Expositions, droit et économie

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mardi, novembre 15 2011

Le débat sur l'aéroport de Notre Dame des Landes

Par le plus grand des hasards, j'ai été amené à utiliser l'aéroport de Nantes l'été dernier à l'occasion de mes vacances. J'ai ainsi pu avoir un superbe panorama de la plus grande agglomération ligérienne depuis mon hublot, juste avant l'attérissage... C'était vraiment magnifique, on voyait la Brière se découper, la cathédrale et le chateau, l'île feydeau (qui en fait n'est plus une île), les tramway progresser sous la tour de Bretagne... Car l'aéroport de Nantes est situé tout près du centre-ville, à quelques kilomètres seulement. Quelques heures plus tard, j'ai pu m'en apercevoir, attablé dans la terrasse d'un café place du commerce (l'épicentre de la ville): les avions passaient vraiment très près. Heureusement, Nantes Atlantique n'est pas Roissy, et la gêne n'est pas trop pregnante.

Si je vous raconte cela, c'est parce que justement l'aéroport actuel de Nantes, Nantes Atlantique donc, doit fermer d'ici 2017 et être remplacé par un équipement flambant neuf situé à Notre Dame des Landes, une commune un peu plus éloigné, au nord de Nantes. Le site paraît idéal: 20 kilomètres du centre-ville, un accès routier très facile, avec un possible raccordement ferroviaire à la ligne de Nantes-Chateaubriand qui va prochainement être réouverte (aujourd'hui, l'aéroport de Nantes Atlantique est desservi par une ligne de bus dédiée). Comme le site est au nord, il est plus accessible depuis Rennes, dont l'aéroport est beaucoup moins développé, tout en restant sensiblement aussi proche de Saint-Nazaire. Bref, le site offre la possibilité de faire de Nantes la plate-forme aéroportuaire du grand ouest. La rivale, Rennes, n'a pas dit son dernier mot, mais en tous cas cette possibilité existe.

Le plus beau dans ce projet, c'est qu'il est prévu de très longue date et que les réservations foncières ont été faites: les propriétaires ne seront donc pas gênés par le projet, il me semble que les terrains ont aujourd'hui une vocation forestière et agricole exclusivement. Oui mais voilà: depuis le temps qu'on en parlait et qu'on ne le faisait pas, les riverains ont cru que jamais l'aéroport de Notre Dame des Landes ne verrait le jour, et lorsque le projet a été réactivé, le réveil fut brutal. Manifestation, pétitions, lobby des élus... On a vu se déployer tout l'arsenal Nymbiste habituel. Nymbiste vient de l'anglais "Not in my Backyard", ce qui signifie "pas dans mon jardin". Cela traduit le fait, historiquement avéré, que si tous nous sommes collectivement en faveur des investissements utiles mais qui ont des externalités négatives, lorsque nous subissons ces externalités négatives, nous luttons contre ces investissements. Bref, tout le monde veut utiliser l'autoroute, mais personne ne veut qu'il passe sous ses fenêtres.

A la limite, tout cela est très classique et ne devrait pas influer sur le devenir de l'investissement même. L'aéroport actuel gêne des dizaines de milliers d'habitants de Nantes (je dirais au moins cent mille), son potentiel de développement actuel est trop limité, il est même dangereux (il y a quelques années, un avion avait failli se cracher sur la ville): tout milite pour que la résistance prévisible au projet soit balayée.

C'était sans compter les écologistes, qui mènent contre Notre Dame des Landes un combat acharné, si bien qu'ils semblent avoir réussi à au moins infléchir la position des socialistes sur le sujet lors de leurs négociations avec le PS. Rappelons que le maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault, est l'un des soutiens proéminents de François Hollande et qu'il est bien sûr favorable au projet.

Les arguments employés sont totalement farfelus: l'avion serait un mode de déplacement du passé, condamné du fait de la pénurie prochaine de carburant, l'argent devrait être investi dans le ferroviaire plutôt que dans l'aérien etc. Il n'est pas venu à l'idée à ces grands nigauds qu'en attendant, du carburant, il y en avait pour quelques années encore, et que pour faire du Nantes-Londres, ou bien encore Nantes-Nice, Nantes Toulouse sans même parler des destinations plus lointaines, le train n'est pas près de prendre le relais.

Je suis pour ma part trèsconfiant: l'aéroport de Noter Dame des Landes devrait bien se faire, et s'il ne se fait pas, ce ne sera très certainement pas en raison des arguments idiots des verts manipulés par des Nymbistes de base mais bien plutôt en raison de l'agonie des finances publiques. Reste que j'ai vraiment l'impression qu'on marche sur la tête en France et que notre pays est vraiment bloqué, ne marchant vers le progrès que très lentement.

mercredi, novembre 2 2011

La surprise du référendum grec

Aujourd'hui encore, le monde médiatique et politique reste sur le choc de l'annonce du recours au réferendum afin de valider ou non le plan de sauvetage imposé au grec.

Il est évident que l'on ne peut que se réjouir du recours à la démocratie: les gouvernants semblent enfin se rendre compte qu'il n'est pas possible de mener des politiques contre les peuples, sans leur demander leur avis. Il ne s'agit pas ici de dénier tout pouvoir à l'exécutif, qui peut et doit prendre ses responsabilités. Mais les dirigeants grecs ne peuvent pas comme cela s'engager comme clea dans une politique d'austérité d'au moins quinze années sans demander l'avis de leurs concitoyens. Ce qui n'empêche pas que les dirigeants doivent être à même de prendre, si nécessaire, des mesures impopulaires mais indispensables.

Cependant, il est clair que le premier ministre grec a joué un très mauvais tour à ses partenaires européens, et on peut comprendre l'énervement somme toute assez légitime de Nicolas Sarkozy qui voit tout ses efforts mis à néant et qui se retrouve comme un couillon (il n'y a pas d'autre mot malheureusement) à l'occasion du sommet du G20 à Cannes, dont il aurait voulu faire un triomphe diplomatique.

Pourquoi Geoges Papandréou a-t-il fait cela? Est-ce afin de faire pression sur les bailleurs de fonds et obtenir des conditions plus avantageuses pour son pays? Dans ce cas, au vu de la réaction de Nicolas Sarkozy, on peut douter de l'efficacité de cette manoeuvre. Est-ce, comme l'expliquait Jean-Luc Mélenchon, parce que Georges Papandréou a été soumis à une intense pression psychologique dans son pays? L'explication paraît trop naïve pour être crédible. Tente-t-il, par un coup de poker, de retrouver une assise politique dans un pays déboussolé? Tous les sondages indiquent une large victoire du non, ce qui invaliderait toute sa politique (rappelons que c'est Georges Papandréou qui a négocié l'accord, et qu'il le soutient donc). Cette explication ne paraît donc pas très logique, à tout le moins le pari de Papandréou s'assimilerait à l'ultime coup de bluff d'un joueur de poker s'étant fait démasqué plusieurs fois avec une paire de 2 et qui tente à nouveau sa chance avec un 2 et un 7 de couleurs dépareillées...

Dès lors, les explications les plus folles sont permises. Cette annonce a-t-elle un lien avec le brusque changement de tout l'état major de l'armée grecque? Cela paraît fou, d'autant qu'on n'en connaît pas les tenants et aboutissements. Paraît-il que de tels mouvements sont fréquents lors des changements de gouvernements en Grèce...

mardi, septembre 27 2011

Metro: ticket pour une expo

Je suis allé voir ce week-end l'exposition organisée au musée des arts et métiers sur le métro parisien. Autant le dire tout de suite: l'expo est intéressante, mais elle est vraiment un peu léger au niveau contenu: en une demi-heure chrono, vous avez fait le tour.

En fait, l'expo a hésité entre une quatres angles de vue qui avaient pourtant tous leur pertinence : historique, technique, ludique et économique. Le message est donc brouillé, et on ne sait pas bien si le commissaire a voulu parler aux historiens, ingénieurs, enfants et usagers/électeurs. A vouloir faire les quatre, aucun n'est vraiment réussi.

Dès qu'on arrive, c'est un peu le bordel: on présente les systèmes de signalisation, d'exploitation, puis l'histoire, puis l'explication des rails, on bascule dans le ludique avec un simulateur (qui est très amusant, pour l'avoir expérimenté), puis on repasse au matériels roulants, le tout entrecoupé des chiffres de fréquentation...

Pourtant, l'ambition était tout à fait louable: celle de voir tout ce qui se cache derrière le métro, partie visible du système de transport emprunté par des millions d'usagers. Rappelons que le métro transporte chaque jour plus de voyageurs que les rer ou bien encore les bus, et est donc le transport le plus utilisé des parisiens (devant la voiture il me semble).

Hélas, même si on apprend forcément quelque chose, l'ensemble est assez brouillon: sans jamais aller au fond des choses, on aperçoit de ci de là des aspects intéressants, mais sans cohérence d'ensemble.

Par contre, un chantier est présenté de manière tout à fait satisfaisante: il s'agit de l'automatisation de la ligne 1, dont un petit film très bien fait durant moins de cinq minutes résume bien les enjeux. Par la suite, on peut admirer les maquettes du nouveau matériel qui sera progressivement mis en place. Malheureusement, c'est presque à l'autre bout de l'expo (qui n'est tout de même pas bien grande).

Bref, une expo intéressante, mais très brouillonne, qui se visite très vite: une demi-heure à tout casser. Elle a cependant l'avantage d'être assez adaptée aux petits, et je pense spécialement aux petits garçons (contre qui j'ai dû lutter pour avoir ma place sur le simulateur) accompagné de leur père. Le prix est modeste: 5,5 euros, 3,5 euros en tarif réduit (pensez à apporter votre carte fnac si vous en avez une, elle offre l'accès à ce tarif).

Jusqu'au 1er janvier 2012.

jeudi, septembre 1 2011

Non au relativisme

Je ne pense pas être le seul à trouver ce type d'indignations absolument scandaleuses. Un syndicaliste de Sud, Philippe Touzet, fait un parallèle entre l'affrètement par la police d'un tramway pour transporter des roms expulsés et les déportations de la seconde guerre mondiale.

