Expositions, droit et économie

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lundi, mai 7 2012

Réponse à "François Asselineau"

Ma lettre ouverte aux militants de François Asselineau semble avoir fait quelques vagues au sein de l'union populaire républicaine, si bien qu'un fil de discussion lui a été consacré, avec intervention du maître des lieux himself (ou plutôt de son équipe de modération, au vu de la qualité pitoyable de sa réponse, mais en tous cas sous sa signature).

Je ne suis pas sûr que ce long billet ait un quelconque intérêt, mais s'il aura contribuer à desciller les yeux de quelques militants comme le précédent, eh bien il aura servi à quelque chose. Résumons brièvement mon article: dans un article factuel et cherchant à éviter le plus possible la polémique inutile, j'invitais François Asselineau et ses militants à cesser la campagne de calomnie et de dénigrement lancée par eux à l'encontre de Nicolas Dupont-Aignan. J'y exposais qu'en réalité, en dehors des calomnies que je n'ai pas traité (mais sur lesquelles François Asselineau est revenu, on va leur faire le sort qu'elles méritent), l'upr n'avait qu'un seul argument à opposer à Debout la République: François Asselineau explique à qui veut l'entendre que Nicolas Dupont-Aignan ne serait pas cohérent en prétendant quitter l'euro et refonder l'Union Européenne alors que seule la sortie unilatérale pure et simple de la France serait possible. Argument sur lequel on peut discuter et auquel j'opposais toute une série d'arguments. Allez lire mon article si vous voulez vous faire une idée. Grosso modo, outre toute une série d'arguments (sur la faiblesse d'une approche formaliste, l'absence de procédures d'expulsion, la présence de pays en dehors de l'euro et dans l'UE...) mon argument principal est qu'en ces matières le formalisme juridique est un point de détail face à la puissance du politique. En matière internationale, on veut, et ensuite on organise le comment.


Le but de cet article n'était absolument pas de rentrer dans une polémique stérile avec l'UPR, mais simplement de les appeler à plus de responsabilités et de cesser leur campagne de dénigrement systématique. A cet article ont donc répondu divers commentateurs, parfois allant dans mon sens, parfois non. Des militants de l'upr ont regretté l'attitude de François Asselineau et de son parti envers Nicolas Dupont-Aignan. D'autres, sans jamais répondre à mes arguments et souvent sans lire mon article, m'ont, à l'habitude des militants extrêmistes, violemment pris à parti. Mais intéressons-nous à la réponse de François Asselineau lui-même, que l'on donc peut voir dans les derniers commentaires de ce fil. Je vais essayer de tout commenter, et nous allons voir que tout dans cette réponse respire de la plus parfaite mauvaise foi quand elle ne tombe pas dans l'insulte gratuite ou la calomnie pure et simple. François Asselineau se décrédibilise lorsqu'il se prête à de telles pratiques, indigne de l'homme politique responsable qu'il prétend être. François Asselineau commence très fort, en se posant en victime (rappelons qu'il réagit à mon message). Il explique ainsi, sans rire:

Il convient d'arrêter de renverser les situations. M. Dupont-Aignan est un adversaire résolu de l'UPR.

Et là, il faut arrêter de dire des conneries. En aucune manière je n'ai renversé la situation, qui est celle-ci: Nicolas Dupont-Aignan fait l'objet d'une violente campagne de dénigrement, alimentées par des militants de l'upr quand ils ne l'orchestrent pas eux même, se prévalant de multiples interventions de François Asselineau que l'on peut voir par exemple ici ou (spéciale mention à la bave de François Asselineau), ou bien encore , ici. Je précise que je me suis rendu à une conférence de François Asselineau pendant l'hiver 2010-2011, où François Asselineau a éructé (c'est le mot) le qualificatif de "traître" en parlant de Nicolas Dupont-Aignan. Ce dernier, ainsi que ces militants, n'ont jamais fait que répondre aux campagnes de calomnie de l'UPR, sans jamais attaquer ce mouvement. NDA a même précisé dans une interview que malheureusement je ne retrouve plus sympathie à l'égard de François Asselineau.

