchon.

François Asselineau commence très fort, en se posant en victime (rappelons qu'il réagit à mon message). Il explique ainsi, sans rire:

Il convient d'arrêter de renverser les situations. M. Dupont-Aignan est un adversaire résolu de l'UPR.

Et là, il faut arrêter de dire des conneries. En aucune manière je n'ai renversé la situation, qui est celle-ci: Nicolas Dupont-Aignan fait l'objet d'une violente campagne de dénigrement, alimentées par des militants de l'upr quand ils ne l'orchestrent pas eux même, se prévalant de multiples interventions de François Asselineau que l'on peut voir par exemple ici, ici encore, ici toujours, ou (spéciale mention à la bave de François Asselineau), ou bien encore , et finalemelnt ici (et je n'ai pris que des exemples récents, il y en a malheureusement beaucoup d'autres). Je précise que je me suis rendu à une conférence de François Asselineau pendant l'hiver 2010-2011, où François Asselineau a éructé (c'est le mot) le qualificatif de "traître" en parlant de Nicolas Dupont-Aignan, et l'a copieusement insulté publiquement (ce qui, j'aimerais que tous méditent là dessus, constitue un délit, passible du tribunal correctionnel. Si jamais un jour NDA décidait de cesser de se laisser insulter, il pourrait obtenir facilement la condamnation au pénal de François Asselineau). Nicolas Dupont-Aignan n'a jamais eu un mot contre l'UPR et François Asselineau, ainsi que ces militants, qui eux n'ont jamais fait que répondre aux campagnes de calomnie de l'UPR, sans jamais attaquer ce mouvement. NDA a même précisé dans une interview (que malheureusement je ne retrouve plus) éprouver de la sympathie à l'égard de François Asselineau.

Et François Asselineau enchaîne:

"Tout le monde a d'ailleurs pu noter qu'il a récemment cité Mme Le Pen ou M. Montebourg comme l'un de ses possibles Premiers ministres s'il était élu président de la République (ce qui prouve qu'il n'a pas le sens du ridicule !), mais qu'il a, comme toujours, gardé le silence le plus absolu sur l'UPR et François Asselineau.
"En l'occurence, le ridicule est au moins aussi grand de la part du grand leader de l'UPR : pour qui François Asselineau se prend-il? Il ne lui aura pas échappé qu'Arnaud Montebourg comme Marine Le Pen sont des personnalités politiques connues, ce qu'il n'est pas. Précisons que NDA n'avait fait cette annonce que par boutade afin de dire qu'il était prêt à travailler avec n'importe qui à partir du moment où cette personne s'alignerait sur ses idées. Précisons enfin que Nicolas Dupont-Aignan ne faisait que se prêter au jeu d'un journaliste. Le ridicule ne venait donc en rien de NDA.

Si nos militants et nos sympathisants réagissent de façon parfois vive aux messages des cybermilitants de DLR, c'est parce qu'ils ont du mal à supporter sans rien dire de voir ce mouvement leurre, soutenu discrètement en sous-main par l'UMP, venir nous donner avec hypocrisie et mépris des leçons d'ouverture, alors que sa promotion médiatique constante par le Système a précisément pour but de contrecarrer l'ascension de l'UPR.

Rappelons ce ne sont pas les sympathisants de l'upr qui réagissent, mais bien eux qui lancent les hostilités. S'agissant des liens de DLR avec l'UMP, les choses sont très claires: DLR qui était au départ un mouvement associé de l'UMP, a pris sa totale indépendance en janvier 2007(soit avant la création de l'UPR). DLR n'est pas, et depuis longtemps, soutenu par l'UMP, que ce soit ouvertement ou en sous-main. Quant à dire que DLR bénéficierait d'une promotion médiatique constante du Système (avec un grand S... Ouh le grand méchant système!), c'est d'un ridicule achevé. Petit rappel: NDA n'a eu qu'une poignée de secondes de temps d'antenne sur TF1 pour l'année 2011... Et lorsque je vois que François Asselineau prétend que cette promotion inexistante aurait pour but caché de contrecarrer l'ascension de l'UPR, j'ai du mal à garder mon sérieux... Que dire devant tant de bêtise et de fatuité?

La politique constante de DLR revient à affirmer avec condescendance que "François Asselineau est un bon conférencier" mais "qu'il est dommage qu'il divise le camp des patriotes car nous pensons à peu près la même chose" [sic].

Personnellement, je ne pense pas que François Asselineau soit un bon conférencier et je m'explique mal d'ailleurs le succès de ces dernières, ennuyeuses au possible. Mais il est possible que certains militants de DLR l'aient dit. Ceco étant dit, il est évident que l'UPR partage avec DLR certaines des critiques formulées à l'encontre de la construction européenne et bon nombre d'eurosceptiques, sympathisants de DLR ou non, ne comprennent pas la politique aggressive de François Asselineau à l'égard de Nicolas Dupont-Aignan. Mais pour autant, il est faux de dire que UPR et DLR penseraient la même chose: fondamentalement, nous sommes des eurosceptiques, mais nous ne sommes pas europhobes comme l'UPR.

Cette manœuvre de DLR est doublement insidieuse.
==> D'une part, elle laisse entendre implicitement que, parce que M. Dupont-Aignan bénéficie de la couverture dans les grands médias qui est refusée à François Asselineau, et parce qu'il est député suite à des accords secrets avec l'UMP, il serait de ce fait plus légitime que le président de l'UPR.

Je vois mal en quoi on pourrait nier que NDA est plus légitime en tant qu'homme politique que le président de l'UPR. Tout simplement parce qu'il est élu, ce qui n'est pas le cas de François Asselineau. Quel que soit d'ailleurs les soutiens que NDA a pu obtenir. Et sur ce plan, en 2007, il n'y a eu aucun accord secret entre DLR et l'UMP au sujet de la candidature de Nicolas Dupont-Aignan: l'UMP, après avoir pris acte du départ de Nicolas Dupont-Aignan de ce mouvement, a néanmoins décidé d'apporter son soutien à sa candidature dans l'Essonne. Tout simplement parce que l'UMP n'avait pas d'autre choix: Nicolas Dupont-Aignan est, dans sa circonscription, inexpugnable grâce à sa popularité acquise dans sa ville d'Yerres et sa communauté d'agglomération. Demandez à n'importe quel journaliste politique ou personne un peu au courant de la situation locale, il vous confirmera ce fait qui  ne souffre aucune contestation.

Plus largement, je m'insurge contre cette présentation immonde des faits: que voudrait François Asselineau? Que Nicolas Dupont-Aignan soit battu par un candidat de l'UMP afin de lui laisser le champ libre? L'UMP a d'ailleurs annoncé qu'elle présenterait un candidat contre lui lors des législatives de 2012.
(Edit Tythan 2012: preuve que ce ne sont pas des paroles en l'air: l'UMP a présenté en 2012 un candidat local, très bien implanté, élu d'une commune voisine... il a obtenu 10% alors que NDA était réélu comme prévu dans un fauteuil.)

Cela revient à donner le rôle d'arbitre aux grands médias, donc à ceux qui les possèdent, ainsi qu'à l'UMP qui ne présente jamais de candidat face à M. Dupont-Aignan dans la 8e criconscription de l'Essonne.


L'UMP n'a pas pu jouer son rôle d'arbitre comme expliqué précédemment. Quant aux grands médias, ils sont très largement hostiles à Nicolas Dupont-Aignan, systématiquement dénigré et très largement ignoré, alors pourtant que si sa représentativité est faible, elle est loin d'être négligeable.

De notre point de vue, le fait que M. Asselineau ne soit pas député par la grâce de l'UMP et soit barré des grands médias du système, à l'inverse de M. Dupont-Aignan, sont bien au contraire des indice sen faveur de la rectitude et de l'honnêteté politique du premier, par rapport aux ambiguïtés politiciennes constantes du second.


Il faut arrêter les conneries au bout d'un moment: François Asselineau a été également un élu UMP au Conseil de Paris, sa situation, quoique moins brillante, a été identique à celle de Nicolas Dupont-Aignan, sauf que lui a échoué. Par ailleurs, s'il fallait voir dans la non-élection d'une personne un indice d'honnêteté politique, et bien nous sommes 60 millions de personnes à prétendre à ce qualificatif!


==> D'autre part, les militants de DLR ajoutent toujours l’insinuation que la candidature et l'existence même de l'UPR seraient superflues, comme si nos analyses et nos propositions étaient "grosso modo" identiques à celles de M. Dupont-Aignan et de DLR.

Les responsables de DLR répètent constamment cela à leurs adhérents, selon le diction cher à Goebbels qui veut qu'« un mensonge répété dix fois reste un mensonge, mais répété 10 000 fois il devient une vérité ».

Le parallèle avec Goebbels est d'un ridicule achevé qui à mon avis porte plus préjudice à l'odieux personnage qui se laisse aller à l'employer sans discernement que celui qu'il vise.

Ceci étant dit et en attendant des excuses de François Asselineau pour une telle outrance, jamais personne, à ma connaissance, n'a dit cela à DLR, et encore moins ses responsables. Par contre, je pense (mais c'est mon avis personnel, qui n'engage que moi) que l'attitude de l'UPR à l'encontre de DLR est contre-productive pour la cause eurosceptique dans son ensemble. Le temps que les militants de l'UPR perdent à insulter DLR et ceux de DLR à répondre à ces calomnies sans nom, il n'est pas utilisé pour dénoncer le fonctionnement actuel de l'Union Européenne.

Mais ces mêmes responsables refusent systématiquement tout débat de fond entre M. Dupont-Aignan et M. Asselineau, et refusent de leur expliquer nos points de désaccord. M. Dupont-Aignan lui-même a d'ailleurs plusieurs fois décliné l'invitation qui lui avait été faite de débattre publiquement à la radio avec M. Asselineau.

Je n'ai pas connaissance d'un refus de Nicolas Dupont-Aignan de débattre avec M. Asselineau. Reste qu'il faudrait que les militants de l'UPR comprennent qu'il y a une différence de niveau entre Nicolas Dupont-Aignan, député, candidat à la présidentielle (ayant par la suite recueilli 650.000 voix) et le président d'un parti qui reconnaît lui-même ne compter qu'un petit millier d'adhérents et qui ne s'est jamais présenté à aucune élection. Qu'ils comprennent que Nicolas Dupont-Aignan n'a pas à se soumettre à un débat avec une personne qui l'insulte à longueurs d'articles. Qu'ils comprennent qu'avant de réclamer à corps et à cri un débat et d'hurler à la censure pour ne pas l'avoir obtenu, il aurait fallu auparavant se saisir des opportunités de débat: ainsi, Laurent Pinsolle, porte parole de Debout la République, avait publié une lettre ouverte à l'adresse de François Asselineau en octobre 2010, qui n'a toujours pas, à ma connaissance, connue de réponse. Remarquez, quant on voit la pitoyable réaction à mon article, on est fondé à penser que ce débat n'a pas grand intérêt...

Quiconque est honnête intellectuellement convient qu'il n'est pas normal de refuser une telle explication franche et claire devant les militants des deux mouvements.
J'ai la prétention d'être honnête intellectuellement, et je viens de donner trois raisons pour refuser une telle explication. Ce type de figures rhétoriques est d'une pauvreté, mais d'une pauvreté... Navrant pour le niveau de François Asselineau. A peine digne du collégien de troisième anonant sur son "texte argumentatif".

Puisque DLR le refuse, nous tenons, nous, à mettre les points sur les "i" afin de montrer :
a)- que les analyses et les propositions de M. Dupont-Aignan sont à des années-lumière de celles de François Asselineau,

On va voir ce qu'on va voir! Je me permets de faire remarquer au lecteur la fatuité et la morgue de François Asselineau, tellement persuadé de la pertinence de ses analyses qu'il en oublie qu'elle n'est reconnue par personne hormis lui-même et sa cohorte de groupies.

b)- qu’elles sont en revanche très proches de celles de Mme Le Pen ou de M. Sarkozy. Car ceux-ci prétendent, comme M. Dupont-Aignan, modifier l'Union européenne en restant dedans.

Il est vrai que Marine Le Pen, sous l'influence de Florian Philippot, a rejoint bon nombre des idées de Nicolas Dupont-Aignan sur l'Europe. Mais il est complètement faux de dire que, parce que Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy souhaitent rester dans l'Union Européenne, leurs idées sont semblables. Par exemple, Marine Le Pen entend quitter Schengen et l'euro, ce qui n'a jamais été le cas de Nicolas Sarkozy. En séparant d'un côté ceux qui souhaitent sortir de l'UE et les autres, sans faire d'autres distinctions, l'UPR invente un clivage aussi artificiel que réducteur.

Je saute quelques lignes pour en arriver à ce passage, oùFrançois Asselineau cherche à énumérer tous les poins séparant l'UPR de DLR.

1)- Contrairement à François Asselineau, M. Dupont-Aignan refuse d'expliquer ce qu'est en profondeur la "construction européenne", à savoir une invention des États-Unis dans le but de domestiquer le continent européen, ce à quoi ils sont parvenus après six décennies. M. Dupont-Aignan n'explique jamais pour qui travaillaient Jean Monnet et Robert Schuman, qui a eu le premier l'idée d'une Constitution européenne (Eisenhower), etc.

Au lecteur égaré, rappelons que François Asselineau développe une théorie complotiste selon laquelle l'UE ne serait qu'un instrument de domination des Etats-Unis mis en place par eux. Robert Schuman et Jean Monnet auraient été des agents américains, financés par le grand satan USA, chargés de la mise en place de ce plan diabolique... Que dire de plus? Nicolas Dupont-Aignan, avec la quasi-totalité des historiens et des politologues, ne fait pas cette analyse. Il n'a donc pas à l'expliquer.

2)- Contrairement à François Asselineau, M. Dupont-Aignan approuve le principe même de cette "construction européenne".


Et là, on tient une vraie différence, ce dont DLR ne s'est jamais caché. Le livre de NDA sur la constitution européenne en 2005 (époque où l'on ne sait pas bien ce que faisait François Asselineau) s'intitulait même "J'aime l'Europe, je vote non".