Je précise bien qu'il n'est pas question ici de se prononcer sur le bien fondé de l'expulsion de ces roms ou bien encore de la légalité du procédé. Mais il est pour moi indigne de comparer, ne serait ce qu'en faisant un rapprochement, la déportation vers les camps de concentration et d'extermination nazis avec l'expulsion d'un groupe de personnes installées illégalement. A suivre le "raisonnement" de cet imbécile, je n'hésite pas à employer ce terme s'agissant d'un individu aussi abject, on ne pourrait pas utiliser de tramway dans le secteur en raison de l'utilisation de trains de déportés au cours de la dernière guerre. Je n'ai jamais rien entendu d'aussi débile et je ne vais pas perdre mon temps à répondre à cette idiotie.

Cette intervention est profondément honteuse: d'abord et surtout parce qu'elle galvaude l'importance et la gravité de ce qui s'est passé en France entre 1940 et 1944. Ensuite, parce qu'elle hystérise un peu plus le débat sur un sujet difficile, les gens du voyage, qui n'avait pas besoin de cela. Et ce n'est pas être d'extrême droite que de dire cela, même si cette dernière se délecte de ces polémiques.

Pour ma part, je crois qu'il faudrait absolument qu'on ne laisse plus passer ce type de dérapage odieux. En premier lieu, les médias doivent faire leur travail et interpeller à chaque fois les personnes comme ce Philippe Touzet sur l'énormité de ce qu'ils disent. Et si ce n'est pas suffisant, à faire une loi réprimant pénalement ce type de propos. Entendons-nous bien: je ne suis pas favorable à ces lois "d'opinion". Maintenant, elles existent, tant qu'à en subir, autant avoir un système cohérent!!

mercredi, juin 1 2011

Visiter le centre national des opérations ferroviaires

Le tourisme industriel est la grande mode de ces dernières années… C'est donc avec plaisir que je m'en vais vous conter ma petite visite de l'une des plus industrielles des grandes entreprises françaises, la SNCF. Malheureusement, j'ai déjà effectué cette visite il y a quelques semaines, j'espère me rappeler avec exactitude des explications et ne pas dire trop de bêtises.

J'ai eu la chance de visiter il y a peu ce centre (qui n'a rien d'industriel), situé à Paris près de la Gare de l'est. Le Centre National des Opérations Ferroviaires (CNOF) est une sorte de tour de contrôle de la régulation des circulations ferroviaires. Enfin pas tout à fait, puisque ce n'est pas ce centre qui commande les aiguillages ou quoi que ce soit. En réalité, le centre est surtout utile dans la résolution des nombreuses et inévitables situations de crises: une panne électrique, un accident grave à un passage à niveau, une panne de matériel… Tous ces événements entraînent dans le monde ferroviaire des réactions en chaîne extrêmement complexes qu'il faut rapidement démêler à moins d'atteindre rapidement le chaos: trouver des itinéraires de substitution, amener le matériel afin de solutionner le problème, informer les gares… C'est tout le travail de coordinnation assuré par le CNOF (encore que je n'ai pas bien tout compris).

Pour visiter, rien de plus simple: il suffit de s'inscrire sur internet, on vous proposera des dates par courriel et votre place sera réservée. La visite est gratuite, il ne faut vraiment pas hésiter. On m'offre une place à 11h, je préviens que j'ai un rendez-vous et que je rentrerai après le déjeuner, la visite durant une petite heure, et c'est parti! L'accueil est très professionnel: la visite a lieu dans un lieu de réélle vie professionnelle, et les touristes en t-shirt détonnent un peu au milieu de personnes manifestement en rendez-vous professionnels. Heureusement pour moi, je suis en costume-cravate impeccable, et je ne fais pas trop tâche, je suis même limite trop classe.

Pour autant que je m'en souvienne, la visite se déroule en trois parties: une séance d'introduction, puis une séance de vidéo présentant le CNOF et montrant un exercice de simulation de crise, avant enfin de voir la salle de contrôle (celle que l'on aperçoit sur le site internet du CNOF). Ces deux dernières étapes sont interchangeables, puisque le groupe est divisé en deux.

Je ne vais pas vous raconter le détail de ma visite, d'abord parce que je ne m'en souviens plus bien et que je ne voudrais pas dire trop de bêtises, ensuite et surtout parce que je cherche simplement à vous donner envie de m'imiter. Je peux tout de même vous dire que la visite était extrêmement intéressante et qu'on apprend beaucoup sur la SNCF et sur les contraintes que cette dernière subit, ce qui nous invite tous à être plus indulgents vis-à-vis des éventuels retards. Le système ferroviaire est en effet extrêmement complexe, et une grande partie des retards sont au départ dûs à des causes externes à la SNCF. S'agissant des accidents de personne (qui dans l'immense majorité des cas, sont en fait des sucides), c'est la réglementation qui a allongé inconsidéremment les délais de remise en service (le temps de déplacer les services d'urgences qui la plupart du temps ne font que constater le décès, et surtout la police), ce qui fait qu'en moyenne, il faut à peu près trois heures pour rouvrir la voie à la circulation.

Bref, on apprend beaucoup sans que cela soit rébarbatif, et on voit de ses propres yeux comment travaillent les ingénieurs de la SNCF. La visite valait beaucoup pour les explications de nos guides très compétents : j'ai suivi une personne qui faisait partie de la communication de la SNCF, tandis que l'autre groupe suivait une personne un peu plus âgée, qui visiblement avait été un opérationnel du CNOF (enfin de ses ancêtres) et était vraiment passionnant.

Le groupe était d'une taille modeste: il y avait là trois retraités de la SNCF, anciens mécaniciens visiblement, des mamies emmenant leurs petits-enfants faire une visite culturelle (on était alors en période de vacances scolaires), des quidams comme moi. Bref, c'était très sympa sauf LE cas de la journée. La cinquantaine, un corps sec d'alcoolique, atifé comme un clochard, le haut du crâne dégarni mais de longs cheveux gras filasses et bouclés (si, si, c'est possible), traînant un sac à dos d'une marque d'adolescent n'allant pas du tout avec le reste du personnage, je l'ai assez vite repéré. Et ce mec a été une véritable catastrophe pendant toute la visite. Il se fait très vite remarquer pendant l'introduction, en émettant des commentaires sacarstiques sur la notion de service public. Il enchaîne assez rapidement sur le gouvernement ultra-libéral qui nous opprime. Le tout avec un sans-gêne incroyable, ne se limitant pas à la séance de questions mais n'hésitant pas à couper nos guides au beau milieu de leurs explications. Au départ, avec sa première intervention, il s'attire des commentaires approbateurs de nos trois retraités (et tout comme eux, je suis attaché à la défense du service public), mais assez rapidement, devant son outrance, ils se tiennent coi et essayent de l'ignorer… Ce qui ne va pas être évident! Il repart de plus belles dans ses questions à la con, commente celle des autres et les réponses des guides…Tout le monde le prend assez rapidement en grippe, à commencer par la guide qui se décide enfin à le recadrer en lui expliquant qu'elle travaille pour la SNCF et que son rôle se limite à présenter la SNCF et le CNOF. A l'issue d'une de ses saillies (où il pestait contre l'UE affamant le peuple, alors que l'on parlait de son rôle dans la sécurité ferroviarie), j'échange un sourire amusé avec l'une des mamies excédée par cet imbécile arrogant nous infligeant ses pitoyables réflexions sur le monde. A un moment, il s'est même laissez aller à dire que tous les ingénieurs étaient incompétents et qu'il faudrait laisser plus de place aux seuls ouvriers qui seuls connaissent les réalités terrain!! Là, je n'ai pas pu me retenir, et je lui ai demandé si vraiment, en France, tous les ingénieurs étaient incompétents. La guide a heureusement coupé sa réponse (affirmative, je le crains), en lui demandant de faire moins de bruit tandis que tous les autres participants riaient sous cape.

Mais à part ce petit désagrément, la visite s'est révélée vraiment très profitable, et je vous conseille vivement d'aller découvrir le CNOF!

samedi, janvier 8 2011

Otages et médiatisation

Je ne suis sans doute pas le seul à être très gêné par la médiatisation du sort des otages de France 2, à l'heure où deux Français viennent d'être enlevés et tués au Niger. Tous les jours, le 20 heures de France2 nous rappelle leur cas. Cette médiatisation est-elle efficace?

Je ne le crois pas. Nous sommes tous au courant que ces journalistes ont été enlevé il y a de cela plus d'une année. Si à la limite, je comprendrais qu'on rappelle ce fait à quelques échéances régulières (par exemple tous les mois), tous les jours, c'est vraiment excessif. Car à quoi cela sert-il? Que pouvons nous faire, simples citoyens, vivant à des milliers de kilomètres de là où ces otages sont retenus? Faire des sitting? Défiler dans la rue? Cela ne sert strictement à rien, si ce n'est à confirmer les ravisseurs dans le fait que leur enlèvement est utile à leur cause.

Bref, cela ne fera que renforcer les ravisseurs (actuels et futurs) dans leur résolution, rendra encore plus coûteux la libération de leurs otages et ne peut que compliquer la tâche des autorités diplomatiques et militaires françaises.

Cette logique est même profondément malsaine, et ce à deux égards. D'abord parce qu'elle sous-entend que la pression médiatique est indispensable à ce que l'Etat se démène afin de faire libérer ses ressortissants. En somme, les proches des victimes espèrent que la pression populaire forcera les politiques à agir, à tout faire pour que les otages soient libérés. L'intention est louable d'une certaine manière, mais elle est finalement très perverse, puisque l'on intériorise que l'Etat et ses agents ne feraient rien si ce n'était pas le cas, qu'ils ne feraient donc pas leur travail s'il n'y avait aucune pression extérieure.