Et François Asselineau enchaîne:

"Tout le monde a d'ailleurs pu noter qu'il a récemment cité Mme Le Pen ou M. Montebourg comme l'un de ses possibles Premiers ministres s'il était élu président de la République (ce qui prouve qu'il n'a pas le sens du ridicule !), mais qu'il a, comme toujours, gardé le silence le plus absolu sur l'UPR et François Asselineau."

On le voit, on commence tout de suite par le ridicule: pour qui François Asselineau se prend-il? Il ne lui aura pas échappé qu'Arnaud Montebourg comme Marine Le Pen sont des personnalités politiques connues, ce qu'il n'est pas. Précisons que NDA n'avait fait cette annonce que par boutade afin de dire qu'il était prêt à travailler avec n'importe qui à partir du moment où cette personne s'alignerait sur ses idées.

Si nos militants et nos sympathisants réagissent de façon parfois vive aux messages des cybermilitants de DLR, c'est parce qu'ils ont du mal à supporter sans rien dire de voir ce mouvement leurre, soutenu discrètement en sous-main par l'UMP, venir nous donner avec hypocrisie et mépris des leçons d'ouverture, alors que sa promotion médiatique constante par le Système a précisément pour but de contrecarrer l'ascension de l'UPR.

Rappelons ce ne sont pas les sympathisants de l'upr qui réagissent, mais bien eux qui lancent les hostilités. S'agissant des liens de DLR avec l'UMP, les choses sont très claires: DLR qui était au départ un mouvement associé de l'UMP, a pris son indépendance en janvier 2007, les derniers liens financiers étant rompus  à la fin de cette année. DLR n'est pas, et depuis longtemps, soutenu par l'UMP, que ce soit ouvertement ou en sous-main. Quant à dire que DLR bénéficierait d'une promotion médiatique constante du Système (avec un grand S... Ouh le grand méchant système!), c'est d'un ridicule achevé. Petit rappel: NDA n'a eu qu'une poignée de secondes de temps d'antenne sur TF1 pour l'année 2011... Quant à prétendre que cette promotion inexistante aurait pour but caché de contrecarrer l'ascension de l'UPR... Que dire devant tant de bêtise et de fatuité? Il y en a vraiment qui se prennent au sérieux!

La politique constante de DLR revient à affirmer avec condescendance que "François Asselineau est un bon conférencier" mais "qu'il est dommage qu'il divise le camp des patriotes car nous pensons à peu près la même chose" [sic].

Personnellement, je ne pense pas que François Asselineau soit un bon conférencier et je m'explique mal d'ailleurs le succès de ces dernières, ennuyeuses au possible. Mais il est possible que certains militants de DLR l'ait dit. Après, il est évident que l'UPR partage avec DLR certaines des critiques formulées à l'encontre de la construction européenne. Mais pour autant, il est faux de dire que UPR et DLR penseraient la même chose: fondamentalement, nous sommes des eurosceptiques, mais nous ne sommes pas europhobes comme l'UPR pour aller vite.

Cette manœuvre de DLR est doublement insidieuse.
==> D'une part, elle laisse entendre implicitement que, parce que M. Dupont-Aignan bénéficie de la couverture dans les grands médias qui est refusée à François Asselineau, et parce qu'il est député suite à des accords secrets avec l'UMP, il serait de ce fait plus légitime que le président de l'UPR.

NDA est plus légitime en tant qu'homme politique que le président de l'UPR parce qu'il est élu, ce qui n'est pas le cas de François Asselineau. Il n'y a eu aucun accord secret entre DLR et l'UMP au sujet de la candidature de Nicolas Dupont-Aignan: l'UMP, après avoir pris acte du départ de Nicolas Dupont-Aignan de ce mouvement, a néanmoins décidé d'apporter son soutien à sa candidature dans l'Essonne. Tout simplement parce que l'UMP n'avait pas d'autre choix: Nicolas Dupont-Aignan est, dans sa circonscription, inexpugnable grâce à sa popularité acquise dans sa ville d'Yerres et sa communauté d'agglomération.