Il refuse de débusquer les mensonges habituels de la propagande européiste, par exemple ceux qui affirment que la France serait "isolée" si elle sortait de l'UE.

Ce que je crois, c'est que la France n'a pas à s'isoler en se coupant de ses partenaires européens avec un retrait unilatéral de l'Union Européenne, alors qu'il suffit de refonder la construction européenne, qui est un projet d'avenir à condition qu'il soit bien mené. Quant à Nicolas Dupont-Aignan, il combat tous les jours contre la pensée unique, la construction européenne telle qu'elle se construit actuellement: il n'a donc pas le temps d'envisager la sortie de l'UE, qui est un objectif qu'il ne suit pas. Et d'ailleurs, je n'ai pas vraiment entendu le "mensonge" dont vous parlez, puisqu'aujourd'hui la sortie de l'UE n'est tout simplement pas d'actualité.

Pire encore, il les reprend à leur compte en n'hésitant pas, ici ou là, à reprendre le bobard qu'il faut faire l'Europe pour peser dans le monde.

Peser dans le monde, je ne vois pas exactement ce que François Asselineau veut dire par là. S'il parle de diplomatie, les choses sont très claires pour Nicolas Dupont-Aignan, qui souhaite que la diplomatie française soit la plus libre possible tout comme celle de nos partenaires (même si cela n'exclut pas les coopérations et de tenter d'adopter une position commune sur les grands sujets, évidemment). D'ailleurs, c'est encore largement le cas dans l'UE actuelle, où les compétences et l'influence diplomatique de Catherine Ashton ou de José-Manuel Barroso sont des plus réduites... En matière économique, il est évident que la France n'aurait pas pu mener seule des projets tels qu'Arianespace, Airbus ou bien encore Eurocopter.

3)- Contrairement à François Asselineau, M. Dupont-Aignan refuse absolument de sortir de l'Union européenne. Il l'a dit et redit cent fois. Cela suffit à rendre impossible tout accord entre nous puisque la sortie de l'UE, de façon unilatérale et juridique, constitue précisément la clé de voûte de notre programme de libération nationale.

Encore une fois, Nicolas Dupont-Aignan n'a jamais cherché un accord particulier avec François Asselineau, qu'il avait rencontré il y a de ça quelques années sur la demande de ce dernier. Ce que nous voulons, c'est simplement que François Asselineau cesse sa campagne anti-DLR.

Sur le fond, il est faux de dire que Nicolas Dupont-Aignan refuserait absolument de sortir de l'Union Européenne. Comme expliqué précedemment, NDA veut refonder la construction européenne sur des bases radicalement différentes, la coopération et une structure  confédérale. Si pour cela, il faut passer par la sortie de l'Union Européenne, et bien pourquoi pas! Il s'en est d'ailleurs expliqué récemment (mais chronologiquement après cette réponse de François Asselineau, qui ne pouvait pas le savoir donc).

4)- Contrairement à François Asselineau, M. Dupont-Aignan respecte le silence complice de tous les partis politiques français qui entoure l'article 50 du TUE, article qui précise justement comment un État peut sortir de l'UE.

La sortie de l'UE n'est pas, en dépit des efforts de François Asselineau, un thème d'actualité. Il n'y a donc pas de "silence complice" au sujet de l'article 50 qui, contrairement à ce qui est indiqué, ne précise que fort peu le comment de la sortie de l'UE, se bornant à renvoyer à des négociations. Cet article, en réalité, est très anodin et n'apporte pas grand chose si ce n'est un délai, au demeurant extrêmement long (deux ans) pour procéder à cette sortie. Avant l'article 50, seuls les juristes les plus bornés prétendaient qu'il était impossible de sortir de l'UE.

5)- Contrairement à François Asselineau, M. Dupont-Aignan refuse de voir que la "construction européenne" est la face politique de la même médaille d'asservissement à l'empire atlantiste dont la face militaire est l'OTAN.

Contrairement à François Asselineau, Nicolas Dupont-Aignan n'a jamais cédé aux sirènes de l'anti-américanisme primaire et du complotisme. A lire le style hasardeux de cette phrase, je me doute que François Asselineau n'en est pas l'auteur... Il faut arrêter avec cette théorie stupide faisant des Etats-Unis l'origine de tous les maux possibles et imaginables, et croire que nous serions asservis à cette nation. Les Etats-Unis sont la nation la plus puissante aujourd'hui, et ils exercent une certaine forme de domination. Mais de là à parler "d'asservissement", de "l'empire atlantiste", il y a un pas vers le ridicule que tout homme censé doit se garder de franchir.

6)- Contrairement à François Asselineau, M. Dupont-Aignan refuse d'expliquer que la "construction européenne", par son principe même, nous conduit tout droit à des guerres néo-coloniales et au "Choc des Civilisations".

Et là, il faut arrêter le délire! L'Union Européenne, "par son principe même" nous conduirait à des guerres néo-coloniales? Au choc des civilisations? Et puis encore? Et quoi serait-ce le principe même de l'Union Européenne? Tout cela est totalement ridicule.

 7)- Contrairement à François Asselineau, M. Dupont-Aignan refuse de sortir de l'OTAN (et pas seulement du "commandement militaire intégré").

Oui et alors? Peux-on être d'un avis différent de François Asselineau? Apparemment non!

Rappelons simplement que Nicolas Dupont-Aignan a été l'un des rares parlementaires à s'opposer au retour dans le commandement militaire intégré de l'OTAN. Sur ce sujet, je ne résiste pas à l'envie de vous donner l'intervention de Nicolas Dupont-Aignan à l'Assemblée Nationale. Même les opposants les plus acharnés de Nicolas Dupont-Aignan ne pourront qu'apprécier son petit discours, la justesse de ses analyses (y compris a posteriori). D'ailleurs, sans révéler quoi que ce soit, il a été félicité pour ce discours par des parlementaires de tous bords, publiquement ou non. Dans ce discours, Nicolas Dupont-Aignan se situe indéniablement dans le droit fil de l'action de Charles de Gaulle. Bonne lecture!

8)- Contrairement à François Asselineau, M. Dupont-Aignan refuse de voir que le principe même de la "construction européenne" repose sur une idée racialiste, puisqu'il s'agit de procéder à une sorte d'apartheid planétaire, en distinguant le monde blanc du reste du monde.

C'est sans doute là l'une des interventions les plus choquantes et des plus idiotes de François Asselineau. Il devrait peut-être apprendre que le terme de "monde blanc" ne doit plus être utilisé depuis au moins 50 ans, que de très nombreux ressortissants européens ont des origines extra-européennes, que l'ensemble des Amériques, l'Afrique du Nord ou bien l'Océanie sont également peuplées de "blancs", que surtout chaque pays européen a le droit de s'associer avec qui il veut sans pour autant exclure les autres! Bref, c'est tellement n'importe quoi que je ne sais plus quoi dire!

M. Dupont-Aignan ne voit pas qu’il n'y a aucune raison culturelle, linguistique, économique, commerciale, financière, migratoire, familiale, démographique, touristique, universitaire, médicale, ni même de proximité géographique, pour vouloir fusionner la France avec l'Estonie ou la Bulgarie plutôt qu'avec la Tunisie ou l'Algérie. Bien au contraire, puisque toutes ces raisons nous poussent à la conclusion inverse!
Nicolas Dupont-Aignan n'a jamais voulu fusionner la France avec un quelconque pays européen ou d'Afrique du Nord. Au delà de cela, je comprends que François Asselineau nie la proximité et l'intérêt qu'ont les pays européens de travailler ensemble plutôt qu'avec d'autres. Ce qui est tout à fait contestable. Prenons les choses dans l'ordre:

a) au niveau culturel, les pays d'Europe partagent, contrairement à ce qu'il croît, énormément: l'héritage gréco-latin, les valeurs des religions judéo-chrétiennes, une histoire millénaire, les lumières etc. Ce qui n'est pas le cas des pays d'Afrique du Nord, qui n'ont pas reçu de la même manière l'héritage gréco-latin (qui fondamentalement leur était étranger), sont de religion musulmane, dont l'histoire commune avec la France date au vrai de deux cent ans tout au plus (mais quelle histoire bien sûr), qui ont encore aujourd'hui mal assimilé l'apport des lumières etc. Je m'arrête là, il y aurait évidemment beaucoup plus à dire mais j'espère avoir été suffisamment éclairant.

b) au niveau linguistique, il est vrai que la Tunisie et l'Algérie ont été marqués par la langue française, qui bénéficie encore là-bas d'un statut priviligié (ce qui est de moins en moins vrai s'agissant de l'Algérie). Ceci étant dit, il faut constater que le français est de moins en moins parlé dans ces pays. Et n'oublions pas que la Belgique est, presque pour moitié, de langue maternelle française, que le français est assez bien parlé dans bon nombre de pays européens, particulièrement ceux de langue latines qui peuvent facilement apprendre notre langue.

c) sur les raisons économiques commerciales et financières, François Asselineau a tout faux: le commerce avec les pays de l'UE est infiniment supérieur de celui avec les Etats du maghreb ou même de l'ensemble des ex-colonies françaises (commerce avec l'UE, c'est environ, de mémoire, 30% de notre PIB!), il en est de même pour les investissements. Par contre, dans ces pays, la France est souvent le premier partenaire, mais étant donné que ces pays sont beaucoup plus pauvres, pour la France, ce n'est absolument pas le cas.

d) sur les raisons migratoires et familiales, il ne s'agit pas pour moi de raisons fondamentales, à moins de vouloir abolir les nations (ce qui n'est pas, loin s'en faut, l'objectif de l'UPR). Mais, si effectivement beaucoup de ressortissants français ont des origines maghrebines, n'oublions pas que les ressortissants européens sont également très nombreux et qu'il y a probablement beaucoup plus d'émigrés français (en Angleterre par exemple) dans l'UE qu'ailleurs.

e)
sur le tourisme, à mon avis, il y a à mon avis plus de touristes français en Europe que dans les seuls pays du maghreb, et il y a évidemment beaucoup plus de touristes européens en France que de touristes d'Algérie ou de Tunisie...

f) je passe sur le reste, qui est anecdotique, pour revenir sur la perle de François Asselineau, qui a invoqué des raisons géographiques: il lui suffit de retourner en CP, à sa leçon de géographie: il y apprendra l'existence d'un continent, où la France occupe une position relativement centrale quoiqu'exentrée vers l'ouest, et qui s'appelle l'Europe....

9)- Contrairement à François Asselineau, M. Dupont-Aignan milite pour une "Autre Europe".

Effectivement. Maintenant, au delà de la sortie de l'Union Européenne, que souhaite François Asselineau? Il reste en effet très flou sur ce qu'il préconise une fois la fin de l'UE actée. Souhaite-t-il la seule fin de l'Union Européenne, sans aucune coopération derrière? Dans ce cas, il est pour l'isolement, indéniablement. S'il souhaite par contre une coopération, alors lui aussi est pour une autre Europe!

Il entretient donc ce mensonge extrêmement pervers qui bloque la situation politique française depuis des décennies, et qui consiste à désamorcer toute remise en cause de la "construction européenne" en faisant rêver les gens à des plans sur la comète.

Ce propos est ridicule: l'ensemble du combat politique de Nicolas Dupont-Aignan témoigne de sa volonté de remise en cause de la construction européenne telle qu'elle se fait aujourd'hui. En revanche, il n'en conteste pas son principe. Je veux bien tout entendre, mais en matière de plans sur la comète, la position de Nicolas Dupont-Aignan me paraît infiniment plus réaliste et cohérente que celle de François Asselineau.

Comme tous les "alter-européistes", M. Dupont-Aignan refuse ainsi d'expliquer pourquoi la "construction européenne" est un processus autobloquant par nature.


"Un processus autobloquant par nature". A ce degré de conneries, on a du mal à garder son sérieux. Mais je comprends ce à quoi fait allusion François Asselineau: l'Union Européenne est vue comme un voie sans retour, une avancée irréversible vers le fédéralisme (et je renvoie le lecteur aux travaux d'Eric Juillot sur ce point, dans un ouvrage très bien fait (préfacé par NDA) que j'ai lu avec profit quoique trop à sens unique à mon goût, la déconstruction européenne). Et encore une fois, l'ensemble du combat de Nicolas Dupont-Aignan est de dénoncer cette fuite en avant et de refonder sur des bases différentes l'UE.

10)- Contrairement à François Asselineau, M. Dupont-Aignan propose des mesures inapplicables dans le cadre des traités européens qu'il refuse de dénoncer.

Et là, François Asselineau ment, n'ayons pas peur des mots. Tout simplement parce que Nicolas Dupont-Aignan a combattu tous les traités: il s'est opposé à Maastricht en 1995, a dénoncé Amsterdam, a été l'un des artisans de la victoire du non en 2005 (que faisait François Asselineau à l'époque?), a été l'un des seuls à s'opposer au traité de Lisbonne... Et sa position est très claire: il souhaite renégocier les traités européens, ce qui implique bien évidemment qu'ils seront remis en cause, dénoncés. Ce type de pratiques est inacceptable: il faut arrêter de raconter n'importe quoi.

Et quand bien même, la plupart des mesures proposées par Nicolas Dupont-Aignan sont tout à fait applicables dans le cadre des traités actuels, en utilisant les clauses de sauvegarde prévues et autorisées par les traités.

Il propose par exemple de "transformer l'euro en monnaie commune" (ce qui est déjà le cas...),

Non, ce n'est pas le cas: aujourd'hui, l'euro est une monnaie unique. Ce que NDA veut, c'est une monnaie commune, permettant aux différentes monnaies nationales de rester stables tout en laissant des marges de manoeuvres qui font aujourd'hui défaut. Encore une fois, François Asselineau se trompe et ajoute l'incompétence à la critique sans objet.

de prendre des mesures protectionnistes,

Ce que NDA souhaite, s'il arrivait un jour au pouvoir, c'est convaincre nos partenaires de nous protéger face au dumping de certains pays. Si nous n'y arrivons pas, nous menacerons d'appliquer ces mesures au niveau national... Et il est probable que nous emporterons gain de cause! Ce point rentre tout à fait dans le cadre des mesures de sauvegardes (qui pourraient, ensuite, être contestées en justice... Ce qui n'enlève rien à la légalité du procédé).

de supprimer le drapeau européen, etc., etc., le tout sans sortir de l'UE. C'est tout simplement se moquer du monde.