Elle est malsaine pour une autre raison: aujourd'hui, il y a une petite dizaine d'otages français dans le monde. Mais tous les Français ne sont capables de n'en citer que deux noms: celui des journalistes. Les autres, personne ne les connaît. Alors même si aux informations, le nom de ces deux personnes est souvent accompagné de la mention d'autres otages, il ne faut pas être dupe: il y a bien une part de défense corporatiste dans ce fait, et il est évident que certains otages sont plus importants que d'autres. Alors pourtant que la présence de ces deux journalistes, non spécialiste de la zone où ils se sont fait capturés, n'était probablement pas indispensable (à la différence des deux derniers journalistes capturés en Irak). Ils ne nous auraient rien appris de nouveau. Tout le monde sait que l'Afghanistan n'est pas sorti de l'auberge. L'un des autres otages, en Somalie, était par contre en mission pour les services secrets français. Est-il moins légitime que les deux journalistes?

lundi, décembre 13 2010

La monétisation des dettes publiques

Les Français connaissent assez mal les problématiques économiques, souvent présentées de façon uniquement anxiogène par les médias, et ce dans un véritable charabia incompréhensible du commun des mortels derrière lequel se réfugient la plupart des journalistes, alors qu’ils sont bien souvent dépassés par leur sujet.

Ce terreau est évidemment fertile au développement de tous les fantasmes, aiguisés aujourd’hui par le contexte de crise que nous vivons ou plutôt subissons. Le sujet des dettes publiques et de la création monétaire embrase ainsi internet depuis quelques temps déjà. Des vidéos polémiques expliquant aux internautes que la dette publique serait une arnaque, au premier rang desquels « l’argent dette » de Paul Grignon obtiennent ainsi un certain succès. Sur internet, on voit de plus en plus des commentaires et des articles dénonçant la fameuse loi de 1973 renommée loi "Pompidou-Rothschild" (parce que Pompidou aurait travaillé dans cette banque), sur le thème de ces salauds de banquiers juifs escroquant le bon peuple français. Et au sein des internautes gravissant autour du blog de NDA, ce type de thèses rencontre un succès croissant, si bien que j’ai participé à une discussion un peu trop musclée à mon goût.

Je vais donc essayer, dans une prose que je souhaite la plus lisible et claire possible, sans jargon économique inutile, d’expliquer quelque peu le problème de la monétisation des dettes publiques.

Y a-t-il une arnaque à la dette publique ?

Bien sûr que non. Les marchés financiers prêtent aux Etats en contrepartie d’un intérêt. Il n’y a donc absolument pas d’arnaque : l`Etat indemnise ses prêteurs comme n’importe quel emprunteur. L’utilisation de l’argent dans le temps a un prix, et ce prix, c’est le taux d’intérêt.

L’intérêt rémunère en réalité deux choses : le coût d’immobilisation de l’argent et le risque de non remboursement. En effet, les prêteurs ont devant eux plusieurs choix d’investissements : si l’Etat ne propose pas d’intérêts, personne ne souscrira à sa dette. D’autre part, le prêteur prend un risque : celui de ne pas être remboursé. Il est donc normal que plus l’emprunteur soit susceptible de faire défaut, plus le taux d’intérêt exigé de lui soit élevé.

C’est extrêmement simple, tout le monde doit pouvoir se mettre d’accord avec ces propositions.

Pourquoi l’Etat ne peut-il pas emprunter directement auprès de sa banque centrale ?

Tout simplement parce que c’est aujourd’hui interdit. Cette interdiction résulte de dispositions législatives et du fameux article 123 du Traité de Lisbonne (voir ci-dessous). Nous allons voir ensuite pourquoi cette interdiction, s'il est souhaitable d'y mettre un terme, n'a rien du scandale que certains voudraient décrire.

Que disent les fameux articles 123 du Traité de Lisbonne (TFUE) et la loi française?

Ils disent plus ou moins la même chose, contentons-nous de L’article L. 141-3 du Code monétaire et financier (dont sa forme actuelle date de 1993). Il dispose qu’« il est interdit à la Banque de France d'autoriser des découverts ou d'accorder tout autre type de crédit au Trésor public ou à tout autre organisme ou entreprise publics. L'acquisition directe par la Banque de France de titres de leur dette est également interdite.»

Cet article est vraiment très clair, l’article 123 du traité de Lisbonne est de la même veine. La plupart des gens devraient les lire au lieu de croire sur parole les horreurs qu'on leur attribue.

Très concrètement, cela signifie l’interdiction de la monétisation directe des finances publiques, autrement dit que la Banque centrale achète la dette publique dès son émission. Nous allons voir que si la fin de cette interdiction est souhaitable, elle ne résoudra pas d’un coup de baguette magique le problème de la dette et des déficits publics comme certains voudraient nous le faire croire.

Est-ce que cette disposition a un grand impact ?

En fait, cette interdiction n’a pas un impact si grand que cela. Tout simplement parce que si la monétisation directe est interdite, la monétisation indirecte (c'est-à-dire que la Banque Centrale rachète de la dette publique déjà existante) reste autorisée. La BCE l’a d’ailleurs pratiqué dernièrement, alors qu’elle ne le faisait pas auparavant.

Et il n’y a pas de grandes différences entre monétisation directe et indirecte : dans les deux cas, l’effet est le même. La seule différence, c’est que la dette de l’Etat doit d’abord être souscrite par les marchés financiers avant d’éventuellement être rachetée par la BCE (je sais, je sais, je simplifie outrageusement). Dans les deux cas, une fois la dette rachetée, l’Etat ne paye plus d’intérêts.

En bref, ceux qui se focalisent sur l’article 123 sont assez ridicules, puisque l'opération qu'ils prétendent impossible est en fait autorisée et parfois pratiquée.

L’Etat ne pourrait-il pas se financer gratuitement auprès de sa banque centrale ?

En principe, il serait possible que la Banque de France accorde un prêt à l’Etat. Qu’il soit rémunéré ou non n’a absolument aucune importance puisque la Banque de France appartient à l’Etat. Mais c’est justement à ce niveau que se situe le problème : si l’Etat emprunte à la Banque de France, en fait il s’emprunte à lui-même.

Et tout le monde peut comprendre que s’emprunter de l’argent n’a absolument aucun sens économique pour tous les acteurs économiques. En réalité, l’endettement de l’Etat n’est donc pas financé. Comment se traduit concrètement ce déséquilibre ? Par l’inflation : comme la quantité de monnaie disponible augmente sans qu’il y ait une augmentation de richesse correspondante, les prix montent. Autrement dit, il y a plus de monnaie pour toujours autant de biens : le prix des biens augmente donc et le « prix » de la monnaie baisse.

En effet, l’Etat n’est pas un acteur comme les autres : c’est lui qui émet garantit la valeur de la monnaie. J’imagine que vous comprenez le danger : il peut donc, pour financer ses besoins, choisir d’émettre de la monnaie nouvelle. C’est ce qu’on appelle la planche à billets.

Ne pourrait-on pas retirer de la monnaie par ailleurs?

C'est ce que certains proposent, en projetant de limiter la quantité de monnaie émise par les banques privées. Le seul problème, c'est que cela va avoir un impact extrêmement sévère sur l'économie réélle: concrètement, les particuliers et les entreprises emprunteront beaucoup plus difficilement. Ce n'est évidemment pas la voie à suivre, alors que les pme se plaignent de ne pas réussir à se financer dans des conditions normales, si bien qu'il a été nécessaire d'instaurer ce fameux médiateur du crédit.

Ne pourrait-t-on pas justement supporter cette inflation ?

Les trente glorieuses, période où la France a connu une forte croissance, ont coïncidé généralement avec une inflation forte. Aujourd’hui, l’inflation est très faible. Ne pourrait-on pas accepter une inflation plus élevée alors que la crise exerce des pressions inverses, déflationnistes ?

C’est évidemment tentant. Sauf que le gros risque, c’est d’avoir l’inflation sans la croissance. 1973, date retenue par les contempteurs de la loi « Pompidou-Rothschild », marque justement le premier choc pétrolier et la fin de la période des trente glorieuses, avec l’entrée de la stagflation, c’est à dire l’inflation sans la croissance.

Le risque, c’est également que l’inflation s’emballe et dérive vers une hyperinflation. Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que la stabilité de la monnaie, c'est avant tout une question de confiance. Rompre cette confiance peut donc donner à des politiques ayant en fait un impact limité en soi des effets dévastateurs.

Il ne faut pas oublier non plus que l'inflation a des effets redistributeurs. Il baisse les revenus de l'épargne. Pas de problème me diront certains, en considérant la figure du rentier petit et grand bourgeois, c'est l'effet recherché. Sans rentrer dans ces considérations assez discutables (l'inflation est en général plus durement supportée par les petits épargnants), il est cependant indiscutable qu'au delà d'un certain seuil, cet effet redistributeur devient destabilisant, menaçant la confiance en l'économie d'une grande partie de la population. Ce qui n'est évidement pas bon. Avec la mondialisation, les pressions sur les salaires seront toujours très fortes, même après des mesures correctrices. Il n'est pas sûr que les salaires suivent (par contre, le smic, c'est automatique)...

Au delà de cela, la simple hausse des prix a un effet destabilisateur. Les prix sont en effet le principal signal envoyé par les marchés aux différents acteurs économiques. Si l'on perd confiance dans leur valeur, c'est source d'incertitude et donc de problèmes. On parle également des coûts de changement d'étiquettes ou de menus: si l'inflation est forte, il faut recalculer très souvent ses prix...

Debout la République tient une formule qui est je crois équilibrée : nous remettons en cause les articles 123 du Traité de Lisbonne et L. 141-3 du Code monétaire et financier, nous offrant ainsi la possibilité de financer l’Etat par la création monétaire. Même si nous n'utilisons pas cette possibilité, cela nous donnerait un moyen de négociation supplémentaire par rapport aux marchés financiers. Par contre, il me paraît évident que cette possibilité restera malheureusement limitée et que cela ne pourra que servir d’appoint.

Mais les Banques privées ne créent-elles pas également de la monnaie et ainsi de l’inflation ? Financer l’Etat par les banques privées ou centrales n’aurait-il pas le même effet inflationniste ?

Non, ce n’est pas la même chose, puisque comme je l’ai expliqué plus haut, lorsque l’Etat emprunte à la banque centrale, il s’emprunte à lui-même en réalité. Il n’y a donc pas de contrepartie, c’est cela qui créé l’inflation.

Dans les vidéos précitées, le fait que lorsque les banques prêtent, elles créent de la monnaie pour se faire est présenté de manière révolutionnaire. C’est absurde, puisque c’est tout à fait normal. N’importe quel élève de 1ère ES (et même, si mes souvenirs sont bon, de 2nde avec une initiation à l’économie) le sait. Ce qu’en général ces vidéos oublient de dire, c’est que lorsque le prêt est remboursé, la monnaie créée est détruite. Ce qui est inflationniste, ce n’est donc pas le fait d’accorder un prêt, mais le fait d’en accorder plus qu’auparavant.

Si vous n’avez toujours pas compris pourquoi le financement de l’Etat par la Banque centrale est plus inflationniste, oubliez ce que je viens de dire et considérez ceci :

Aujourd’hui, lorsque l’Etat se finance, il ne souscrit pas à un prêt auprès des banques. En fait, il émet des titres de dettes, dont les banques ne possède qu’une petite partie (en France, c’est moins de 20%). La dette publique est très souvent détenue par tous les Français, par le biais de leur assurance-vie par exemple. Il n’y a donc pas de création monétaire, mais l’achat de titres de dettes…

Ne pourrait-on pas financer les projets d’investissement de l’Etat par la création monétaire ?

Le problème, c’est que le budget de l’Etat est un tout, comme tous les budgets. L’Etat est une personne juridique comme une autre de ce point de vue là. Que les déficits soient égaux aux investissements d’avenir n’a pas d’influence directe sur l’impact inflationniste. A cet égard, certains propos de Nicolas Dupont-Aignan sont assez regrettables puisqu’ils semblent valider cette théorie. Sa logique pour moi n'est pas bonne: il souhaite utiliser la monétisation pour lancer des investissements d'avenir. Pour moi (et c'est ainsi que le pratiquent les pays qui en use il me semble), la monétisation est d'abord un outil de régulation monétaire qui accessoirement permet de réduire la dette publique. Mais bon, au final, si en même temps on lance des grands investissements et que comme je viens de vous l'expliquer, l'on considère que l'Etat est un tout, on peut comprendre le raccourci de Nicolas Dupont-Aignan.

Comment le rejet de l’interdiction de la monétisation directe s’inscrit dans le programme de DLR ? Quid de l’inflation ?

Il ne faut pas oublier qu’à DLR, nous prônons un certain nombre de mesure qui auront un effet inflationniste (augmentant le niveau des prix).

Ainsi, nous prônons la sortie de l’euro, notamment parce que nous estimons que l’euro est trop cher pour l’économie française. Nous souhaitons donc une monnaie nationale dévaluée. Il y aura donc, mécaniquement, une inflation, une hausse des prix de nombre de produits importés. Et une hausse importante, il faut bien s’en rendre compte. On estime à 30% la hausse des coûts de production en France par rapport à l’Allemagne. Il faut donc s’attendre à une baisse d’au moins 30% de la nouvelle monnaie et une hausse corrélative des biens importés, qui au bas mot doivent représenter 20% de notre PIB et une part plus importante encore des produits manufacturés consommés en France. Cela donne une hausse générale des prix de 6% (20% des produits et services augmentant de 30%).

A cela s’ajoute la TVA sociale. Pour que cette mesure soit efficace, il faudrait porter la TVA à 25%, c’est encore 5% de hausse des prix. On additionne les deux, et cela donne une inflation à potentielle à 11%...

Dans ces conditions, il est évident que nous ( et là c'est ma propre déductions, je n'engage pas DLR) ne pourrons pas aller très loin dans la création monétaire. Car l’inflation a un coût très important, bouleversant l’allocation des revenus et suscitant bien entendu des tensions sociales. Elle reste très dangereuse. A 11%, les risques d’emballement sont très importants, c’est évident.

Est-il possible de rembourser la dette publique par financement direct de l'Etat par la Banque Centrale en 15 ou 17 ans ?

Dans l’absolu, c’est possible, bien sûr, au prix d'une forte inflation. Il est évidemment possible de tout financer par la planche à billets. Reste qu'il faudra alors payer le prix d'une telle politique, que personnellement je trouve suicidaire.

Pour vous faire bien comprendre, voici en gros ce à quoi revient une forte inflation (et ça a existé, il ne faut pas croire que c'est un cas d'école). On peut donc par exemple décréter qu'il suffit que 1 000 euros anciens égalent un nouvel euro et interdire la conversion des titres de dettes. Pas de problèmes, on arrivera alors à rembourser. Sauf que bien entendu, les créanciers (et nous avons vu que ce n'était pas simplement les grandes méchantes banques) sont spoliées. Au delà de l'évidente injustice qui pèserait sur ces malheureux créanciers, la confiance dans l'économie serait anihilée. Je crois que cette solution serait dévastatrice pour la France, anéantissant l'épargne de tous les acteurs économique. C'est évidemment impossible.

En fait, il y a deux mécanismes: en rachetant les titres de sa dette publique, l'Etat annule sa dette. Ce faisant, il créé de l'inflation qui mécaniquement baisse la valeur réélle des dettes restantes (à la condition que les titres de dettes ne prennent pas en compte cette inflation, certains ne le font pas. Mais ils sont je crois minoritaires).

Concrètement, la France est endettée aujourd’hui à hauteur de 85% de son PIB. Cela signifie que, si l'on voulait rembourser en une année la dette publique, il faudrait y consacrer plus dix mois et qu'il ne resterait de disponible que deux malheureux mois pour subvenir à ses besoins.

85% du montant cumulé de sa dette donc. Or, les déficits sont aujourd'hui autour de 6% du PIB, il faut tout de même prendre en compte cela. La dette publique, c'est 1650 milliards d'euros. Vous comprenez bien que vouloir effacer la dette publique en 15 ans par la création monétaire revient donc à vouloir créer une masse considérable de monnaie. Prétendre que l'on peut financer ainsi la dette publique sans avoir de graves conséquences, c’est donc n’importe quoi, il n’y a pas d’autres mots.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur la monétisation, qui n'est pas sans poser quelques problèmes. Jusqu'ici, les réactions à mon papier n'ont pas été à la hauteur, à l'exception de Laurent Pinsolle (mais qui en fait, même s'il ne s'en rend pas compte, est complètement d'accord avec moi et en désaccord avec les adeptes de la monétisation remède miracle, qu'il ménage pourtant parce qu'il les connaît). N'hésitez pas à me faire part de vos réflexions. Je publierai toute réaction argumentée, y compris très critique.

vendredi, octobre 29 2010

Un sondage sur internet intéressant

Une fois n’est pas coutume, j’ai trouvé très intéressant un sondage sur internet réalisé par le jdd sur la personnalité de Georges Frêche. Je vous le reproduis ici ainsi que ses résultats au 29 octobre à 11h15. Il y avait alors 4664 votants, ce qui est assez peu il est vrai.

 

Pour vous, Georges Frêche était...

Un baron local mégalomane (30%)

Un homme au parler vrai (17%)

Un politique proche du peuple et loin des élites parisiennes (16%)

Un grand maire de Montpellier (13%)

Un homme intègre, fidèle à ses principes (8%)

Un homme brusque et raciste (8%)

Un bon vivant que ses excès ont emporté (8%)

 

Je connaissais très peu Georges Frêche et je n’ai malheureusement jamais vu Montpellier autrement que sur les sympathiques vidéos du trublion Rémi Gaillard. En fait, je n’ai entendu parler de Georges Frêche que par un ami Montpelliérain exilé à Paris, et par un proche qui l’a côtoyé brièvement à titre professionnel. Et bien sûr les médias. L’impression que j’en ai retiré, c’est qu’il fait beaucoup pour Montpellier, mais que c’était un véritable satrape. On m’a ainsi rapporté une réunion ou M. Frêche a humulié publiquement Jean-Claude Gayssot (alors vice-président de la région Languedoc-Roussillon)… Ce dernier, présent, n’a même pas relevé et se serait répandu en flatteries flagorneuses. Vous comprenez donc que j’ai voté à l’instar de la majorité des internautes.

 

Pour une fois, j’ai trouvé l’éventail des propositions assez juste, même si chacune d’entre elles était assez orientée. Mais bon, tout n’est pas parfait : par exemple, on peut considérer qu’il est possible d’être un politique proche du peuple tout en ne s’éloignant pas des élites parisiennes (j’ai toujours eu du mal avec le populisme anti-élite).

 

En tous les cas, l’enseignement de ce sondage est intéressant : les réponses que l’on peut considérer comme émettant un jugement positif à l’égard de l’action et de la personnalité de Georges Frêche sont largement majoritaires, regroupant plus de 60% des internautes. Surtout, le matraquage des médias sur les dérapages (pourtant réels) répétés de l’ancien maire de Montpellier ne passe pas : seuls 8% des votants jugent que « Georges Frêche était [et il faut rajouter avant tout] un homme brusque et raciste ». Et ça, je crois vraiment que cela mérite d’être noté.

 

mardi, septembre 7 2010

Des hommes et des Dieux

J’ai eu la chance de pouvoir assister à une présentation en avant première ce soir du nouveau film de Xavier Beauvois, Des hommes et des Dieux. Précédé d’une critique élogieuse, primé à Cannes par le Grand prix du Jury (d’aucuns pensent qu’il aurait dû obtenir la palme d’or, le Grand prix du Jury étant en général considéré comme récompensant le finaliste malheureux), j’avais hâte de voir ce film.

 

Son sujet est grave : la vie des moines cisterciens de Tibhirine, dont 7 (sur les neuf présents) ont été enlevés puis assassinés dans des circonstances qui aujourd’hui encore ne sont pas totalement éclaircies. Le film cherche à expliquer leur démarche, le sens de leur engagement  dans un pays où leur vie était devenue menacée.

 

Pas besoin de faire de long discours donc. Ce film exigeant est touché par la grâce, les acteurs sont tous plus justes les uns que les autres et je n’ai qu’une seule chose à vous dire : courrez voir ce film !!!

mardi, mai 25 2010

Faut-il mettre fin à l’anonymat des blogs ?

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mardi, février 23 2010

Quelle est la date de réception d'une lettre recommandée?