La suppression du drapeau est une mesure symbolique, anecdotique. Je trouve curieux qu'elle ne plaise pas à François Asselineau, qui démontre clairement par là qu'en réalité, c'est Nicolas Dupont-Aignan qu'il déteste.

Comme expliqué précédemment, pourquoi n'arriverions nous pas à convaincre nos partenaires? La France est un pays puissant, sans qui rien ne peut se faire, au centre de l'Europe. Nos partenaires auraient eux-mêmes intérêt à ces évolutions auxquels certains ne sont pas hostiles (et on pense aux gouvernements eurosceptiques du Royaume Uni, de la Hongrie etc.).


11)- Contrairement à François Asselineau, M. Dupont-Aignan considère ainsi le droit comme une discipline sans intérêt. Il propose sans vergogne de bafouer les traités ratifiés par la France, et cela alors même que l'article 5 de notre Constitution précise que « le président de la République est le garant du respect des traités ».

Je serai curieux de voir où et quand Nicolas Dupont-Aignan aurait dit que le droit serait une discipline sans intérêt. Si c'était avéré, encore faudrait-il expliquer le contexte d'une telle déclaration. Toujours est-t-il qu'à mon sens, Nicolas Dupont-Aignan aurait raison de considérer que le strict respect du droit, à supposer qu'il dirait ce que croît M. Asselineau (ce qui est faux), ne pèse pas lourd face à la dimension politique d'une sortie de l'euro. Nicolas Dupont-Aignan ne propose pas de bafouer les traités, il propose de les renégocier (et, en cas d'échec, de les rompre).

12)- Contrairement à François Asselineau, M. Dupont-Aignan refuse d'expliquer aux électeurs que, si la France s'avisait de ne pas respecter les contraintes juridiques des traités comme il le suggère, elle serait aussitôt déférée à la Cour de Justice de l'Union européenne (CJUE). Et qu'elle serait alors condamnée à respecter ses engagements (comme on l'a déjà vu sur de nombreux sujets), avec une astreinte consistant en une pénalité financière très lourde par jour de retard (par exemple, la France fut condamnée à payer 160 000 euros par jour de retard dans la transposition des directives OGM en droit interne).

Cette proposition est extrêmement intéressante, puisqu'enfin on va un peu dans le concret. Que se passerait-il en effet, si la France décidait de quitter unilatéralement la zone euro, à supposer que les négociations aient échoué? F Asselineau a l'air de poser comme établi que la France serait déférée devant la CJUE. Ce n'est pas certain, puisque faire jouer les tribunaux contre la démocratie est un jeu dangereux que les partenaires européens ou la Commission Européenne auront sans doute quelques scrupules à lancer, au risque de se brûler les doigts. Mais admettons. A mon tour de poser une question: combien croyez vous qu'il faudra de temps à la CJUE pour condamner la France? Au bas mot, la procédure durera des mois, plus probablement des années. Prenons l'exemple de la transposition de la directive OGM en France... Et bien devinez-quoi, la condamnation est intervenue plus de cinq ans après l'expiration du délai de transposition. Lorsque la décision de la CJUE est intervenue, la France avait d'ailleurs déjà transposée la directive, ce qui a rendu sans objet l'astreinte journalière dont parle François Asselineau. Ces 160.000 euros par jour de retard n'étaient donc que du bluff, une manière, spectaculaire certes, de montrer ses muscles pour les juges européens. Et quand bien même la CJUE condamnerait la France, il nous reste une solution, suggérée par Jacques Sapir dans un article au monde: puisque nous serons sortis de l'euro, il nous sera possible, après avoir abrogé les dispositions de droit interne qui l'interdisent, d'émettre de la monnaie pour payer ses amendes en monnaie de singe. Ne serait-ce que d'annoncer qu'en cas de condamnation, nous recourerions à ce moyen devrait suffire à éviter tout jugement défavorable!

Il est intéressant de noter que François Asselineau, en adoptant l'argument d'une condamnation à payer, admet donc implicitement qu'il admet finalement qu'on ne peut pas expulser la France de l'UE suite à sa sortie éventuelle de la zone euro... Même si vous n'êtes pas d'accord avec mon paragraphe précédent, vous ne pouvez nier que de ce point de vue, François Asselineau n'est pas cohérent.

Nous estimons donc que les propositions et les affirmations de DLR sont odieuses moralement car elles abusent de la crédulité du public. Elles profitent de la candeur et de la méconnaissance de nos concitoyens pour leur faire croire délibérément à des solutions qui sont impossibles.


Cette conclusion est pour le moins honteuses: DLR défend une vision politique, des idées, des principes. Ce parti adopte une analyse de la société et plus précisément de la construction européenne et une grille de lecture des événements politiques. Conception qui est la sienne et qu'il propose aux citoyens français. Conception que l'on peut très bien ne pas adopter, critiquer, rejeter. Mais cela n'autorise pas l'UPR et François Asselineau à calomnier gravement notre mouvement dont rien ne permet de douter d'une quelconque malhonnêteté. D'ailleurs, utiliser le terme "affirmations" est quelque peu étrange: nous affirmons certains faits, qui sont indéniables bien sûr. Mais pour le reste, nous sommes dans le débat politique, nous proposons. En croyant bien sûr que nos solutions sont les plus adaptées mais sans non plus dire que nous sommes infaillibles.

Rien en tout cas ne permet à François Asselineau d'affirmer que DLR abuserait de la crédulité du public. On voit bien là les racines complotistes qui sous-tendent à peu près tout le discours de l'UPR: si leurs idées si géniales que cela n'arrivent pas à s'imposer, c'est parce qu'il y a un complot. Explication bien facile qui leur évite de faire un travail sur eux-mêmes et un minimum d'auto-critique.

Le summum de cette tactique de manipulation a été atteint par M. Dupont-Aignan lorsqu'il a répondu, voici quelques jours à Aix en Provence à un étudiant membre de l'UPR qui l'interrogeait sur l'article 50 du TUE : « mais ça, c'est juridique, ça n'a aucun sens... ».


Cette information n'est pas sourcée, il faudrait comprendre, à supposer cette phrase vraie, le contexte dans lequel elle aurait été prononcée. Et sur le fond, il est tout à fait possible de penser que les considérations juridiques ne sont que peu d'importance et n'ont "aucun sens" face aux dures réalités du monde réél et des rapports de force. L'UPR conteste cette approche. Libre à elle. Mais qu'elle arrête d'insulter Nicolas Dupont-Aignan et l'ensemble des militants de DLR pour avoir adoptée cette position, qui, à tous le moins, a des arguments à faire valoir quand ceux opposés par l'UPR sont, nous l'avons vu, finalement très faibles.

Ce mépris pour le droit, pour la vérité, et pour l'intelligence de nos concitoyens, est l'exact opposé de ce qui fait la quintessence de l'UPR. Nous, nous voulons "tirer les citoyens vers le haut", en leur expliquant patiemment les traités européens, article par article.

J'invite les quelques internautes qui en douteraient de faire un tour sur la page facebook de l'UPR: vous pourrez y découvrir la quintessence de l'UPR. Si toutes les déclarations de François Asselineau ne sont pas sans intérêts, dans un billet sur deux est développé une vision complotiste et haineuse de la construction européenne, faite sur la base d'anathèmes lancés contre Robert Schuman, Monnet, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Nicolas Dupont-Aignan, la Droite populaire et leurs soutiens. Et je ne parle même pas de la tonalité ordurière des commentaires.

Nicolas Dupont-Aignan, répétons-le, ne méprise pas le droit (il l'a même étudié si vous voulez tout savoir, à la différence de François Asselineau). Il propose sa vérité, sa vision du monde et de la société. Vision qui peut être critiquée, mais dont nul, à part François Asselineau, ne conteste la cohérence.


 M. Dupont-Aignan, lui, leur conseille de ne pas s'y intéresser car « ça n'a aucun sens... ». ... Entre ces deux comportements, où se situe l'honnêteté et où est la manipulation ?

Et encore une information non sourcée. Il m'étonnerait beaucoup que Nicolas Dupont-Aignan ait conseillé à qui que ce soit de ne pas s'intéresser aux traités européens. Et oui, je crois très sincèrement qu'il n'y a pas grand intérêt à tenter de donner un cours de droit européen aux électeurs, surtout comme lorsqu'on le fait avec autant d'erreurs et d'approximations que François Asselineau, ce qui donne le bâton pour se faire battre aux eurosceptiques lorsqu'ils souhaitent débattre avec leurs contradicteurs.

13)- Il suffit de lire le programme présidentiel de M. Dupont-Aignan pour comprendre que, contrairement à François Asselineau, il table sur la peur et que ses réflexes politiques sont toujours très droitiers. Cela n'est pas fait pour surprendre puisqu'il a fait alliance avec le CNI en 2010, parti antigaulliste et européiste de droite dure.

Une nouvelle fois, je serai curieux de voir en quoi Nicolas Dupont-Aignan tablerait sur la peur. Reproche qu'il est curieux de lire sous la plume de François Asselineau, qui developpe une vision complotiste de l'Union Européenne oeuvrant en sous main pour déposséder la France de sa puissance et de ses richesses.

Nicolas Dupont-Aignan vient de la droite et du rpr, tout comme François Asselineau. Pour autant, ses réflexes sont-ils droitiers? Je ne le crois pas: ainsi, au second tour de la présidentielles en 2012, il n'a pas appelé à voter pour Nicolas Sarkozy. Quant à la pseudo alliance avec le CNI, il s'agissait simplement de l'accueil, sur la liste de la région ile de france, de candidats issus du CNI lors de l'élection régionale, qui n'a que peu à voir avec les thématiques européennes (la campagne de NDA était plutôt centrée sur les transports). Par ailleurs, le CNI n'est pas un parti antigaulliste ou européiste: en réalité, c'est un rassemblement d'indépendants qui n'a pas de doctrine propre. On y trouve des européistes, mais également des eurosceptiques, des personnes marquées très à droite comme des personnes beaucoup plus modérées. Renseignez-vous!

14)- Contrairement à François Asselineau, et malgré ses affirmations contraires, M. Dupont-Aignan est dans la totale incapacité à attirer à lui massivement des électeurs de tous les bords, et notamment des électeurs de gauche. C'est totalement différent de l'UPR, dont une majorité d'adhérents sont désormais de sensibilité de gauche.

Et bien c'est faux, puisque de nombreux électeurs de gauche sont attirés à DLR. Je peux vous l'affirmer pour connaître les militants de ma section locale. Je rappelle d'ailleurs que sur ces terres, Nicolas Dupont-Aignan a toujours été élu avec de très bons scores (80% aux dernières municipales, 57% au premier tour de 2007 des législatives). Et pas à Neuilly dans un fief bourgeois, mais à Yerres dans l'Essonne (qui tend néanmoins à s'embourgeoiser, devant la réussite incontestable de sa politique locale). Qu'est ce que François Asselineau peut opposer à ses faits avérés pour prétendre que lui, ex directeur de cabinet de Charles Pasqua, réussirait mieux que Nicolas Dupont-Aignan à attirer des électeurs de gauche?

15)- Contrairement à François Asselineau, M. Dupont-Aignan a de nouveau négocié, comme il l'avait fait en 2007, le soutien discret de l'UMP à sa réélection dans la 8e circonscription de l'Essonne.

Lorsqu'il a écrit cette calomnie idiote, François Asselineau ne pouvait pas savoir que l'UMP allait présenter un candidat contre lui dans sa circonscription. J'espère que tout militant de l'UPR aura l'honnêteté de désormais arrêter cette campagne indigne et honteuse sur ce sujet.

Bien entendu, il ose le nier, comme il l'avait déjà nié en 2007, en affirmant que "l'UMP n'a pas osé lui présenter un candidat contre lui" ou que "l'UMP ferait cela pour lui nuire" !

Pour continuer dans cette veine, j'espère que François Asselineau aura la décence de reconnaître son erreur et de s'excuser publiquement.

Si des adhérents de DLR sont suffisamment naïfs pour croire de telles balivernes et pour ne pas comprendre que M. Dupont-Aignan est une "dent du rateau" pour ramener à l'UMP des électeurs gaullistes, nous n'y pouvons rien.

La réalité est suffisante pour faire un sort à cette imbécilité. Je reste sidéré devant cette véritable haine développée à l'encontre de Nicolas Dupont-Aignna.

16)- Contrairement à François Asselineau, M. Dupont-Aignan a annoncé qu'il pourrait proposer à Mme Le Pen ou à M. Montebourg d'être son Premier ministre. Il n'a jamais évoqué le nom de François Asselineau, ce qui prouve qu'il sait parfaitement qu'il y a une connivence entre tous les alter-européistes, mais pas avec l'UPR.

Ce qu'a dit Nicolas Dupont-Aignan, c'est qu'il était prêt à prendre comme premier ministre toute personne qui le rejoindrait sur sa ligne, qu'elle s'appelle Montebourg, Le Pen ou tartempion. Il aurait pu, dans ce cadre, donner le nom de François Asselineau, Tythan comme le tien ami lecteur. Mais bon, c'est bizarre, mais il a préféré prendre le nom de personnalités politiques connues. Certainement la preuve d'une connivence, d'un complot fait pour écarter le grand et modeste François Asselineau!!

CONCLUSION

Les 16 points qui précèdent constituent exactement ce que DLR veut cacher à ses militants. DLR amoindrit le sens critique de ses adhérents, au point que les 16 différences essentielles que nous avons listées ne leur sautent plus aux yeux.


Conclusion totalement surréaliste et incohérente, puisque sur tous les points cités, Nicolas Dupont-Aignan a exprimé ses positions et points de vues, qui sont publics et ne sont en rien cachés. Entre DLR et l'UPR, il y a des différences, que jamais personne ne cherche à cacher. En réalité, DLR se soucie assez peu de l'UPR, qui, à la différence de notre parti, ne se présente pas aux élections et n'est donc pas en concurrence, malgré ce que voudraient ses dirigeants, avec nous.

L'éthique de l'UPR est exactement l'inverse. Nous veillons, nous, à clarifier les enjeux et les positions, à expliciter les points de désaccord, afin de débusquer les ambiguïtés politicardes qui sont au cœur de la manipulation dont se plaignent les Français.

Comme nous l'avons vu, l'éthique de l'UPR n'est pas exempte de tout reproche, puisqu'elle n'hésite pas à recourir au procès d'intention, à accuser sans preuve, à calomnier sans raison DLR, qui pourtant, est, sur certains points, l'un des mouvements politiques les plus proches de François Asselineau. L'attitude de François Asselineau à notre égard, inutilement polémique et agressive, est au contraire la manifestation même d'une "ambiguïté politicarde", d'une manoeuvre qui n'a pas d'autre effet que de me faire perdre mon temps et semer la zizanie dans le camp des eurosceptiques.

Nous veillons, nous, à renforcer le sens critique des citoyens, à leur donner les connaissances juridiques et politiques leur permettant de ne pas être dupes des leurres dont le Système parsème la scène politique française, à droite comme à gauche.

S'agissant de Nicolas Dupont-Aignan, je doute que François Asselineau et l'UPR cherchent à renforcer le sens critique des citoyens. C'est bien simple, posez-vous la question: François Asselineau dit-il une seule fois quelque chose de bien sur Nicolas Dupont-Aignan? Souligne-t-il un seul aspect positif du combat de Debout la République? La réponse est malheureusement non. Comment, après cette attaque en règle, ces affirmations, dont nous avons vu qu'elles étaient sinon complètement fausses, du moins très contestables, uniquement à charge, prétendre renforcer le sens critique? Ce n'est pas sérieux!

Nous ne cachons en rien l'abîme politique, éthique et moral qui nous sépare de DLR, de même que nous ne cachons en rien tout ce qui nous distingue fondamentalement des candidatures de Mme Le Pen, M. Mélenchon, etc.

C'est très grandiloquent, mais c'est surtout faux: oui, il  y a des différences très marquées entre DLR et l'UPR, entre un parti eurosceptique et un autre europhobe. Maintenant, il n'empêche que nous partageons un même rejet et une critique parfois proche de la construction européenne telle qu'elle se fait aujourd'hui.

Nous sommes quant à nous convaincus que les 2/3 des Français qui ne votent plus ont soif d'un responsable politique et d'un parti clairs et nets, francs et droits, qui ne se complaisent pas dans les "combinaziones" politicardes et les programmes constamment ambigus et inapplicables.

Le programme de Nicolas Dupont-Aignan à la présidentielle était clair et, sur bien des points, réaliste, même si, comme pour tous les hommes politiques, je trouve à titre personnel que certains aspects étaient un peu démagogiques. Une chose est sûre, NDA ne s'est jamais complu dans une combinaison politicarde, absolument rien dans son parcours irréprochable ne permet de le dire. Il en paye même aujourd'hui le prix, devant affronter des candidats de tous les partis en place qui cherche à le faire taire. Est-ce que souhaite François Asselineau? J'en ai vraiment l'impression!

Nicolas Dupont-Aignan aurait dû séduire de nombreux candidats abstentionnistes qui étaient sa cible principale. Malheureusement, il ne l'a fait que trop peu, condamné qu'il était par des sondages manipulés et une couverture média exécrable. Même si l'action de François Asselineau n'a eu qu'un impact infinitésimal, elle est clairement allé dans le mauvais sens.

Voilà ce que nous sommes. Notre Charte fondatrice est là pour conserver notre ligne politique contre vents et marées.

Et là, j'invite François Asselineau à méditer et surtout appliquer à lui-même les principes qu'il promeut. Extraits: "l’UPR refuse évidemment tout extrémisme" ou bien encore "il n’est pas de progrès possible ni acceptable aux yeux des Français s’il n’est pas conforme aux idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité de la République"...

Je viens de la lire d'ailleurs, et j'y ai trouvé une énorme perle, un truc totalement absurde. En effet, il y est écrit:

l’UPR entend aussi faire inscrire dans la Constitution française le principe de l’incessibilité du siège de membre permanent de la France au Conseil de sécurité des Nations Unies, avec droit de veto. Cela permettra non seulement de préserver le rôle de grande puissance mondiale de la France mais, au-delà d’elle, d’assurer au monde francophone une place essentielle dans le concert des nations.

J'ai rarement lu un truc aussi débile : comment inscrire dans la Constitution française, qui est un texte par essence national, l'incessibilité d'une position dans une instance supranationale, qui ne dépend pas de la seule France? C'est absolument n'importe quoi, d'un point de vue juridique, logique! Et ça prétend donner des leçons de droit? Non mais ce qu'il ne faut pas lire!

Autre incohérence: l'UPR prétend promouvoir une vision harmonisée et égalitaire de l'ONU... Mais entend réserver une place de choix à la France. Les deux positions sont respectables et ont des arguments pour elles, mais on ne peut pas dire une chose et son contraire en même temps!!

Nous nous moquons des places électives, des honneurs, des accords d'appareils politiques. Nous ne nous battons que pour la France. Peut-être les militants de DLR y repenseront-ils lorsque M. Dupont-Aignan appellera, comme il le fit déjà en 2007, "à titre personnel à voter Nicolas Sarkozy" pour le 2e tour de la présidentielle, tout en affirmant ensuite qu'il "n'a pas appelé à voter pour Sarkozy" etc.

Et là, l'histoire est cruelle pour François Asselineau, puisque nous savons désormais que Nicolas Dupont-Aignan n'a donné aucune consigne de vote. C'était d'ailleurs le cas en 2007, où Nicolas Dupont-Aignan avait simplement indiqué qu'à titre personnel et devant l'indigence de l'autre candidate, il glisserait un bulletin Nicolas Sarkozy. Il s'en expliqué et je vous laisse découvrir ses raisons. Si NDA a affirmé qu'il n'a pas appelé à voter pour Nicolas Sarkozy, il avait donc entièrement raison. Une nouvelle fois, François Asselineau ment pour dénigrer celui qu'il croît pouvoir remplacer.

C'est d'ailleurs notre rectitude qui nous vaut un flux d'adhésions sans précédent et qui fait de l'UPR le premier mouvement politique d'ampleur uniquement né sur Internet. Et ce n'est pas fini !

Ce qui est sûr, c'est que ce n'est pas en raison de la modestie de François Asselineau que l'UPR attire des adhérents. Maintenant, il faut un peu redescendre sur terre: l'UPR est un mouvement politique d'une certaine importance que je ne veux en aucun cas nier, mais qui reste extrêmement modeste, ne serait-ce que parce qu'il ne s'est jamais présenté à une élection, ce qui est pourtant l'essence même d'un parti en démocratie...

Pour conclure cet article sur lequel j'ai du passer près de deux heures de mon temps, qui est, comme celui de tout un chacun, précieux, je voudrais assurer aux militants de l'UPR toute ma sympathie. Mais bienveillance ne signifie en aucun cas faiblesse, et ces militants doivent comprendre qu'ils n'ont rien à gagner à attaquer sans raison aucune Debout la République et Nicolas Dupont-Aignan.

J'ai repris un à un les reproches fait à Nicolas Dupont-Aignan par François Asselineau. Pas un seul ne résiste à la critique. Pas un. Quand ces critques n'étaient pas complètement fausses ou calomnieuses, elles relevaient d'une analyse superficielle ou d'une approche aussi binaire que ridicule.

Je préviens à nouveau tout commentateur: j'accepte la critique, y compris acerbe. Mais à condition qu'elle soit argumentée. A condition également qu'elle ne se base pas sur la calomnie. Tout commentaire qui franchira cette ligne sera impitoyablement censuré (et je pratique la modération a priori: les commentaires n'apparaissent qu'après que je les ai validés.

lundi, mai 7 2012

François Hollande président!

Pendant toute cette soirée électorale, ou du moins à son début, j'étais dans le train. L'atmosphère dans la voiture où je me situais était finalement assez étrange: dans le wagon bondé, en majorité des jeunes, chacun vaquait à ses occupations: casque vissé sur les oreilles, livre ou joural en mains, je n'ai entendu que très peu de commentaires: quelques jeunes qui se connaissaient ont eu un rapide sourire à 20 heures, lors de l'annonce officielle des résultats, et c'est tout. Mon voisin, un jeune homme au look plutôt geek, échangeait des sms catastrophés avec sa copine, parlant d'émigrer au Canada sur le ton de la plaisanterie. Mais pas plus d'agitation. A mon arrivée à la gare, quelques voitures, des supporters plus ou moins avinés hurlant leur joie. L'un d'eux a même voulu me prendre dans ses bras! Je me suis engouffré dans les transports en commun, et je n'ai pas vu grand chose jusqu'à mon arrivée chez moi, où je me suis branché sur la soirée électorale qui s'est révélée vraiment très ennuyeuse. Ceux de droite tiraient la tronche évidemment, mais ceux de gauche semblaient également assez graves et finalement assez peu enthousiastes. Quant aux journalistes, j'ai vraiment eu l'impression, à la notable exception de Laurent Delahousse qu'ils s'ennuyaient ferme et se moquaient même de l'enthousiasme timide qui transparaissait place de la bastille (en province, c'était encore plus mort paraît-il).

En bref, la présidence de François Hollande ne part pas vraiment sous de bons augures.

Un mot sur la polémique sur les drapeaux: en effet, on pouvait apercevoir de nombreux drapeaux étrangers dans la foule rassemblée à la Bastille. Je ne m'en suis pas rendu compte de visu tout de suite: au départ, j'avais seulement la radio et pas d'image. J'ai été frappé par l'insistance des commentateurs sur la présence d'une jeunesse "métissée", "de toutes origines", question qui pour moi relève du non-sujet le plus total(je tournais entre rtl, europe 1 et france info). Si les journalistes prenaient la peine de le préciser cela, je me suis dit qu'il devait y avoir anguille sous roche. Une fois chez moi, j'ai eu la confirmation de ce fait, mais avec des jeunes brandissant des drapeaux étrangers (j'ai vu des drapeaux algériens, marocains, palestiniens, ivoiriens (mais paraît-il qu'ils étaient en fait irlandais!) et tunisiens), accompagnés il est vrai de beaucoup de drapeaux du front de gauche. Sans vouloir en faire tout un plat, je ne crois que cette manifestation soit vraiment un bon signe. En effet, la "jeunesse rassemblée" ne l'était à l'évidence pas tant que cela! Quel est ce besoin de jeunes, a priori français, de promouvoir une double culture (que jamais personnes, à part peut-être certains cinglés d'extrême-droite) ne leur a contesté? A fortiori lors d'une élection présidentielle?

Ce qui m'a frappé, c'est le décalage entre les affirmations politiquement correctes sur la jeunesse rassemblée et la polémique immédiate qui s'en est ensuivie: le débat politique français, on le voit clairement entre la demi-victoire du Front National et la course-poursuite engagée par Nicolas Sarkozy avec ce dernier, tourne clairement à l'hystérie autour des questions d'identités. Entre une extrême-droite gonflée à bloc par ses derniers succès, une droite "classique" de l'ump qui lui court après, une gauche angélique et qui refuse de voir le problème et des médias qui jettent de l'huile sur le feu (consciemment?) en célébrant l'hymne de la jeunesse de France rassemblée... On est pas sorti de l'auberge!

Je ne peux m'empêcher d'être inquiet quant à l'évolution du débat politique sur ces questions!

lundi, avril 23 2012

Le score paradoxal de Nicolas Dupont-Aignan

De l'avis général, Nicolas Dupont-Aignan a réalisé une bonne campagne, compte tenu des faibles moyens qui étaient à sa disposition. Hélas, les électeurs ont décidé de lui accorder un score extrêmement modeste, à 1,8% des suffrages (soit, selon les chiffres du ministère de l'intérieur, 644.000 personnes). Comment expliquer ce score décevant?

Les premiers coupables sont tous trouvés: ce sont bien évidemment les sondages. En effet, pendant toute la campagne, les sondages ont invariablement crédité Nicolas Dupont-Aignan entre 0 et 1% des voix, la plupart le donnant à 0,5. Seuls les sondages de la dernière ligne droite lui ont accordé - parfois - 1,5%, un seul à ma connaissance le donnant au score qu'il réalisera finalement, soit 2%. Et il est évident que lorsqu'un candidat est si faiblement crédité, il devient extrêmement difficile, même si on est d'accord avec ses idées, de choisir de voter pour lui. Les électeurs ont l'impression que leur voix est perdue et n'a d'autre impact que celui de faire ricanner les analystes et éditorialistes en place. Au sein de mon entourage, cette réaction était extrêmement forte, alors pourtant que je savais qu'elles comptaient parmi les gaullistes, de tendance eurosceptiques.

Je n'irai pas jusqu'à dire qu'il y a eu une manipulation sciemment organisée par les sondages pour saboter la candidature de Nicolas Dupont-Aignan, ce serait ridicule. Mais reste que l'histoire a tendance à se répéter de manière troublante: en 2009 pour les européennes, les listes de DLR sont créditées, de 0%... DLR réalisera pourtant le score de 1,8%. Score très modeste, mais non nul comme affirmé. En 2010 lors des régionales, rebelotte: cette fois, NDA se présente avant tout en Ile de France, où il dispose d'une assise électorale forte dans l'Essonne: rebelotte, crédité de 2% dans les sondages, il réalisera pourtant le score honorable de 4,2%.

La bonne nouvelle, c'est que si les législatives se passent bien et que les candidats de DLR obtiennent partout 1 à 2% des voix, les sondeurs ne pourront plus systématiquement minorer le score de DLR comme ils le faisaient auparavant.