Pardonnez-moi d’avoir délaissé le blog ces derniers temps, mais je n’ai vu que des expositions sans grand intérêt (on m’a traîné voir Boltanski alors que je crains de n’être pas du tout sensible à cette forme d’art). Pourquoi n'ai-je rien posté de juridique alors? Tout simplement parce que je n’ait travaillé ces derniers temps que sur des documents trop spécifiques et que j'ai tout de même une petite obligation de confidentialité... Je reviens donc avec une petite note sur la date de réception d’une lettre recommandée avec avis de réception. Sur internet, les réponses ne sont pas toujours très claires.

 

Posons la situation tout d’abord : il s’agissait de la résiliation d’un contrat, qui, selon les termes contractuels, intervenait dans le mois de la réception de la lettre RAR. Or, la lettre, une première fois présentée le 25 du mois, n’avait été retirée que le premier, alors que le destinataire était pourtant parfaitement informé (par téléphone et courriel), ce qui a occasionné un préjudice à l’expéditeur.

 

L’article 669 du Code de procédure civile dispose, en son alinéa 3 que « la date de réception d’une notification faite par lettre recommandée avec demande d’avis de réception est celle qui est apposée par l’administration des postes lors de la remise de la lettre à son destinataire », alors que son alinéa 2 précisait que « la date de la remise est celle du récépissé ou de l’émargement ».

 

Ainsi, pour apprécier de la date de signification au destinataire, il est tenu compte de la date de remise effective de la lettre de notification contre signature du destinataire, et non de sa simple présentation ; comme l’a constaté la Cour de cassation, par exemple dans des arrêts de la troisième chambre civile du 14 décembre 1994 n°93-12.481 publié au bulletin et de la deuxième chambre civile du 10 mars 2005 n°03-11.033 BII n°64 p.59.

 

Des exceptions légales et réglementaires à ces dispositions sont bien entendues prévues dans les cas où c’est nécessaire, comme par exemple l’article L. 271-1 du Code de la construction et de l’habitat donnant un délai de rétractation de 7 jours à l’acheteur non-professionnel d’un immeuble à usage d’habitation (existant ou à construire), ou l’article L 1232-2 du Code du travail (convocation à l’entretien préalable à un licenciement) ou encore l’article 64 alinéa 2 du décret n°67-723 pour les notifications relatives aux copropriétés.

 

La jurisprudence a cependant parfois considéré que la date de réception pouvait être celle de la première présentation, comme par exemple dans un arrêt de la Cour d’appel de Paris du 11 Mai 2000, n° Jurisdata 2000-115577, pour une convocation à une assemblée de copropriétaire alors que le droit d’alors ne le prévoyait pas spécifiquement.

 

Quoiqu’il en soit, la date à retenir pour la réception ne peut donc n’être que celle de la remise et non de la première présentation en l’absence de textes indiquant le contraire. Par contre, au cas où le destinataire manquerait à son obligation de bonne foi, par exemple en n’allant chercher la lettre qu’au dernier moment tout en sachant ce qu’elle contenait et causant un préjudice à l’expéditeur, il est bien évident que sa responsabilité sera engagée. Tout le problème résidera alors dans la preuve de ce manquement.

 

Ma consultation s’arrêtait là. En l’espèce, rapporter une telle preuve m’aurait paru possible, en se basant sur la conversation téléphonique et le courriel, le destinataire semblant se contenter d’encaisser l’argent pour le mois litigieux sans pour autant réaliser aucune prestation. C’était une société d’une certaine taille, avec un secrétariat et très certainement un service courrier performant. Il est très probable que la société destinataire se soit entendue avec le postier pour ne pas accepter la remise de la missive à la première présentation. Le montant étant malgré tout assez faible, cela ne justifiait pas une action en justice.

 

Ce qu’il aurait fallu faire, c’est tout simplement prévoir contractuellement un délai de résiliation plus simple, par exemple faire courir un délai de 15 jours à compter de la première présentation de la lettre RAR. D’ailleurs, le contrat était très mal rédigé, puisqu’une résiliation doit laisser un temps minimum pour se retourner, ce qui n’était pas le cas en l’espèce : si la lettre avait bien été reçue le 26 à sa première présentation, ce délai aurait pu être considéré comme anormalement court ! Enfin bref, le contrat n'était ni fait ni à faire, et l'expéditeur, qui n'avait pas fait appel à des professionnels, se contentant du juriste de la boîte, ne peut s'en prendre qu'à lui-même!

dimanche, décembre 27 2009

La crise un an après

Mis au courant par le blog de Paul Jorion, qui fait partie des personnalités interviewés, j’ai voulu me rendre à la cité des sciences et de l’industrie afin de visiter l’exposition temporaire sur la crise. D’après ce que j’avais compris, il s’agissait de faire le bilan de la crise et des perspectives de l’économie mondiale. Cette exposition se terminera bientôt, en janvier, mais j’ai tout de même choisi de vous en parler, vous comprendrez pourquoi en lisant la suite de ce message.

La représentation de l’économie dans les médias, que ce soit à la télévision ou même dans les journaux est toujours très difficile, une exposition autour de ce thème constituait donc un challenge important.,

Je connais mal la cité des sciences et de l’industrie, située à la Vilette, à l’autre bout de Paris par rapport à mon domicile. Par ces froides journées d’hiver, le parvis glacial est pour le moins peu accueillant. Dès que l’on entre dans la cité, j’ai été impressionné par le nombre d’employés chargés d’orienter les visiteurs. Mais on comprend vite pourquoi: le bâtiment est un joyeux capharnaüm où les expositions et les différentes salles se mélangent et s’imbriquent allègrement. La personne à laquelle je m’adresse m’a l’air inquiète: elle m’explique que l’exposition que je veux aller voir n’est pas très importante et ne vaudrait pas le coup. Elle a d’ailleurs l’air intriguée, ne croyant pas que la petite exposition valait le coût d’une visite. Elle est située au premier étage et est incluse dans la visite de l’exposition principale du musée, baptisée « explora ».

Première bonne surprise, le prix est très modique: j’ai même la chance d’arriver l’après-midi et de voir le coût encore plus réduit: avec mon tarif étudiant, je m’en tire pour seulement trois euros. Il n’y aura malheureusement pas d’autres. Premièrement, l’expo est de taille très modeste: un grand écran prolongé par une grande table autour de laquelle sont placés des ordinateurs afin de visionner la suite des interviews, deux panneaux explicatifs et c’est tout. Quant à la suite d’Explora, ce n’est pas inintéressant. Mais en fait, Explora rassemble de nombreuses expositions qui n’ont pas grand-chose à voir entre elles. Ainsi, l’exposition sur la crise est encadrée par un corner sur l’innovation et les brevets, un autre sur le design et un autre sur la tectonique des plaques…. Aussi large que l’intitulé de la Cité des sciences et de l’industrie.

Le contenu de l’exposition n’est pas inintéressant, dépendant en fait de la qualité des intervenants, qui était excellente. L’ennui, c’est qu’il n’y a pratiquement pas de présentation synthétique: le grand écran présente un petit film de moins de cinq minutes rassemblant des extraits d’une phrase ou deux de chaque interviewé. Le concept n’était pas forcément idiot, permettant à chaque visiteur d’aller ensuite visionner l’interview de la personnalité qui l’avait interpellé.

Je m’installe ensuite devant les bornes interactives: évidemment, il n’y a pas de siège mais de simple banquettes pour s’appuyer, les concepteurs de l‘expo cherchant sans doute à éviter la monopolisation des bornes. Hélas, il n’y a pas foule, cette précaution était inutile. Je m’y installe néanmoins. Je choisis de regarder les interviews complètes des auteurs que j’apprécie: Je commence par Paul Jorion, qui me déçoit un peu en restant très centré sur son métier d’origine, l’anthropologie, mais cette fois en ne sortant pas, à mon sens, de grandes généralités un peu inutiles pour moi. Je me précipite ensuite vers l’entretien de Thomas Piketty, très pertinent. On l’a beaucoup fait parlé des inégalités, son thème de prédilection. Thomas Piketty lui-même indiquait que ce n’était qu’un facteur explicatif, loin d’être le plus important: c’est dommage, j’aurais aimé l’entendre plus parler de sa vision globale. Michel Aglietta ensuite était très intéressant. Par contre, j’avoue m’être un peu endormi devant Jean-Paul Fitoussi. Deux heures étaient déjà largement passées, je n’avais plus le courage de me lancer dans une autre interview et j’ai donc quitté la modeste exposition.

Au final, la visite était donc décevante et l’exposition plutôt ratée. En réalité, la forme matérielle, concrète de l’exposition n’apportait strictement rien, et il aurait été bien plus intelligent de mettre tout à disposition sur internet… Mais il est vrai que le challenge était presque impossible à respecter. Au départ, je craignais plus en fait une exposition très tournée vers l’enfance, avec des schémas simplificateurs (et marxisants bien entendu!) et des jeux stupides autour des circuits économiques. La réalité s’est révélée beaucoup trop techniques. J’ai d’ailleurs vu nombre de parents, lassé des gamineries de leurs enfants, s’arrêter quelque peu devant les bornes. Cinq minutes plus tard, leurs enfants se rappelaient à eux. Cinq minutes plus tard, ennuyés, ils leurs tiraient l’écharpe et les entraînait vers des espaces plus dédiés à leur âge.

Bref, il aurait fallu à mon sens un peu plus de panneau, des interviews plus synthétiques qui auraient été mis sur internet à la disposition de ceux qui auraient voulu prolonger leur visite. Ensuite, au niveau de la cité des sciences et de l’industrie, une réorganisation d’ensemble s’impose. Sans doute faudrait-il moins tourné l’édifice vers la jeunesse (dont le palais de la découverte s’occupe déjà à Paris), le rationnaliser… Parce que là, c’était le bordel, il faut bien l’avouer. Le personnel m’a paru pléthorique, et je pensais avec un peu d’amertume populiste que si le prix du billet était très raisonnable, c’était mes impôts issu de mes maigres revenus qui finançait tout cela!

mercredi, novembre 11 2009

De Byzance à Istambul

J’ai visité le week-end dernier la très belle exposition retraçant les trésors archéologiques de l’ancienne Constantinople au Grand Palais, qui se tiendra jusqu’au 25 janvier prochain.

 

Je ne vous le cache pas, ma première impression, à la caisse, a été mauvaise pour ne pas dire calamiteuse : le prix de l’entrée est exorbitant, et je me suis heurté à une caissière incompréhensive qui a refusé de me donner le statut d’étudiant, ma carte datant de l’année dernière…

 

Mais dès la première salle, j’oubliais ma déconvenue : l’exposition donne tout de suite une impression de luxe et de raffinement. Dans les galeries plongées dans la pénombre, de superbes pièces sont magnifiquement mises en valeur par un éclairage soigné. Le classement des objets présentés est, sans surprise, chronologique. On suit ainsi les différentes réalisations artistiques de l’ancienne colonie grecque jusqu’à la métropole renommée Constantinople en passant par l’ancien port romain. Enfin, on s’attarde (à l’étage) devant l’appropriation par les Turcs de la grande tradition artistique stambouliote, la ville changeant une nouvelle fois de nom.

 

Les matériaux présentés sont très riches et d’une grande qualité. Bien sûr, l’époque antique est représentée en majorité par ses statues mais on peut également apercevoir de très beaux bijoux, de très nombreuses poteries ainsi que divers objets de la vie quotidienne. S’ajoutent, pour les périodes suivantes des tissus puis de nombreuses peintures ainsi que des témoignages architecturaux. A la fin de l’époque Byzantine, comme en transition, les différents dômes de la ville sont projetés dans une salle spécialement aménagée et l’effet est assez spectaculaire : d’une part on s’y croirait, d’autre part on peut ainsi comparer facilement les différentes réalisations et ainsi apprécier les diverses influences.

 

Le classement chronologique s’accompagne d’explications sommaires sur le contexte politique et social qui expliquent les grandes évolutions artistiques. Sans être fastidieux, mais en retenant l’essentiel, on est mieux à même de comprendre la pensée des artistes, les attentes des commanditaires. De ce point de vue, l’exposition me semble être une réussite. J’ai d’ailleurs visité les lieux avec une historienne qui a étudié lors de son cursus ces questions, et elle m’a assuré de la pertinence globale de la démarche.

 

Au final, c’est donc une exposition extrêmement intéressante, bien présentée et dont le seul inconvénient est le prix (11€ en plein tarif, 8 sinon)…

mercredi, octobre 21 2009

Luttons contre les idées reçues !!!

Il y a encore plus comique que les idées reçues : les idées reçues que certains ont sur des idées reçues. C’est le cas de la mondialisation et de son histoire. En effet, un certain nombre de commentateurs, se croyant bien informés, expliquent à qui veut les entendre que l’internationalisation des économies n’est pas un phénomène nouveau (et là ils ont raison) et qu’en 1913, les économies nationales étaient plus intégrées qu’aujourd’hui (et là ils ont tort).

 

C’est un phénomène très répandu : déjà, lorsque j’étais étudiant en classes préparatoires, mon professeur d’économie me l’avait sorti. On le voit encore ça et là, y compris chez des observateurs plutôt avisés ayant des connaissances en économie. Dernièrement, et c’est ce qui m’a poussé à rédiger ce billet, le journaliste de Libération Jean Quatremer[1] citant à l’appui de sa thèse Suzanne Berger, professeur au MIT.

 

Je n’ai pas lu ce livre, mais il me semble que M. Quatremer en a fait une mauvaise lecture sur ce point particulier. Le résumé disponible sur internet du livre explique bien qu’après la première mondialisation, que Suzanne Berger situe en 1914, « Il faudra attendre 70 ans pour retrouver le même niveau d’investissements à l’étranger, la même fluidité de circulation des biens et des personnes ». C’est donc que le niveau d’internationalisation de 1913 a été rattrapé dans les années 1980…

 

Prenons donc deux éléments majeurs de la mesure de l’interconnexion des économies, à savoir d’une part le taux d’ouverture (soit X+M/PIB) et ses deux composantes, le taux d’ouverture à l’exportation (X/PIB) et aux importations (M/PIB), et d’autre part la mesure du stock des investissements à l’étranger.

 

En 1910, les exportations représentaient, pour l'ensemble des pays européens, 13% du PNB national notamment 15 pour la France et 27 pour le pays le plus ouvert, le Danemark. Ce même taux était de 6 pour les Etats-Unis, 12 pour le Japon[2]. Les taux d'ouverture sont bien supérieurs aujourd'hui. En France, le taux d'ouverture à l'exportation dépasse celui de 1913 dès 1975, où il atteint 15,5[3]. En 1975, les USA ne restaient qu'à 7% (ce qui est tout de même plus qu’en 1910). Aujourd'hui, leur taux d'ouverture global est de 27,3%, pour la France 54,7%[4]. Les taux d’ouverture sont donc bien supérieurs aujourd’hui qu’en 1910 (auquel on peut assimiler 1914).

 

Pour ce qui est de l’investissement international, j’ai eu plus de difficultés à trouver des chiffres[5]. J’aurais bien aimé notamment trouvé le chiffre des montants cumulés d’exportation des capitaux à long terme depuis, disons 30 ans, pour la France notamment. Le document mis en lien ne retrace que les dix dernières années; il permet donc de se faire tout de même une idée.

 

 

Pour aller vite, il faut retenir que l’investissement à l’étranger dans les pays de l’ocde étaient de 1120 milliards d’euros pour les flux entrants et 910 milliards pour ceux sortants. Pour la France, ces chiffres étaient de 81,1 et de 115,1 pour 2006. Si on fait une moyenne sur les dix dernières années, on obtient 48 (flux entrants) et 87 (flux sortants) respectivement. Autrement dit, le flux annuel de sortie de capitaux représentait, en 2006 environ 4,5% du PIB, et devait tourner autour de 4 pour les dix dernières années. L’investissement à l’extérieur net représente 1242 milliards de dollars sur la décennie 1997-2006, la France étant le premier pays d’origine avec 391 milliards de dollars (soit le tiers du total !!! Il y a par contre des pays où le solde est négatif, comme la Pologne, avec -70. C'est au fond, normal, les pays les plus développés exportant leurs capitaux vers des pays plus en retard.

 

Autrement dit, la France a investit, sur dix ans, à hauteur du quart de son PIB. Les flux sortants en représentent même 50%!

 

Ces chiffres sont supérieurs à ceux observés pendant la première internationalisation, mais la différence entre les deux périodes se réduit. Ainsi, en 1913, les flux annuels représentaient 4,9% du PNB des pays investisseurs et le montant cumulé, 108%[6].

 

En dix ans, la France a donc, grosso modo, investit à l’étranger la moitié du pourcentage cumulé observé en 1913. On peut donc raisonnablement penser qu'avec les investissements cumulés précédents, le chiffre de 1913 (108%) est dépassé. Si un internaute retrouve ce chiffre des investissements nets cumulés, je suis preneur. Cependant, en 1985, Jean-Charles Asselain expliquait que ce pourcentage n’était pas encore atteint, malgré le développement des investissements internationaux depuis les années 1960. Il donnait comme chiffre 15% du PNB pour 1970 en montant cumulés. Si on part de 15%, que l’on rajoute les 50% de la dernière décennie, mais surtout la période « trou » entre 1970 et 1997 on devrait largement dépasser cette somme pour la France du moins, pays très internationalisé.

 

Notons tout de même que le pourcentage de 4,9% des flux annuels n’est toujours pas dépassé, ce qui démontre tout de même le caractère exceptionnel de l'internationalisation de la belle époque!

 
Pour relativiser encore ces chiffres, on peut aussi rappeler qu'une bonne partie de l'internationalisation actuelle est motivée par des échanges financiers et économiques qui ne reflètent qu'imparfaitement la réalité économique, ayant des motivations fiscales (prix de transferts, investissements dans des paradis fiscaux...). Mais ces pratiques existaient déjà bien entendu lors de la première internationalisation!
 
Au final donc, M. Quatremer a tort formellement, mais il a raison de rappeler que l'internationalisation d'aujourd'hui a connu un précédent, qu'elle a aujourd'hui dépassé.
 

[2] Paul Bairoch, Victoires et déboires, Histoire économique et sociale du monde du XVIème siècle à nos jours, Folio histoire, 2005, Tome 2, tableau 13 p. 308

[3] Emmanuel Combe, Précis d’économie, PUF 2000, p. 372

[6] Jean-Charles Asselain, Histoire économique Tome 1, De la révolution industrielle à la première guerre mondiale, Presses de la fondation nationale des sciences-politiques et Dalloz, 1985,p.279

vendredi, juillet 31 2009

Rechercher sur internet en droit des affaires

Internet est une source d’informations extrêmement fournie et abondante. La règle reste valable pour le droit des affaires où il existe de nombreuses sources. Il faut distinguer entre les nombreuses sources payantes et les innombrables sources gratuites, dont le blog de votre serviteur est un modeste exemple.

 

Commençons par le plus simple, le gratuit.

 

La première chose à faire en face d’une question des droits des affaires est de sélectionner ses mots clés, et lancer un moteur de recherche google ou yahoo. Sans même regarder les résultats, je conseille d’essayer différentes combinaisons de mots clés et de s’attarder en priorité sur celle ayant le plus grand nombre d’occurrences. S’il y a peu de résultats, pas d’autres solutions que de se creuser les méninges pour trouver d’autres mots clés. A l’inverse, si vous en avez trop, n’hésitez pas à utiliser les « », voire de formuler votre question telle quelle, ou de rajouter des mots clés tels que « comment faire », « quels sont les critères de… ».

 

Pour le gratuit, il faut bien entendu être vigilant à la qualité de l’information. Par contre, il ne faut pas céder à la psychose : peu d’internautes s’amusent à donner exprès des informations mensongères. Mais des erreurs sont toujours possibles, il faut donc faire attention. En droit des affaires, il faut également s’enquérir de la date des informations : dans de nombreuses matières, la législation évolue rapidement. Par exemple, si vous cherchez des informations sur la SAS, il faut absolument trouver des pages écrites après la loi LME du 4 aout 2008 ! Ou encore sur ce blog même : le système américain de surveillance bancaire américain va être modifié prochainement… Je le retravaillerai en septembre !