Le deuxième coupable tout désigné, c'est le système médiatique. J'ai hésité avant d'écrire ce terme, que personnellement je trouve extrêmement réducteur et caricatural, tant la diversité des médias saute aux yeux. Reste que vis-à-vis de Nicolas Dupont-Aignan, les médias ont été particulièrement inéquitables: les médias ont soit tenter d'ignorer Nicolas Dupont-Aignan (quelques secondes d'antenne sur TF1 pour toute l'année 2011), soit l'ont traité de façon méprisante, sans le prendre au sérieux (c'est l'attitude, par ordre d'abjection décroissante, d'Alain Duhamel, du grand journal ou d'Anne-Sophie Lapix). Même si bien sûr tout n'a pas été si à sens unique (et on pense par exemple aux passages remarquables et remarqués de NDA sur les plateaux d'ONPC de Laurent Ruquier), si les Français ne sont pas forcément dupes des médias (y compris ceux qui regardent les émissions supposées politiquement incorrect et au ton plus libre comme sur Canal plus), cela ne peut pas ne pas avoir d'influence.

La troisième coupable, c'est bien entendu Marine Le Pen, qui est venue de façon totalement inattendue mordre sur les thèmes de Debout la République: l'euroscepticisme (qui est un thème ancien du FN, mais dont le rejet était fondé sur d'autres raisons: le changement du FN est ici dans le discours) en premier lieu, ensuite la défense du modèle social français (et là, c'est totalement nouveau pour le FN). Cela a eu deux impacts: certains, convaincus par les efforts de dédiabolisation lancés par Marine Le Pen, son compagnon Louis Alliot et le nouveau venu Florian Filippot, ont choisi de voter utile en préférant le FN. Sauf que malheureusement, ce vote ne peut pas être utile en raison du rejet mérité que suscite le FN et que surtout cette dédiabolisation est très loin d'être achevée au sein du FN même, où figurent de nombreux extrêmistes qui font encore en partie la loi (comme en témoignent l'éloge de Bastien-Thiry par Louis Alliot récemment). D'autres, plus nombreux, ont pu être effrayés par les amalgames réalisés par les médias: si DLR se rapproche du FN (alors que c'est l'inverse), il devient impossible de voter pour Nicolas Dupont-Aignan.

Cette hystérie autour de Le Pen est d'ailleurs largement apparu lors de l'épisode du Fig mag: au cours d'un interview, à la fin de ce dernier, Nicolas Dupont-Aignan explique aux journalistes qu'il pourrait nommer n'importe qui comme premier ministre à partir du moment où cette personne adoptait sa ligne. Nicolas Dupont-Aignan voulait dire par là qu'il n'était pas sensible aux questions de personnes, que seules les idées et la cohérence comptaient pour lui. Malheureusement, il a cité Marine Le Pen. Quelques semaines plus tard, alors que la campagne de Nicolas Dupont-Aignan se déroulait très bien, que les échos étaient bons, le Figmag publia cet interview, sous forme de brève en mettant ce titre fallacieux: "Nicolas Dupont-Aignan pourrait prendre Marine Le Pen comme premier ministre". Je cite de mémoire, mais ça revenait à cela.

Tout cela pour dire que le score de Nicolas Dupont-Aignan, si faible qu'il soit, reste encourageant pour la suite. Désormais, Nicolas Dupont-Aignan est connu, a pu faire entendre sa voix. A l'instar de Philippe de Villiers en son temps - sauf qu'il est peu probable que Nicolas Dupont-Aignan aille, lui, à la soupe comme ce dernier -, NDA est désormais incontournable. Il bénéficie, malgré toutes les saloperies qui ont été commises contre lui, d'un capital sympathie important et reste, malgré les moqueries, crédible. Son discours, s'il n'a pas tout gagné, a marqué des points: tous les candidats, à des degrés divers, ont dû marquer le pas sur l'européisme et défendre des thèses eurosceptiques (comme F Bayrou avec son produire français, N Sarkozy avec sa remise en cause de Schengen, F Hollande avec celle du pacte de stabilité et Marine Le Pen précitée) Et c'est sans doute là le plus important.

Souvenez-vous: Lula, au Brésil, avait commencé plus bas que lui!!

dimanche, mars 25 2012

Meeting de Nicolas Dupont-Aignan aujourd'hui

Je reviens tout juste du meeting de campagne que Nicolas Dupont-Aignan avait organisé aujourd'hui à Paris. L'Equinoxe, la salle où le meeting a eu lieu, était d'ailleurs assez belle contrairement à ce que l'on m'avait dit. Il faut dire que l'équipe de Debout la République ne dispose malheureusement pas du budjet des grands candidats, qui en un meeting dépense plus que ce que coûtera la totalité de la campagne de Nicolas Dupont-Aignan. Mais, en tous cas, et je parle d'expérience, la facture du meeting était très classe. Derrière, c'est évidemment du bricolage, mais l'impression générale (accueil, petits éléments de décor) était très pro, bien loin de l'impression quelque peu artisanale qu'ont pu me laisser certaines réunions de Debout la République.

La salle était bien remplie, soit environ 1500 personnes. Il y avait également de nombreuses personnes debout dans les travées ou derrière, soit peut-être 100-200 personnes de plus. Sans choisir le Zénith comme François Bayrou ou Villepinte comme Nicolas Sarkozy, qui sont de toute façon inabordable pour nous, l'équipe de campagne aurait peut-être pu choisir une salle plus grande, plus spacieuse pour accueillir plus de monde. Mais bon, ne boudons pas notre plaisir, les conditions matérielles étaient bonnes.

Je suis arrivé assez en avance, et j'ai pu échanger avec d'autres militants, que je connaissais ou pas, de tous âges et de toute condition, en provenance de toute la France. Certains sont venus de très loin et se sont levés très tôt (notamment de Lyon... Départ à 4h30, ouch!!!!). L'ambiance était vraiment exellente, tout le monde était ouvert, enthousiaste. J'ai également participé au meeting de NDA de lancement de campagne en 2007 à la mutalité, et l'ambiance n'était pas du tout la même: l'instant était solennel, on sentait que quelque chose se passait, il y avait une certaine ferveur, palpable dans la salle et que d'autres que moi avaient ressentie. Là, c'était différent: l'ambiance était moins "recueillie", plus volontaire, on était dans l'élan (je sais c'est bizarre, on reste à sa place dans un meeting), l'espoir. Bien sûr, nous autres militants de Debout la République, nous ne croyons pas que notre candidat sera élu. Mais nous sommes persuadé que Nicolas Dupont-Aignan porte le mieux le discours dont la France a besoin, qu'il portera avec talent nos idées gaullistes et "eurosceptiques". Nous sommes tous certains que NDA vaut mieux et obtiendra mieux que les sondages calamiteux qu'il obtient aujourd'hui (NDA est scotché à 1,5% dans les sondages). Mais, sans prêter atttention aux rumeurs de falsification des sondages, gardons bien à l'esprit que la marge d'erreur de ces sondages est de 3%, ce qui est reconnu par tous. Dès lors que notre score est inférieur à cet étiage, il ne veut strictement rien dire. Le seul verdict qui comptera, ce sera celui des urnes.

Sur la forme et le fond du discours, je vous invite à visionner cette vidéo. Je ne vais pas revenir dessus, à mon avis, et même si comme tout électeur, il y a certains points où je ne suis pas du tout d'accord avec Nicolas Dupont-Aignan, une chose me paraît claire: ceux qui prétendent que NDA est un mauvais orateur n'ont jamais assisté à l'un de ses meetings!

jeudi, mars 15 2012

Lettre ouverte aux militants de François Asselineau

Pour ceux qui ne le connaissent pas, François Asselineau est un ancien haut-fonctionnaire qui depuis quelques années délivre des conférences un peu partout en France où il dénonce de façon radicale et violente la construction européenne, qu’il conteste dans son principe même. Je ne vais pas revenir sur ces conférences, dont personnellement je désapprouve le ton inutilement agressif et complotiste, ceux qui voudront se faire une idée pourront aller en voir les vidéos.

Devant le succès de ses conférences, François Asselineau a créé un club, l’union populaire républicaine. Au départ extrêmement confidentielle, l’audience de ce parti s’est progressivement élargie jusqu’à un bon millier d’adhérents et un nombre conséquent de militants, que l’on peut voir écumer les différents sites internet politiques. Et c’est là d’où vient le problème : se voulant comme les seuls représentants du souverainisme authentique, les militants de l’UPR, mais aussi François Asselineau lui-même, n’ont pas trouvé d’autres moyens de promouvoir leur champion que de dénigrer, insulter et diffamer les autres représentants du souverainisme. Une part non-négligeable de leur énergie passe ainsi dans ce combat fratricide qui est d’autant plus odieux que nombre « d’arguments » employés n’en sont pas réellement mais ressemblent plus à des calomnies et des procès d’intention contre lesquels on ne peut pas grand-chose.

Que voulez-vous répondre à des personnes qui disent que Nicolas Dupont-Aignan (que je soutiens) serait un salaud de traître tandis que François Asselineau serait un parangon de vertu ? Inverser la proposition et leur renvoyer la balle mais en se mettant ainsi à leur niveau ? Argumenter ne sert malheureusement à rien face à une telle fermeture d’esprit : si votre interlocuteur est intimement persuadé de la malhonnêteté de quelqu’un, l’homme est ainsi fait qu’il est presque impossible, même après leur avoir mis sous les yeux toutes les preuves possibles, tous les arguments invocables, de lui faire entendre raison.

Si l’on met de côté les procès d’intention sur l’honnêteté de Nicolas Dupont-Aignan, sur lesquels il n’est malheureusement pas vraiment possible de répondre à part de dire qu’ils ne sont basés que sur des préjugés et des calomnies lancées par ses adversaires, les partisans de François Asselineau n’invoquent en réalité qu’un argument. Il est très simple (voir simpliste, comme vous allez le voir) : selon eux, le projet alter-européen de Nicolas Dupont-Aignan est impossible, y compris juridiquement, à réaliser si la France reste dans l’Union Européenne. La seule solution serait de sortir purement et simplement de l’Union Européenne. En ne le proposant pas, NDA mentirait aux Français.

Ce bref exposé peut parfaitement être combattu par des arguments rationnels. Je vais choisir de le décomposer en deux, en traitant en premier lieu de sa partie pseudo-juridique, qui est une question passablement inintéressante, avant d’aborder la politique, qui est la seule question qui compte.

Je vous rassure tout de suite, je ne vais pas partir dans des considérations juridiques très élevées, tout simplement parce que c’est inutile. Les partisans de l’Union Populaire ont raison sur un point : il n’est pas prévu, juridiquement, de procédure organisée de sortie de l’euro. Mais ils ont totalement tort d’en déduire que c’est du coup impossible. Dire que ce n’est pas prévu juridiquement, ce n’est pas du tout dire que cela ne peut pas arriver. N’oublions pas que le droit est avant tout une technique d’organisation des rapports sociaux, un moyen et non une fin en soi. Le droit n’existe que par la volonté politique de le faire respecter.

Et c’est là où l’on passe à la deuxième partie de la contre-argumentation : rien ne permet aux militants de François Asselineau d’affirmer qu’il est impossible que la France réussisse à convaincre ses partenaires de négocier un nouveau traité acceptable par tous. Mais avant d’aborder ce point, insistons encore sur le juridique, histoire de bien enfoncer le clou.

Je peux en effet également leur opposer un contre-argument: en se gargarisant de la possible sortie de l’Union Européenne, les militants de l’upr oublient que si cette possibilité est bien prévue juridiquement dans les traités, pour autant la procédure de sortie n’est en rien définie. Or, il est bien évident qu’il était possible, avant que ce soit prévu, à un pays de se retirer : on voit mal au nom de quel principe il serait possible de contraindre un Etat souverain de rester contre son gré au sein d’une institution supranationale. Autrement dit, le fameux article 50 ne sert pas à grand-chose, et les militants de François Asselineau ont bien tort de faire de cet article au fond plutôt inutile l’alpha et l’oméga de leur argumentation.

Lorsqu’ils abordent la question de la sortie de l’euro, les militants de l’upr ont également raison sur un point : juridiquement, si la mise en place de l’euro est prévue, sa sortie ne l’est pas et les traités sont rédigés de telle sorte que la seule issue envisageable pour les pays n’appartenant pas à la zone euro est l’adhésion à cette zone.

Pour autant, dire qu’on ne peut pas sortir de l’euro sans sortir de l’Union Européenne au nom de je ne sais quelle disposition imaginaire est abusif, comme expliqué précédemment. Pour la même raison que précédemment : dire que ce n’est pas prévu juridiquement, ce n’est pas dire que c’est impossible. D’ailleurs, il n’existe évidemment pas de procédure d’expulsion de l’Union Européenne : si la France décidait de sortir de l’euro, le fait que ce soit ou non une violation des traités n’a au fond aucune importance : mis devant le fait accompli, les autres Etats et la commission n’auront aucun instrument de contrainte à l’égard de la France. Quant à une éventuelle condamnation par la Cour de Luxembourg, avant que la procédure arrive à son terme, de l’eau aura coulé sous les ponts. Pour désamorcer toute envie de sanction de la part des juges, il suffira d’annoncer que la France émettrait par le biais de sa banque centrale autant d’argent qu’il le faudra pour payer l’amende en monnaie de singe.

J’ajoute enfin que le fait que le Royaume-Uni, la Suède et le Danemark soient hors de l’euro rend politiquement délicat toute sanction à l’égard d’un pays qui en sortirait. Comment justifier devant les démocraties européennes une telle sanction alors que des pays de l’Union Européenne n’ont pas l’euro et ne souhaitent pas l’adopter (ce qui est évident pour le Royaume-Uni) ? C’est évidemment inimaginable.

On en revient donc toujours au même point : les militants de François Asselineau se trompent lorsqu’ils expliquent qu’il est juridiquement impossible de procéder autrement que par la sortie unilatérale de l’Union Européenne.

Revenons donc à la politique, sur laquelle je serai très bref, où là-aussi les militants de l’UPR ont tort de dire qu’il serait impossible d’organiser la sortie de l’euro/la renégociation des traités.

D’abord parce qu’on ne peut pas le savoir avant d’avoir essayé. Ensuite parce que tous constatent la panne des institutions européennes, qui ne fonctionnent plus et n’assurent pas à nos peuples la prospérité promise, terreau favorable à une remise à plat. N’oublions pas également que les traités ont été fréquemment amendés au cours de l’histoire tumultueuse de la construction européenne, ce qui prouve bien que tout n’est pas figé dans le marbre. Ensuite et surtout, n’oublions pas que la France a un rôle politique majeur au sein de l’Europe, au-delà même de son simple poids économique déjà considérable et qu’elle peut avoir, comme par le passé, un rôle moteur. Enfin, que les peuples européens, mais aussi nombre de gouvernements (pensons au Royaume-Uni, à la Hongrie…) ne verraient pas d’un mauvais œil la remise en cause de la technocratie bruxelloise.

Bref, il y a évidemment d’autres chemins que celui de la sortie unilatérale de l’Union Européenne. Entendons-nous bien : je ne conteste pas aux militants de l’union populaire républicaine le droit de préférer cette option, qui est tout à fait respectable. Ce que je leur conteste, c’est la prétention de dire que cette solution est la seule possible, ce qui est à l’évidence faux, comme je viens de le démontrer.

Si malheureusement je n’ai pas réussi à vous convaincre de cesser vos attaques inutiles et contre-productives à l’encontre de Nicolas Dupont-Aignan, je me permets de vous rappeler la situation politique actuelle : L’heure n’est en effet pas de s’étriper sur le comment de la remise en question des institutions européennes, par sortie pure et simple (la voie de l’UPR) ou par refondation (la voie de DLR). L’heure est plutôt à lutter contre ces institutions afin de montrer qu’il faut changer, objectif sur lequel DLR et l’UPR peuvent s’accorder (étant bien entendu que nous ne partageons pas la vision complotiste et passablement extrémiste de l’UPR dans sa critique radicale). Il est d’autant plus ridicule de faire des procès d’intention à Nicolas Dupont-Aignan en critiquant les moyens qu’il compte employer pour refonder l’Union Européenne que tout le monde sait qu’il n’a malheureusement aucune chance d’arriver au pouvoir.

Entendons-nous bien : à aucun moment je n’appelle les militants de François Asselineau à soutenir Nicolas Dupont-Aignan, qui à la différence du premier, sera présent aux élections européennes. Simplement, s’ils pouvaient arrêter leurs critiques haineuses et injustes contre Nicolas Dupont-Aignan, ce serait un grand pas.

Je préviens les éventuels commentateurs que tout commentaire injurieux et diffamatoire sera impitoyablement censuré. A l’inverse, un commentaire critique, même acerbe, est évidemment le bienvenu.

mardi, novembre 15 2011

Le débat sur l'aéroport de Notre Dame des Landes

Par le plus grand des hasards, j'ai été amené à utiliser l'aéroport de Nantes l'été dernier à l'occasion de mes vacances. J'ai ainsi pu avoir un superbe panorama de la plus grande agglomération ligérienne depuis mon hublot, juste avant l'attérissage... C'était vraiment magnifique, on voyait la Brière se découper, la cathédrale et le chateau, l'île feydeau (qui en fait n'est plus une île), les tramway progresser sous la tour de Bretagne... Car l'aéroport de Nantes est situé tout près du centre-ville, à quelques kilomètres seulement. Quelques heures plus tard, j'ai pu m'en apercevoir, attablé dans la terrasse d'un café place du commerce (l'épicentre de la ville): les avions passaient vraiment très près. Heureusement, Nantes Atlantique n'est pas Roissy, et la gêne n'est pas trop pregnante.

Si je vous raconte cela, c'est parce que justement l'aéroport actuel de Nantes, Nantes Atlantique donc, doit fermer d'ici 2017 et être remplacé par un équipement flambant neuf situé à Notre Dame des Landes, une commune un peu plus éloigné, au nord de Nantes. Le site paraît idéal: 20 kilomètres du centre-ville, un accès routier très facile, avec un possible raccordement ferroviaire à la ligne de Nantes-Chateaubriand qui va prochainement être réouverte (aujourd'hui, l'aéroport de Nantes Atlantique est desservi par une ligne de bus dédiée). Comme le site est au nord, il est plus accessible depuis Rennes, dont l'aéroport est beaucoup moins développé, tout en restant sensiblement aussi proche de Saint-Nazaire. Bref, le site offre la possibilité de faire de Nantes la plate-forme aéroportuaire du grand ouest. La rivale, Rennes, n'a pas dit son dernier mot, mais en tous cas cette possibilité existe.

Le plus beau dans ce projet, c'est qu'il est prévu de très longue date et que les réservations foncières ont été faites: les propriétaires ne seront donc pas gênés par le projet, il me semble que les terrains ont aujourd'hui une vocation forestière et agricole exclusivement. Oui mais voilà: depuis le temps qu'on en parlait et qu'on ne le faisait pas, les riverains ont cru que jamais l'aéroport de Notre Dame des Landes ne verrait le jour, et lorsque le projet a été réactivé, le réveil fut brutal. Manifestation, pétitions, lobby des élus... On a vu se déployer tout l'arsenal Nymbiste habituel. Nymbiste vient de l'anglais "Not in my Backyard", ce qui signifie "pas dans mon jardin". Cela traduit le fait, historiquement avéré, que si tous nous sommes collectivement en faveur des investissements utiles mais qui ont des externalités négatives, lorsque nous subissons ces externalités négatives, nous luttons contre ces investissements. Bref, tout le monde veut utiliser l'autoroute, mais personne ne veut qu'il passe sous ses fenêtres.

A la limite, tout cela est très classique et ne devrait pas influer sur le devenir de l'investissement même. L'aéroport actuel gêne des dizaines de milliers d'habitants de Nantes (je dirais au moins cent mille), son potentiel de développement actuel est trop limité, il est même dangereux (il y a quelques années, un avion avait failli se cracher sur la ville): tout milite pour que la résistance prévisible au projet soit balayée.

C'était sans compter les écologistes, qui mènent contre Notre Dame des Landes un combat acharné, si bien qu'ils semblent avoir réussi à au moins infléchir la position des socialistes sur le sujet lors de leurs négociations avec le PS. Rappelons que le maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault, est l'un des soutiens proéminents de François Hollande et qu'il est bien sûr favorable au projet.

Les arguments employés sont totalement farfelus: l'avion serait un mode de déplacement du passé, condamné du fait de la pénurie prochaine de carburant, l'argent devrait être investi dans le ferroviaire plutôt que dans l'aérien etc. Il n'est pas venu à l'idée à ces grands nigauds qu'en attendant, du carburant, il y en avait pour quelques années encore, et que pour faire du Nantes-Londres, ou bien encore Nantes-Nice, Nantes Toulouse sans même parler des destinations plus lointaines, le train n'est pas près de prendre le relais.

Je suis pour ma part trèsconfiant: l'aéroport de Noter Dame des Landes devrait bien se faire, et s'il ne se fait pas, ce ne sera très certainement pas en raison des arguments idiots des verts manipulés par des Nymbistes de base mais bien plutôt en raison de l'agonie des finances publiques. Reste que j'ai vraiment l'impression qu'on marche sur la tête en France et que notre pays est vraiment bloqué, ne marchant vers le progrès que très lentement.

mercredi, novembre 2 2011

La surprise du référendum grec

Aujourd'hui encore, le monde médiatique et politique reste sur le choc de l'annonce du recours au réferendum afin de valider ou non le plan de sauvetage imposé au grec.

Il est évident que l'on ne peut que se réjouir du recours à la démocratie: les gouvernants semblent enfin se rendre compte qu'il n'est pas possible de mener des politiques contre les peuples, sans leur demander leur avis. Il ne s'agit pas ici de dénier tout pouvoir à l'exécutif, qui peut et doit prendre ses responsabilités. Mais les dirigeants grecs ne peuvent pas comme cela s'engager comme clea dans une politique d'austérité d'au moins quinze années sans demander l'avis de leurs concitoyens. Ce qui n'empêche pas que les dirigeants doivent être à même de prendre, si nécessaire, des mesures impopulaires mais indispensables.

Cependant, il est clair que le premier ministre grec a joué un très mauvais tour à ses partenaires européens, et on peut comprendre l'énervement somme toute assez légitime de Nicolas Sarkozy qui voit tout ses efforts mis à néant et qui se retrouve comme un couillon (il n'y a pas d'autre mot malheureusement) à l'occasion du sommet du G20 à Cannes, dont il aurait voulu faire un triomphe diplomatique.

Pourquoi Geoges Papandréou a-t-il fait cela? Est-ce afin de faire pression sur les bailleurs de fonds et obtenir des conditions plus avantageuses pour son pays? Dans ce cas, au vu de la réaction de Nicolas Sarkozy, on peut douter de l'efficacité de cette manoeuvre. Est-ce, comme l'expliquait Jean-Luc Mélenchon, parce que Georges Papandréou a été soumis à une intense pression psychologique dans son pays? L'explication paraît trop naïve pour être crédible. Tente-t-il, par un coup de poker, de retrouver une assise politique dans un pays déboussolé? Tous les sondages indiquent une large victoire du non, ce qui invaliderait toute sa politique (rappelons que c'est Georges Papandréou qui a négocié l'accord, et qu'il le soutient donc). Cette explication ne paraît donc pas très logique, à tout le moins le pari de Papandréou s'assimilerait à l'ultime coup de bluff d'un joueur de poker s'étant fait démasqué plusieurs fois avec une paire de 2 et qui tente à nouveau sa chance avec un 2 et un 7 de couleurs dépareillées...

Dès lors, les explications les plus folles sont permises. Cette annonce a-t-elle un lien avec le brusque changement de tout l'état major de l'armée grecque? Cela paraît fou, d'autant qu'on n'en connaît pas les tenants et aboutissements. Paraît-il que de tels mouvements sont fréquents lors des changements de gouvernements en Grèce...

mardi, septembre 27 2011

Metro: ticket pour une expo

Je suis allé voir ce week-end l'exposition organisée au musée des arts et métiers sur le métro parisien. Autant le dire tout de suite: l'expo est intéressante, mais elle est vraiment un peu léger au niveau contenu: en une demi-heure chrono, vous avez fait le tour.

En fait, l'expo a hésité entre une quatres angles de vue qui avaient pourtant tous leur pertinence : historique, technique, ludique et économique. Le message est donc brouillé, et on ne sait pas bien si le commissaire a voulu parler aux historiens, ingénieurs, enfants et usagers/électeurs. A vouloir faire les quatre, aucun n'est vraiment réussi.

Dès qu'on arrive, c'est un peu le bordel: on présente les systèmes de signalisation, d'exploitation, puis l'histoire, puis l'explication des rails, on bascule dans le ludique avec un simulateur (qui est très amusant, pour l'avoir expérimenté), puis on repasse au matériels roulants, le tout entrecoupé des chiffres de fréquentation...

Pourtant, l'ambition était tout à fait louable: celle de voir tout ce qui se cache derrière le métro, partie visible du système de transport emprunté par des millions d'usagers. Rappelons que le métro transporte chaque jour plus de voyageurs que les rer ou bien encore les bus, et est donc le transport le plus utilisé des parisiens (devant la voiture il me semble).

Hélas, même si on apprend forcément quelque chose, l'ensemble est assez brouillon: sans jamais aller au fond des choses, on aperçoit de ci de là des aspects intéressants, mais sans cohérence d'ensemble.

Par contre, un chantier est présenté de manière tout à fait satisfaisante: il s'agit de l'automatisation de la ligne 1, dont un petit film très bien fait durant moins de cinq minutes résume bien les enjeux. Par la suite, on peut admirer les maquettes du nouveau matériel qui sera progressivement mis en place. Malheureusement, c'est presque à l'autre bout de l'expo (qui n'est tout de même pas bien grande).

Bref, une expo intéressante, mais très brouillonne, qui se visite très vite: une demi-heure à tout casser. Elle a cependant l'avantage d'être assez adaptée aux petits, et je pense spécialement aux petits garçons (contre qui j'ai dû lutter pour avoir ma place sur le simulateur) accompagné de leur père. Le prix est modeste: 5,5 euros, 3,5 euros en tarif réduit (pensez à apporter votre carte fnac si vous en avez une, elle offre l'accès à ce tarif).

Jusqu'au 1er janvier 2012.

jeudi, septembre 1 2011

Non au relativisme

Je ne pense pas être le seul à trouver ce type d'indignations absolument scandaleuses. Un syndicaliste de Sud, Philippe Touzet, fait un parallèle entre l'affrètement par la police d'un tramway pour transporter des roms expulsés et les déportations de la seconde guerre mondiale.

Je précise bien qu'il n'est pas question ici de se prononcer sur le bien fondé de l'expulsion de ces roms ou bien encore de la légalité du procédé. Mais il est pour moi indigne de comparer, ne serait ce qu'en faisant un rapprochement, la déportation vers les camps de concentration et d'extermination nazis avec l'expulsion d'un groupe de personnes installées illégalement. A suivre le "raisonnement" de cet imbécile, je n'hésite pas à employer ce terme s'agissant d'un individu aussi abject, on ne pourrait pas utiliser de tramway dans le secteur en raison de l'utilisation de trains de déportés au cours de la dernière guerre. Je n'ai jamais rien entendu d'aussi débile et je ne vais pas perdre mon temps à répondre à cette idiotie.

Cette intervention est profondément honteuse: d'abord et surtout parce qu'elle galvaude l'importance et la gravité de ce qui s'est passé en France entre 1940 et 1944. Ensuite, parce qu'elle hystérise un peu plus le débat sur un sujet difficile, les gens du voyage, qui n'avait pas besoin de cela. Et ce n'est pas être d'extrême droite que de dire cela, même si cette dernière se délecte de ces polémiques.

Pour ma part, je crois qu'il faudrait absolument qu'on ne laisse plus passer ce type de dérapage odieux. En premier lieu, les médias doivent faire leur travail et interpeller à chaque fois les personnes comme ce Philippe Touzet sur l'énormité de ce qu'ils disent. Et si ce n'est pas suffisant, à faire une loi réprimant pénalement ce type de propos. Entendons-nous bien: je ne suis pas favorable à ces lois "d'opinion". Maintenant, elles existent, tant qu'à en subir, autant avoir un système cohérent!!

mercredi, juin 1 2011

Visiter le centre national des opérations ferroviaires

Le tourisme industriel est la grande mode de ces dernières années… C'est donc avec plaisir que je m'en vais vous conter ma petite visite de l'une des plus industrielles des grandes entreprises françaises, la SNCF. Malheureusement, j'ai déjà effectué cette visite il y a quelques semaines, j'espère me rappeler avec exactitude des explications et ne pas dire trop de bêtises.