 

Les sources gratuites sont extrêmement variées : il y a d’abord des sites d’universitaires ou de professionnels de droit des affaires. Il arrive d’ailleurs très fréquemment que les auteurs publient sur leur site personnel les articles qu’ils publient dans des revues payantes. Avant de vous précipiter et d’acheter leurs articles, il peut donc être utile de faire un tour sur le cabinet d’avocat où travaille l’auteur et d’essayer de trouver un onglet publications. C’est toujours cela de gagné!

 

Parmi les sources professionnelles, une place spéciale doit être réservée aux associations professionnelles, aux chambres de commerce, véritable mines d’informations d’une très grande qualité. Il en est de même pour les sites étatiques, soutenant la création d’entreprise par exemple. Ces informations peuvent bien entendu se lire les yeux fermés, à la seule réserve qu’il faut toujours rechercher la date d’actualisation des informations.

 

Il y a ensuite de nombreux sites d’étudiants de partage, dont certains sont gratuits, ou alors des compilateurs de mémoires comme par exemple glose.org. En général, la qualité est au rendez vous, mais il faut malgré tout prendre ses précautions : recouper, vérifier dans les textes. Cela s’applique bien entendu aux articles de mon blog !

 

Ensuite il y a le payant. Les principaux sites sont bien entendu lexisnexis (Jurisclassur, nombreuses revues JCP…), dalloz (encyclopédies dalloz, dalloz répertoire général, nombreuses revues RTD…) , lextenso (Gazette du palais, LPA, Joly, Defresnois), les éditions législatives (Dictionnaire permanent), francis lefebvre (bases, mémentos disponibles en ligne, nombreuses revues efl…) et dans une moindre mesure, lexbase et thomson transactive. Ce dernier éditeur dirige le doctrinal, une immense base de données des articles juridiques (mais aussi assez largement économique) publiés sur les sujets. Le doctrinal est donc véritablement une source de premier ordre. Malheureusement, il n’est pas d’une très grande réactivité, les articles n’entrant souvent dans la base de données que plusieurs mois après leur publication… De même que pour la recherche parmi les sources gratuites, il faut faire attention à utiliser plusieurs combinaisons de mots clés.

 

Pour ceux que le sujet intéresse, je les renvoie au site d’un documentaliste juridique (qui a travaillé pour des grands cabinets d’affaires : precisement.org.

 

lundi, mai 4 2009

Les fonds spéculatifs ou hedge funds

Ce bref article a pour objet d'expliciter ce que sont les hedge funds ou encore fonds spéculatifs, et d'étudier quelque peu leurs relations avec la crise actuelle, à l'heure où la commission européenne vient de proposer une directive sur la régulation des gérants d'actifs alternatifs, qui est très discutée et sur laquelle je reviendrai bientôt.

 

1. Les principales caractéristiques des hedge funds

 

Les fonds alternatifs ou spéculatifs, plus connus sous leur dénomination anglaise d’hedge funds, sont des véhicules d’investissements suivant des stratégies d’investissements non-traditionnelles. Autrement dit, un gerant de fonds appelle des investisseurs à investir et rassemble les sommes collectées qu'il va gérer dans un fonds selon une stratégie prédéfinie à laquelle les investisseurs ont adhéré.

 

En réalité, il n’y a pas de définition uniforme et synthétique rassemblant l’ensemble des hedge funds, qui rassemblent les fonds gérés de façon alternative. Les stratégies menées visent à décorréler les résultats des fonds des indices traditionnels de marché, à obtenir une performance en valeur absolue qui ne soit pas liée aux fluctuations des marchés. Pour ce faire, les gérants de hedge funds élaborent des stratégies visant à tirer profit des imperfections du marché grâce à des modèles mathématiques sophistiqués qui les mettent en évidence et des outils innovants, souvent risqués (vente à terme, recours à de forts effets de levier) pour mettre en œuvre ces stratégies.

 

Il n’existe donc pas de définition unitaire des hedge funds, que l’on classe généralement selon le type de stratégie menée. En effet, en général, les fonds se spécialisent dans un type précis de gestion alternative que sont par exemple les stratégies global macro, long-short equity ou encore d’arbitrage.

 

Pour en revenir aux hedge funds eux-mêmes, ce sont des fonds d’investissement gérés par un gestionnaire d’actifs. En général, il s’agit de structures dédiées aux fonds alternatifs, mais il arrive souvent que les gérants d’actifs spécialisés dans les hedge funds gèrent également quelques fonds traditionnels. Les gestionnaires de hedge funds et les fonds eux-mêmes sont souvent victimes d’une grande confusion dans le grand public et les médias, qui ne les distinguent pas bien.

 

Les Hedge funds se caractérisent par une certaine opacité des modèles de gestion : l’information donnée au public est nulle, celle donnée aux investisseurs est minimale. Il s’agit de garder le secret sans lequel les stratégies d’investissement, basées sur de complexes algorithmes ne pourraient fonctionner.

 

2. Bref aperçu historique

 

2.1 Les origines des hedge funds

 

On date le premier hedge funds de 1949 lorsqu’Alfred Winslow Jones créa un fonds d’investissement se faisant remarquer par sa discrétion et obtint des résultats très brillants. Le terme d’hedge, qui signifie couverture, provient de l’utilisation à l’origine systématique d’une couverture par les premières stratégies développées par les hedge funds. L’objectif était de tirer profit des imperfections des marchés financiers tout en se couvrant du risque de marché. Mais la couverture, représentant un coût non négligeable, a rapidement fait place à des objectifs de spéculation plus traditionnels.

 

L’industrie de la gestion alternative a connu un essor sans précédent depuis quelques années, passant de la marginalité à une institutionnalisation marquée. Les Hedge funds rassemblaient ainsi, fin 2007, près de 1800 milliards de dollars d’actifs.

 

2.2 Les hedge funds et la crise

 

Souffrant d’une image déplorable dans l’opinion, les promoteurs des hedge funds contre-attaquent en refusant, avec justice, que la crise des subprime leurs soit attribué. Certains vont même jusqu’à dire que les hedge funds ne sont pour rien dans la crise actuelle[1] et ont servi de bouc émissaire. Mais la plupart des économistes reconnaissent que les hedge funds ont joué un rôle dans la crise financière internationale[2]. En résumé, la thèse de ces derniers auteurs est que les hedge funds ont d’une part permis aux banques d’écouler les produits titrisés qu’elles élaboraient et d’autre part ont accru la spirale de baisse des actifs mondiaux en cherchant à satisfaire les demandes de remboursement émanant de leurs investisseurs.

 

En effet, en faisant sortir du bilan des risques qu’elles assuraient par ailleurs en étant les principaux prêteurs des hedge funds via les conventions de prime brokerage , les hedge funds ont permis à la folie des subprime de se maintenir et d’atteindre un niveau systémique. 

 

Une fois la crise déclenchée, les hedge funds ont malheureusement joué un rôle d’amplificateur de la crise. Même si globalement, leurs performances sont moins mauvaises que celles de la moyenne des OPCVM classiques (l’indice de performance des principaux hedge funds surpassent ainsi par exemple ceux du CAC 40 ou du SBF 120 par exemple), les fonds alternatifs ont massivement perdu de l’argent, autour de 22 % en 2008. Ils ont donc dû faire face au retrait de nombreux investisseurs, qui ont exigé le remboursement de leurs parts. Les fonds alternatifs sont en effet en grande majorité des fonds ouverts, et les périodes de lock-up qui peuvent être stipulés dans les statuts des fonds sont en général d’une durée assez faible, de l’ordre de quelques mois. Afin d’assurer la liquidité de leurs fonds, les gestionnaire ont donc dû vendre leurs actifs sous gestion afin d’honorer les demandes de remboursement. Le cercle vicieux de la baisse des cours s’est alors mis en route, entraînant la chute brutale des cours de bourse. La décollecte se poursuit, puisque 103,291 milliards de dollars d’actifs sous gestion de l’industrie des hedge funds ont été retirés par leurs propriétaires au cours des trois premiers mois de l’année[3].



[1]Noël Amenc, Trois premières leçons de la crise des crédits « subprime”, Août 2007 http://professoral.edhec.com/jsp/fiche_document.jsp?CODE=1189083262686&LANGUE=0

[2]André Cartapanis et Jérôme Teïletsche, Les hedge funds et la crise financière internationale, avril 2008, in « La crise financière : diagnostic et perspectives » N° spécial conjoint de la Revue d’Economie Financière et de la revue Risques juin 2008, http://www.iep.u-3mrs.fr/media/ACTeilteche-Hedge_Funds-avril_2008.pdf

Michel Aglietta et Sandra Rigot, La réglementation des hedge funds face à la crise financière, Une contribution au débat, 2008,  http://congres.afse.fr/docs/633525lareglementationdeshedgefundsavril2008.doc

[3]Chiffres : Hedge Fund Research, cités par La Tribune, Lundi 27 Avril 2009 p. 20.

vendredi, février 27 2009

Quelques éléments sur le maquis réglementaire américain

En tout premier lieu, il faut mettre en garde le juriste français contre la traduction trop simpliste du terme anglais « regulation » par régulation, qui dans le sens français, englobe à la fois la réglementation et le contrôle. Ces notions sont également distinctes aux Etats-Unis : la « Bank supervision » (contrôle bancaire) désigne une surveillance permanente, un contrôle sur pièce, alors que la « Bank regulation » (réglementation bancaire) fait référence à la préparation et l’adoption de réglementations particulières sous l’autorité du législateur régissant le secteur (1) .

La régulation du système bancaire aux Etats-Unis est assurée par différentes institutions ayant différents niveaux de compétences. Une banque est ainsi régulée par des autorités fédérales, mais également au niveau de chaque Etat lorsqu’il s’agit d’une state banks, qui sont les plus nombreuses. Aux multiples statuts des institutions bancaires américaines (banques nationales, étatiques membres ou non du système fédéral de réserve, auquel il faut ajouter les sociétés ayant une filiale bancaire, sans compter le maelstrom des institutions d’épargne) répondent également un maquis d’autorités de régulation aux compétences imbriquées (dans chaque Etat fédéré, FDIC, OCC, OTS et Fed).

Répartition des compétences

Les autorités au niveau fédéral sont la federal deposit insurance corporation (FDIC), l'Office of the Comptroller of the Currency (OCC), l'Office of Thrift Supervision (OTS), agences fédérales rattachées au Trésor sans compter bien sûr la Réserve fédérale. La FDIC, elle, dépend du Congrès.

L’OCC est chargée d’agréer et de superviser les banques nationales (environ 1600) ainsi que les succursales ou agences des banques étrangères (environ 50). Il s’agit d’une agence dépendant du département du Trésor qui emploie environ 3200 personnes.

L’OTS et également une agence du trésor, employant 1000 personnes en 2007. Il agrée et contrôle les federal saving associations (c'est-à-dire les federal saving banks et les saving association). Sa spécificité par rapport à l’OCC tient à ce qu’il supervise également les holdings de ces institutions.

Pour ce qui est de la régulation bancaire, la Réserve Fédérale est chargée de superviser les state banks membres de son système ainsi que l’ensemble des Bank Holding Companies (BHC, c'est-à-dire les sociétés contrôlant une ou plusieurs banques). Cette dernière attribution l’amène à surveiller (par notification obligatoire ou autorisation) les constitutions ou fusions de BHC, l’acquisition de banques, le développement par ces BHC d’activités non-bancaires. Si les BHC possèdent des banques nationales, la Réserve Fédérale opère en concertation avec l’OCC.



La federal deposit insurance corporation

Elle est chargée de superviser les state banks qu’elle assure qui ne sont pas membres du système de la Réserve fédérale ainsi que les banques d’épargne (saving banks). Elle a également une responsabilité de superviseur de second rang (back-up) des banques nationales (en coordination avec l’OCC) et des établissements d’épargne (en coordination avec l’OTS).

Affiliation : l’adhésion à la FDIC est obligatoire pour toutes les banques membres du Federal reserve system (toutes les national banks et certaines state banks – 1014 banques sur 6802 en 1998), et optionnelle pour les state banks non membres du federal reserve system, mais qui sont dans les faits presque toutes adhérentes au FDIC.

La FDIC est chargée plus spécifiquement de la régulation au niveau fédéral des state banks. En effet, les state chartered banks, par opposition au banques nationales, sont régulées par une agence de l’Etat fédéré, souvent appelée department of financial institutions. Elles représentent la grande majorité des banques (71,4% pour 45% des dépôts ou actifs de l’industrie bancaire américaine en 1998 (2)). A cela se rajoute la régulation opérée par le FDIC au niveau fédéral à laquelle presque toutes les state banks sont par ailleurs affiliées.

A la différence de la France, la régulation du secteur bancaire s’est construite autour de ce fonds (introduit en France seulement dans les années 90, suite à la directive 94-19 du 30 mai 1994, et qui n’a pas du tout la même ampleur).

La participation à la FDIC en tant que fonds de garantie des dépôts est obligatoire pour toutes les banques membres du Federal Reserve System (système réunissant diverses banques de réserve jouant le rôle de banque centrale dans la zone géographique leur étant dévolue), soit toutes les national banks et les state-chartered member banks. Quant aux state chartered non-member banks, elles sont en réalité toutes affiliées à la FDIC mêmes si leur adhésion n’est pas obligatoire.

Fonctionnement de la FDIC

La FDIC, le fonds national de garantie des dépôts, est l’une des agences mandataires de l’administration américaine chargée d’assurer la stabilité du système bancaire américain. Il s’agit d’une société privée, créée en 1933 par le Glass Steagall Act et dirigée comme une société privée avec un conseil d’administration de cinq personnes, nommées par le Président et approuvées par le Sénat. Parmi les cinq personnes, il n’est pas possible d’avoir plus de trois personnes du même parti. Le conseil comprend, début 2009, une présidente, Sheila Bair, un vice président et un directeur, ainsi que le comptroller of the currency, John Dugan et le directeur de l’OTS, John Reich. Elle comporte aujourd’hui près de 5 000 employés.

Ses ressources proviennent des cotisations versées par les institutions bancaires et d’épargne assurées, mais aussi des certificats d’association souscrits par les membres lors de leur adhésion (remboursable en cas de retrait d’agréement) et des revenus tirés d’investissements dans les bons du trésor américains. Aujourd’hui, il dispose de 45 milliards de dollars pour plus de 5 trillions de dollars de dépôts assurés. Récemment, la limite de garantie de 100 000 $ a été portée à 250 000 $ par compte de façon temporaire (jusqu’à fin 2009) par le plan Paulson. Le ratio de couverture (qui tourne autour de 1,15 %) s’est récemment dégradé du fait de la crise économique, et on discute aujourd’hui sur la question d’augmenter les primes des établissements assurés.

La FDIC, en cas de faillite d’une banque, remplit son office en dédommageant les clients de cette dernière. Mais ses compétences vont bien au-delà : elle est chargée d’une surveillance particulière des banques quant à leur solvabilité, et peut être amené à prendre des mesures contraignantes, allant jusqu’à prendre le contrôle d’une banque sous-capitalisée et/ou en risque de faillite. Elle organise alors la vente des dépôts et crédits assurés à une autre banque.

Notes (1) David Blache, Le droit bancaire aux Etats-Unis, Revue Banque Edition, 2008, p. 21 Plus généralement, c'est le livre en français à consulter sur le sujet et je m'en suis largement inspiré pour cette note

(2)

mercredi, février 18 2009

Paris et ses expositions universelles, architectures, 1855-1937 à la Conciergerie

 

Une exposition sans grandes prétentions au sujet des expositions…. Vous vous doutez bien que je me devais d’inaugurer ce blog par un billet sur cette manifestation !

 

Son objet est de montrer comment les expositions universelles et commerciales ont façonné Paris, lui léguant un héritage architectural particulièrement riche. Le premier d’entre eux est bien entendu la tour Eiffel, érigée à l’occasion de l’exposition universelle de 1889. Mais le pont Alexandre III, les grand et petit palais ou bien encore les palais de Tokyo et de Chaillot ont également été construits pour des expositions.

 

Mais l’apport des expositions ne se limite pas à ces monuments. En effet, c’est pour l’exposition de 1900 qu’a été inaugurée la première ligne du métropolitain, innovation majeure de l’urbanisme parisien qui a permis au Paris haussmannien de rester viable. La gare d'Orsay a également été construite pour l'exposition de 1900. Ce sont également les différentes expositions qui ont façonné les berges des quais de Seine telles que nous les connaissons aujourd'hui, des Invalides jusqu'à la Tour Eiffel.

 

En elles-mêmes, les expositions, par leur caractère massif, ont été le lieu d’expérimentation de nombreuses innovations techniques. Elles marquent une rupture dans l'organisation des grands événements populaires, obligeant les organisateurs à planifier une gestion rationnelle des foules. Ainsi, par exemple le tapis roulant a été inventé pour l’exposition universelle de 1893 de Chicago (non évoquée à la Conciergerie) et il me semble qu'il y en avait un à celle de 1900. A cet égard, certaines vidéos retraçant les expositions sont un témoignage tout à fait intéressant: depuis cette époque et sur de nombreux points, les problématiques restent les mêmes.

 

L’intérêt de l’exposition est à mon avis double : au-delà de l'architecture et de l'héritage parisien des expositions, thème choisi par les commissaires, les expositions universelles, internationales et coloniales sont bien entendu un témoignage de leurs temps, de ce que leurs contemporains voulaient, mais aussi pouvaient exposer. Ainsi, alors qu’au départ, l’ambition était sans doute de montrer un maximum d’objet, témoins du génie humain (et particulièrement mécanique), les exposants ont vite renoncé devant l'ampleur de la tâche. Parfois pour le meilleur, comme en témoigne certains pavillons d'une saisissante beauté (il y a une photo du pavillon espagnol lors de l'exposition de 1937: une salle absolument magnifique ornée du célèbre Guernica de Picasso), d'autres fois pour le pire, comme en témoigne l’artificialité de l’exposition coloniale. En fait, le kitch, l'exotisme d'opérette de cette exposition m'a beaucoup choqué, plus peut-être que les messages qu'elle voulait faire passer.

   

L’exposition rassemble environ deux cents photographies d’époque, ainsi que quelques gravures et images d’Epinal, présentées sur de longs panneaux consacrés chacun à une exposition. Quelques vidéos sont également disponibles, mais il n'y a pas de maquettes ni d’objets. Dans l’ensemble, la présentation est assez sobre, mais les explications sont claires et pas trop abondantes. L’un des auteurs est Pascal Ory, historien sociologue et ethnographe ayant participé à de nombreux colloques sur le phénomène, qui vous parlera de l’histoire des expositions beaucoup mieux que moi.

 

La salle d’exposition est celle des gens d’armes, sous les voutes gothiques d'une splendeur inégalée. Si le thème ne vous intéresse pas, vous pourrez toujours levez le nez et admirer leur finesse !

 

C’est une expo assez courte que j’ai visité en un peu plus d’une heure, étant allé vite sur la fin. Maintenant, je suis du genre à tout lire, tout regarder, au risque du trop plein. Au maximum, je dirais que la visite dure une heure et demie, mais il est tout à fait possible d’en avoir un bon aperçu en une demi-heure. C'est bien entendu très intéressant, mais les billets sont assez chers (6,5 € en tarif réduit)... Je vous conseille d'aller la visiter le dimanche 1er Mars, l'entrée est alors gratuite

L'exposition est disponible jusqu'au 12 Mars.

http://www.monuments-nationaux.fr/fr/les-actualites/les-evenements/tous/bdd/actu/1714

dimanche, février 15 2009

Bienvenue sur mon blog !!

Je ne sais pas encore ce que je vais en faire exactement. Pour le moment, je prévois de faire des messages concernant le droit des affaires, l’économie ou encore la politique. Mais je ne compte pas m’en tenir aux seuls sujets sérieux. J’espère ainsi faire des billets sur les films, les expositions ou mes sorties culturelles. Je connais bien le monde des expositions, tant culturelles que commerciales et donc je vais probablement un peu en parler. Enfin seulement concernant la scénographie, ne vous attendez pas à ce que je connaisse à fond l’art, les sciences.... J’habite à Paris, les éventuelles critiques d’expos seront donc parisiennes si ce n’est germanopratines. Mais bon, il m’arrive également de voyager tout de même !

 

Les commentaires sont publiés à posteriori.