J'ai eu la chance de visiter il y a peu ce centre (qui n'a rien d'industriel), situé à Paris près de la Gare de l'est. Le Centre National des Opérations Ferroviaires (CNOF) est une sorte de tour de contrôle de la régulation des circulations ferroviaires. Enfin pas tout à fait, puisque ce n'est pas ce centre qui commande les aiguillages ou quoi que ce soit. En réalité, le centre est surtout utile dans la résolution des nombreuses et inévitables situations de crises: une panne électrique, un accident grave à un passage à niveau, une panne de matériel… Tous ces événements entraînent dans le monde ferroviaire des réactions en chaîne extrêmement complexes qu'il faut rapidement démêler à moins d'atteindre rapidement le chaos: trouver des itinéraires de substitution, amener le matériel afin de solutionner le problème, informer les gares… C'est tout le travail de coordinnation assuré par le CNOF (encore que je n'ai pas bien tout compris).

Pour visiter, rien de plus simple: il suffit de s'inscrire sur internet, on vous proposera des dates par courriel et votre place sera réservée. La visite est gratuite, il ne faut vraiment pas hésiter. On m'offre une place à 11h, je préviens que j'ai un rendez-vous et que je rentrerai après le déjeuner, la visite durant une petite heure, et c'est parti! L'accueil est très professionnel: la visite a lieu dans un lieu de réélle vie professionnelle, et les touristes en t-shirt détonnent un peu au milieu de personnes manifestement en rendez-vous professionnels. Heureusement pour moi, je suis en costume-cravate impeccable, et je ne fais pas trop tâche, je suis même limite trop classe.

Pour autant que je m'en souvienne, la visite se déroule en trois parties: une séance d'introduction, puis une séance de vidéo présentant le CNOF et montrant un exercice de simulation de crise, avant enfin de voir la salle de contrôle (celle que l'on aperçoit sur le site internet du CNOF). Ces deux dernières étapes sont interchangeables, puisque le groupe est divisé en deux.

Je ne vais pas vous raconter le détail de ma visite, d'abord parce que je ne m'en souviens plus bien et que je ne voudrais pas dire trop de bêtises, ensuite et surtout parce que je cherche simplement à vous donner envie de m'imiter. Je peux tout de même vous dire que la visite était extrêmement intéressante et qu'on apprend beaucoup sur la SNCF et sur les contraintes que cette dernière subit, ce qui nous invite tous à être plus indulgents vis-à-vis des éventuels retards. Le système ferroviaire est en effet extrêmement complexe, et une grande partie des retards sont au départ dûs à des causes externes à la SNCF. S'agissant des accidents de personne (qui dans l'immense majorité des cas, sont en fait des sucides), c'est la réglementation qui a allongé inconsidéremment les délais de remise en service (le temps de déplacer les services d'urgences qui la plupart du temps ne font que constater le décès, et surtout la police), ce qui fait qu'en moyenne, il faut à peu près trois heures pour rouvrir la voie à la circulation.

Bref, on apprend beaucoup sans que cela soit rébarbatif, et on voit de ses propres yeux comment travaillent les ingénieurs de la SNCF. La visite valait beaucoup pour les explications de nos guides très compétents : j'ai suivi une personne qui faisait partie de la communication de la SNCF, tandis que l'autre groupe suivait une personne un peu plus âgée, qui visiblement avait été un opérationnel du CNOF (enfin de ses ancêtres) et était vraiment passionnant.

Le groupe était d'une taille modeste: il y avait là trois retraités de la SNCF, anciens mécaniciens visiblement, des mamies emmenant leurs petits-enfants faire une visite culturelle (on était alors en période de vacances scolaires), des quidams comme moi. Bref, c'était très sympa sauf LE cas de la journée. La cinquantaine, un corps sec d'alcoolique, atifé comme un clochard, le haut du crâne dégarni mais de longs cheveux gras filasses et bouclés (si, si, c'est possible), traînant un sac à dos d'une marque d'adolescent n'allant pas du tout avec le reste du personnage, je l'ai assez vite repéré. Et ce mec a été une véritable catastrophe pendant toute la visite. Il se fait très vite remarquer pendant l'introduction, en émettant des commentaires sacarstiques sur la notion de service public. Il enchaîne assez rapidement sur le gouvernement ultra-libéral qui nous opprime. Le tout avec un sans-gêne incroyable, ne se limitant pas à la séance de questions mais n'hésitant pas à couper nos guides au beau milieu de leurs explications. Au départ, avec sa première intervention, il s'attire des commentaires approbateurs de nos trois retraités (et tout comme eux, je suis attaché à la défense du service public), mais assez rapidement, devant son outrance, ils se tiennent coi et essayent de l'ignorer… Ce qui ne va pas être évident! Il repart de plus belles dans ses questions à la con, commente celle des autres et les réponses des guides…Tout le monde le prend assez rapidement en grippe, à commencer par la guide qui se décide enfin à le recadrer en lui expliquant qu'elle travaille pour la SNCF et que son rôle se limite à présenter la SNCF et le CNOF. A l'issue d'une de ses saillies (où il pestait contre l'UE affamant le peuple, alors que l'on parlait de son rôle dans la sécurité ferroviarie), j'échange un sourire amusé avec l'une des mamies excédée par cet imbécile arrogant nous infligeant ses pitoyables réflexions sur le monde. A un moment, il s'est même laissez aller à dire que tous les ingénieurs étaient incompétents et qu'il faudrait laisser plus de place aux seuls ouvriers qui seuls connaissent les réalités terrain!! Là, je n'ai pas pu me retenir, et je lui ai demandé si vraiment, en France, tous les ingénieurs étaient incompétents. La guide a heureusement coupé sa réponse (affirmative, je le crains), en lui demandant de faire moins de bruit tandis que tous les autres participants riaient sous cape.

Mais à part ce petit désagrément, la visite s'est révélée vraiment très profitable, et je vous conseille vivement d'aller découvrir le CNOF!

samedi, janvier 8 2011

Otages et médiatisation

Je ne suis sans doute pas le seul à être très gêné par la médiatisation du sort des otages de France 2, à l'heure où deux Français viennent d'être enlevés et tués au Niger. Tous les jours, le 20 heures de France2 nous rappelle leur cas. Cette médiatisation est-elle efficace?

Je ne le crois pas. Nous sommes tous au courant que ces journalistes ont été enlevé il y a de cela plus d'une année. Si à la limite, je comprendrais qu'on rappelle ce fait à quelques échéances régulières (par exemple tous les mois), tous les jours, c'est vraiment excessif. Car à quoi cela sert-il? Que pouvons nous faire, simples citoyens, vivant à des milliers de kilomètres de là où ces otages sont retenus? Faire des sitting? Défiler dans la rue? Cela ne sert strictement à rien, si ce n'est à confirmer les ravisseurs dans le fait que leur enlèvement est utile à leur cause.

Bref, cela ne fera que renforcer les ravisseurs (actuels et futurs) dans leur résolution, rendra encore plus coûteux la libération de leurs otages et ne peut que compliquer la tâche des autorités diplomatiques et militaires françaises.

Cette logique est même profondément malsaine, et ce à deux égards. D'abord parce qu'elle sous-entend que la pression médiatique est indispensable à ce que l'Etat se démène afin de faire libérer ses ressortissants. En somme, les proches des victimes espèrent que la pression populaire forcera les politiques à agir, à tout faire pour que les otages soient libérés. L'intention est louable d'une certaine manière, mais elle est finalement très perverse, puisque l'on intériorise que l'Etat et ses agents ne feraient rien si ce n'était pas le cas, qu'ils ne feraient donc pas leur travail s'il n'y avait aucune pression extérieure.

Elle est malsaine pour une autre raison: aujourd'hui, il y a une petite dizaine d'otages français dans le monde. Mais tous les Français ne sont capables de n'en citer que deux noms: celui des journalistes. Les autres, personne ne les connaît. Alors même si aux informations, le nom de ces deux personnes est souvent accompagné de la mention d'autres otages, il ne faut pas être dupe: il y a bien une part de défense corporatiste dans ce fait, et il est évident que certains otages sont plus importants que d'autres. Alors pourtant que la présence de ces deux journalistes, non spécialiste de la zone où ils se sont fait capturés, n'était probablement pas indispensable (à la différence des deux derniers journalistes capturés en Irak). Ils ne nous auraient rien appris de nouveau. Tout le monde sait que l'Afghanistan n'est pas sorti de l'auberge. L'un des autres otages, en Somalie, était par contre en mission pour les services secrets français. Est-il moins légitime que les deux journalistes?

lundi, décembre 13 2010

La monétisation des dettes publiques

Les Français connaissent assez mal les problématiques économiques, souvent présentées de façon uniquement anxiogène par les médias, et ce dans un véritable charabia incompréhensible du commun des mortels derrière lequel se réfugient la plupart des journalistes, alors qu’ils sont bien souvent dépassés par leur sujet.

Ce terreau est évidemment fertile au développement de tous les fantasmes, aiguisés aujourd’hui par le contexte de crise que nous vivons ou plutôt subissons. Le sujet des dettes publiques et de la création monétaire embrase ainsi internet depuis quelques temps déjà. Des vidéos polémiques expliquant aux internautes que la dette publique serait une arnaque, au premier rang desquels « l’argent dette » de Paul Grignon obtiennent ainsi un certain succès. Sur internet, on voit de plus en plus des commentaires et des articles dénonçant la fameuse loi de 1973 renommée loi "Pompidou-Rothschild" (parce que Pompidou aurait travaillé dans cette banque), sur le thème de ces salauds de banquiers juifs escroquant le bon peuple français. Et au sein des internautes gravissant autour du blog de NDA, ce type de thèses rencontre un succès croissant, si bien que j’ai participé à une discussion un peu trop musclée à mon goût.

Je vais donc essayer, dans une prose que je souhaite la plus lisible et claire possible, sans jargon économique inutile, d’expliquer quelque peu le problème de la monétisation des dettes publiques.

Y a-t-il une arnaque à la dette publique ?

Bien sûr que non. Les marchés financiers prêtent aux Etats en contrepartie d’un intérêt. Il n’y a donc absolument pas d’arnaque : l`Etat indemnise ses prêteurs comme n’importe quel emprunteur. L’utilisation de l’argent dans le temps a un prix, et ce prix, c’est le taux d’intérêt.

L’intérêt rémunère en réalité deux choses : le coût d’immobilisation de l’argent et le risque de non remboursement. En effet, les prêteurs ont devant eux plusieurs choix d’investissements : si l’Etat ne propose pas d’intérêts, personne ne souscrira à sa dette. D’autre part, le prêteur prend un risque : celui de ne pas être remboursé. Il est donc normal que plus l’emprunteur soit susceptible de faire défaut, plus le taux d’intérêt exigé de lui soit élevé.

C’est extrêmement simple, tout le monde doit pouvoir se mettre d’accord avec ces propositions.

Pourquoi l’Etat ne peut-il pas emprunter directement auprès de sa banque centrale ?

Tout simplement parce que c’est aujourd’hui interdit. Cette interdiction résulte de dispositions législatives et du fameux article 123 du Traité de Lisbonne (voir ci-dessous). Nous allons voir ensuite pourquoi cette interdiction, s'il est souhaitable d'y mettre un terme, n'a rien du scandale que certains voudraient décrire.

Que disent les fameux articles 123 du Traité de Lisbonne (TFUE) et la loi française?

Ils disent plus ou moins la même chose, contentons-nous de L’article L. 141-3 du Code monétaire et financier (dont sa forme actuelle date de 1993). Il dispose qu’« il est interdit à la Banque de France d'autoriser des découverts ou d'accorder tout autre type de crédit au Trésor public ou à tout autre organisme ou entreprise publics. L'acquisition directe par la Banque de France de titres de leur dette est également interdite.»

Cet article est vraiment très clair, l’article 123 du traité de Lisbonne est de la même veine. La plupart des gens devraient les lire au lieu de croire sur parole les horreurs qu'on leur attribue.

Très concrètement, cela signifie l’interdiction de la monétisation directe des finances publiques, autrement dit que la Banque centrale achète la dette publique dès son émission. Nous allons voir que si la fin de cette interdiction est souhaitable, elle ne résoudra pas d’un coup de baguette magique le problème de la dette et des déficits publics comme certains voudraient nous le faire croire.

Est-ce que cette disposition a un grand impact ?

En fait, cette interdiction n’a pas un impact si grand que cela. Tout simplement parce que si la monétisation directe est interdite, la monétisation indirecte (c'est-à-dire que la Banque Centrale rachète de la dette publique déjà existante) reste autorisée. La BCE l’a d’ailleurs pratiqué dernièrement, alors qu’elle ne le faisait pas auparavant.

Et il n’y a pas de grandes différences entre monétisation directe et indirecte : dans les deux cas, l’effet est le même. La seule différence, c’est que la dette de l’Etat doit d’abord être souscrite par les marchés financiers avant d’éventuellement être rachetée par la BCE (je sais, je sais, je simplifie outrageusement). Dans les deux cas, une fois la dette rachetée, l’Etat ne paye plus d’intérêts.

En bref, ceux qui se focalisent sur l’article 123 sont assez ridicules, puisque l'opération qu'ils prétendent impossible est en fait autorisée et parfois pratiquée.

L’Etat ne pourrait-il pas se financer gratuitement auprès de sa banque centrale ?

En principe, il serait possible que la Banque de France accorde un prêt à l’Etat. Qu’il soit rémunéré ou non n’a absolument aucune importance puisque la Banque de France appartient à l’Etat. Mais c’est justement à ce niveau que se situe le problème : si l’Etat emprunte à la Banque de France, en fait il s’emprunte à lui-même.

Et tout le monde peut comprendre que s’emprunter de l’argent n’a absolument aucun sens économique pour tous les acteurs économiques. En réalité, l’endettement de l’Etat n’est donc pas financé. Comment se traduit concrètement ce déséquilibre ? Par l’inflation : comme la quantité de monnaie disponible augmente sans qu’il y ait une augmentation de richesse correspondante, les prix montent. Autrement dit, il y a plus de monnaie pour toujours autant de biens : le prix des biens augmente donc et le « prix » de la monnaie baisse.

En effet, l’Etat n’est pas un acteur comme les autres : c’est lui qui émet garantit la valeur de la monnaie. J’imagine que vous comprenez le danger : il peut donc, pour financer ses besoins, choisir d’émettre de la monnaie nouvelle. C’est ce qu’on appelle la planche à billets.

Ne pourrait-on pas retirer de la monnaie par ailleurs?

C'est ce que certains proposent, en projetant de limiter la quantité de monnaie émise par les banques privées. Le seul problème, c'est que cela va avoir un impact extrêmement sévère sur l'économie réélle: concrètement, les particuliers et les entreprises emprunteront beaucoup plus difficilement. Ce n'est évidemment pas la voie à suivre, alors que les pme se plaignent de ne pas réussir à se financer dans des conditions normales, si bien qu'il a été nécessaire d'instaurer ce fameux médiateur du crédit.

Ne pourrait-t-on pas justement supporter cette inflation ?

Les trente glorieuses, période où la France a connu une forte croissance, ont coïncidé généralement avec une inflation forte. Aujourd’hui, l’inflation est très faible. Ne pourrait-on pas accepter une inflation plus élevée alors que la crise exerce des pressions inverses, déflationnistes ?

C’est évidemment tentant. Sauf que le gros risque, c’est d’avoir l’inflation sans la croissance. 1973, date retenue par les contempteurs de la loi « Pompidou-Rothschild », marque justement le premier choc pétrolier et la fin de la période des trente glorieuses, avec l’entrée de la stagflation, c’est à dire l’inflation sans la croissance.

Le risque, c’est également que l’inflation s’emballe et dérive vers une hyperinflation. Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que la stabilité de la monnaie, c'est avant tout une question de confiance. Rompre cette confiance peut donc donner à des politiques ayant en fait un impact limité en soi des effets dévastateurs.

Il ne faut pas oublier non plus que l'inflation a des effets redistributeurs. Il baisse les revenus de l'épargne. Pas de problème me diront certains, en considérant la figure du rentier petit et grand bourgeois, c'est l'effet recherché. Sans rentrer dans ces considérations assez discutables (l'inflation est en général plus durement supportée par les petits épargnants), il est cependant indiscutable qu'au delà d'un certain seuil, cet effet redistributeur devient destabilisant, menaçant la confiance en l'économie d'une grande partie de la population. Ce qui n'est évidement pas bon. Avec la mondialisation, les pressions sur les salaires seront toujours très fortes, même après des mesures correctrices. Il n'est pas sûr que les salaires suivent (par contre, le smic, c'est automatique)...

Au delà de cela, la simple hausse des prix a un effet destabilisateur. Les prix sont en effet le principal signal envoyé par les marchés aux différents acteurs économiques. Si l'on perd confiance dans leur valeur, c'est source d'incertitude et donc de problèmes. On parle également des coûts de changement d'étiquettes ou de menus: si l'inflation est forte, il faut recalculer très souvent ses prix...

Debout la République tient une formule qui est je crois équilibrée : nous remettons en cause les articles 123 du Traité de Lisbonne et L. 141-3 du Code monétaire et financier, nous offrant ainsi la possibilité de financer l’Etat par la création monétaire. Même si nous n'utilisons pas cette possibilité, cela nous donnerait un moyen de négociation supplémentaire par rapport aux marchés financiers. Par contre, il me paraît évident que cette possibilité restera malheureusement limitée et que cela ne pourra que servir d’appoint.

Mais les Banques privées ne créent-elles pas également de la monnaie et ainsi de l’inflation ? Financer l’Etat par les banques privées ou centrales n’aurait-il pas le même effet inflationniste ?

Non, ce n’est pas la même chose, puisque comme je l’ai expliqué plus haut, lorsque l’Etat emprunte à la banque centrale, il s’emprunte à lui-même en réalité. Il n’y a donc pas de contrepartie, c’est cela qui créé l’inflation.

Dans les vidéos précitées, le fait que lorsque les banques prêtent, elles créent de la monnaie pour se faire est présenté de manière révolutionnaire. C’est absurde, puisque c’est tout à fait normal. N’importe quel élève de 1ère ES (et même, si mes souvenirs sont bon, de 2nde avec une initiation à l’économie) le sait. Ce qu’en général ces vidéos oublient de dire, c’est que lorsque le prêt est remboursé, la monnaie créée est détruite. Ce qui est inflationniste, ce n’est donc pas le fait d’accorder un prêt, mais le fait d’en accorder plus qu’auparavant.

Si vous n’avez toujours pas compris pourquoi le financement de l’Etat par la Banque centrale est plus inflationniste, oubliez ce que je viens de dire et considérez ceci :

Aujourd’hui, lorsque l’Etat se finance, il ne souscrit pas à un prêt auprès des banques. En fait, il émet des titres de dettes, dont les banques ne possède qu’une petite partie (en France, c’est moins de 20%). La dette publique est très souvent détenue par tous les Français, par le biais de leur assurance-vie par exemple. Il n’y a donc pas de création monétaire, mais l’achat de titres de dettes…

Ne pourrait-on pas financer les projets d’investissement de l’Etat par la création monétaire ?

Le problème, c’est que le budget de l’Etat est un tout, comme tous les budgets. L’Etat est une personne juridique comme une autre de ce point de vue là. Que les déficits soient égaux aux investissements d’avenir n’a pas d’influence directe sur l’impact inflationniste. A cet égard, certains propos de Nicolas Dupont-Aignan sont assez regrettables puisqu’ils semblent valider cette théorie. Sa logique pour moi n'est pas bonne: il souhaite utiliser la monétisation pour lancer des investissements d'avenir. Pour moi (et c'est ainsi que le pratiquent les pays qui en use il me semble), la monétisation est d'abord un outil de régulation monétaire qui accessoirement permet de réduire la dette publique. Mais bon, au final, si en même temps on lance des grands investissements et que comme je viens de vous l'expliquer, l'on considère que l'Etat est un tout, on peut comprendre le raccourci de Nicolas Dupont-Aignan.

Comment le rejet de l’interdiction de la monétisation directe s’inscrit dans le programme de DLR ? Quid de l’inflation ?

Il ne faut pas oublier qu’à DLR, nous prônons un certain nombre de mesure qui auront un effet inflationniste (augmentant le niveau des prix).

Ainsi, nous prônons la sortie de l’euro, notamment parce que nous estimons que l’euro est trop cher pour l’économie française. Nous souhaitons donc une monnaie nationale dévaluée. Il y aura donc, mécaniquement, une inflation, une hausse des prix de nombre de produits importés. Et une hausse importante, il faut bien s’en rendre compte. On estime à 30% la hausse des coûts de production en France par rapport à l’Allemagne. Il faut donc s’attendre à une baisse d’au moins 30% de la nouvelle monnaie et une hausse corrélative des biens importés, qui au bas mot doivent représenter 20% de notre PIB et une part plus importante encore des produits manufacturés consommés en France. Cela donne une hausse générale des prix de 6% (20% des produits et services augmentant de 30%).

A cela s’ajoute la TVA sociale. Pour que cette mesure soit efficace, il faudrait porter la TVA à 25%, c’est encore 5% de hausse des prix. On additionne les deux, et cela donne une inflation à potentielle à 11%...

Dans ces conditions, il est évident que nous ( et là c'est ma propre déductions, je n'engage pas DLR) ne pourrons pas aller très loin dans la création monétaire. Car l’inflation a un coût très important, bouleversant l’allocation des revenus et suscitant bien entendu des tensions sociales. Elle reste très dangereuse. A 11%, les risques d’emballement sont très importants, c’est évident.

Est-il possible de rembourser la dette publique par financement direct de l'Etat par la Banque Centrale en 15 ou 17 ans ?

Dans l’absolu, c’est possible, bien sûr, au prix d'une forte inflation. Il est évidemment possible de tout financer par la planche à billets. Reste qu'il faudra alors payer le prix d'une telle politique, que personnellement je trouve suicidaire.

Pour vous faire bien comprendre, voici en gros ce à quoi revient une forte inflation (et ça a existé, il ne faut pas croire que c'est un cas d'école). On peut donc par exemple décréter qu'il suffit que 1 000 euros anciens égalent un nouvel euro et interdire la conversion des titres de dettes. Pas de problèmes, on arrivera alors à rembourser. Sauf que bien entendu, les créanciers (et nous avons vu que ce n'était pas simplement les grandes méchantes banques) sont spoliées. Au delà de l'évidente injustice qui pèserait sur ces malheureux créanciers, la confiance dans l'économie serait anihilée. Je crois que cette solution serait dévastatrice pour la France, anéantissant l'épargne de tous les acteurs économique. C'est évidemment impossible.

En fait, il y a deux mécanismes: en rachetant les titres de sa dette publique, l'Etat annule sa dette. Ce faisant, il créé de l'inflation qui mécaniquement baisse la valeur réélle des dettes restantes (à la condition que les titres de dettes ne prennent pas en compte cette inflation, certains ne le font pas. Mais ils sont je crois minoritaires).

Concrètement, la France est endettée aujourd’hui à hauteur de 85% de son PIB. Cela signifie que, si l'on voulait rembourser en une année la dette publique, il faudrait y consacrer plus dix mois et qu'il ne resterait de disponible que deux malheureux mois pour subvenir à ses besoins.

85% du montant cumulé de sa dette donc. Or, les déficits sont aujourd'hui autour de 6% du PIB, il faut tout de même prendre en compte cela. La dette publique, c'est 1650 milliards d'euros. Vous comprenez bien que vouloir effacer la dette publique en 15 ans par la création monétaire revient donc à vouloir créer une masse considérable de monnaie. Prétendre que l'on peut financer ainsi la dette publique sans avoir de graves conséquences, c’est donc n’importe quoi, il n’y a pas d’autres mots.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur la monétisation, qui n'est pas sans poser quelques problèmes. Jusqu'ici, les réactions à mon papier n'ont pas été à la hauteur, à l'exception de Laurent Pinsolle (mais qui en fait, même s'il ne s'en rend pas compte, est complètement d'accord avec moi et en désaccord avec les adeptes de la monétisation remède miracle, qu'il ménage pourtant parce qu'il les connaît). N'hésitez pas à me faire part de vos réflexions. Je publierai toute réaction argumentée, y compris très critique.

vendredi, octobre 29 2010

Un sondage sur internet intéressant

Une fois n’est pas coutume, j’ai trouvé très intéressant un sondage sur internet réalisé par le jdd sur la personnalité de Georges Frêche. Je vous le reproduis ici ainsi que ses résultats au 29 octobre à 11h15. Il y avait alors 4664 votants, ce qui est assez peu il est vrai.

 

Pour vous, Georges Frêche était...

Un baron local mégalomane (30%)

Un homme au parler vrai (17%)

Un politique proche du peuple et loin des élites parisiennes (16%)

Un grand maire de Montpellier (13%)

Un homme intègre, fidèle à ses principes (8%)

Un homme brusque et raciste (8%)

Un bon vivant que ses excès ont emporté (8%)

 

Je connaissais très peu Georges Frêche et je n’ai malheureusement jamais vu Montpellier autrement que sur les sympathiques vidéos du trublion Rémi Gaillard. En fait, je n’ai entendu parler de Georges Frêche que par un ami Montpelliérain exilé à Paris, et par un proche qui l’a côtoyé brièvement à titre professionnel. Et bien sûr les médias. L’impression que j’en ai retiré, c’est qu’il fait beaucoup pour Montpellier, mais que c’était un véritable satrape. On m’a ainsi rapporté une réunion ou M. Frêche a humulié publiquement Jean-Claude Gayssot (alors vice-président de la région Languedoc-Roussillon)… Ce dernier, présent, n’a même pas relevé et se serait répandu en flatteries flagorneuses. Vous comprenez donc que j’ai voté à l’instar de la majorité des internautes.

 

Pour une fois, j’ai trouvé l’éventail des propositions assez juste, même si chacune d’entre elles était assez orientée. Mais bon, tout n’est pas parfait : par exemple, on peut considérer qu’il est possible d’être un politique proche du peuple tout en ne s’éloignant pas des élites parisiennes (j’ai toujours eu du mal avec le populisme anti-élite).

 

En tous les cas, l’enseignement de ce sondage est intéressant : les réponses que l’on peut considérer comme émettant un jugement positif à l’égard de l’action et de la personnalité de Georges Frêche sont largement majoritaires, regroupant plus de 60% des internautes. Surtout, le matraquage des médias sur les dérapages (pourtant réels) répétés de l’ancien maire de Montpellier ne passe pas : seuls 8% des votants jugent que « Georges Frêche était [et il faut rajouter avant tout] un homme brusque et raciste ». Et ça, je crois vraiment que cela mérite d’être noté.

 

mardi, septembre 7 2010

Des hommes et des Dieux

J’ai eu la chance de pouvoir assister à une présentation en avant première ce soir du nouveau film de Xavier Beauvois, Des hommes et des Dieux. Précédé d’une critique élogieuse, primé à Cannes par le Grand prix du Jury (d’aucuns pensent qu’il aurait dû obtenir la palme d’or, le Grand prix du Jury étant en général considéré comme récompensant le finaliste malheureux), j’avais hâte de voir ce film.

 

Son sujet est grave : la vie des moines cisterciens de Tibhirine, dont 7 (sur les neuf présents) ont été enlevés puis assassinés dans des circonstances qui aujourd’hui encore ne sont pas totalement éclaircies. Le film cherche à expliquer leur démarche, le sens de leur engagement  dans un pays où leur vie était devenue menacée.

 

Pas besoin de faire de long discours donc. Ce film exigeant est touché par la grâce, les acteurs sont tous plus justes les uns que les autres et je n’ai qu’une seule chose à vous dire : courrez voir ce film !!!

mardi, mai 25 2010

Faut-il mettre fin à l’anonymat des blogs ?

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