Cela revient à donner le rôle d'arbitre aux grands médias, donc à ceux qui les possèdent, ainsi qu'à l'UMP qui ne présente jamais de candidat face à M. Dupont-Aignan dans la 8e criconscription de l'Essonne.


Comme expliqué précédemment, si l'UMP ne présente pas de candidat face à Nicolas Dupont-Aignan, c'est en raison de la popularité de ce-dernier. Demandez à n'importe quel journaliste politique ou personne un peu au courant de la situation locale, il vous confirmera ce fait qui  ne souffre aucune contestation. Plus largement, je m'insurge contre cette présentation immonde des faits: que voudrait François Asselineau? Que Nicolas Dupont-Aignan soit battu par un candidat de l'UMP afin de lui laisser le champ libre?

De notre point de vue, le fait que M. Asselineau ne soit pas député par la grâce de l'UMP et soit barré des grands médias du système, à l'inverse de M. Dupont-Aignan, sont bien au contraire des indice sen faveur de la rectitude et de l'honnêteté politique du premier, par rapport aux ambiguïtés politiciennes constantes du second.


Il faut arrêter les conneries au bout d'un moment: François Asselineau a été également un élu UMP au Conseil de Paris, sa situation, quoique moins brillante, a été identique à celle de Nicolas Dupont-Aignan. Par ailleurs, s'il fallait voir dans la non-élection d'une personne un indice d'honnêteté politique, et bien nous sommes 60 millions de personnes à prétendre à ce qualificatif!


==> D'autre part, les militants de DLR ajoutent toujours l’insinuation que la candidature et l'existence même de l'UPR seraient superflues, comme si nos analyses et nos propositions étaient "grosso modo" identiques à celles de M. Dupont-Aignan et de DLR.

Les responsables de DLR répètent constamment cela à leurs adhérents, selon le diction cher à Goebbels qui veut qu'« un mensonge répété dix fois reste un mensonge, mais répété 10 000 fois il devient une vérité ».

Le parallèle avec Goebbels est d'un ridicule achevé, mais pourrait trouver à s'appliquer particulièrement à l'égard des multiples calomnies proférées par l'UPR à l'encontre de DLR. Jamais personne, à ma connaissance, n'a dit cela à DLR, et encore moins ses responsables. Par contre, je pense (mais c'est mon avis personnel, qui n'engage que moi) que l'attitude de l'UPR à l'encontre de DLR est contre-productive pour la cause eurosceptique dans son ensemble. Le temps que les militants de l'UPR perdent à insulter DLR et ceux de DLR à répondre à ces calomnies sans nom, il n'est pas utilisé pour dénoncer le fonctionnement actuel de l'Union Européenne.

Mais ces mêmes responsables refusent systématiquement tout débat de fond entre M. Dupont-Aignan et M. Asselineau, et refusent de leur expliquer nos points de désaccord. M. Dupont-Aignan lui-même a d'ailleurs plusieurs fois décliné l'invitation qui lui avait été faite de débattre publiquement à la radio avec M. Asselineau.

Je n'ai pas connaissance d'un refus de Nicolas Dupont-Aignan de débattre avec M. Asselineau. Reste qu'il faudrait que les militants de l'UPR comprennent qu'il y a une différence de niveau entre Nicolas Dupont-Aignan, député, candidat à la présidentielle (ayant par la suite recueilli 650.000 voix) et le président d'un parti qui reconnaît lui-même ne compter qu'un petit millier d'adhérents et qui ne s'est jamais présenté à aucune élection. Que Nicolas Dupont-Aignan n'a pas à se soumettre à un débat avec une personne qui l'insulte à longueurs d'articles. Je me permets également de vous signaler que Laurent Pinsolle, porte parole de Debout la République, a publié une lettre ouverte à l'adresse de François Asselineau en octobre 2010, qui n'a toujours pas, à ma connaissance, connue de réponse. Avant de réclamer de débattre à corps et à cri, encore faut-il s'assurer d'avoir saisi les opportunités de débat.

Quiconque est honnête intellectuellement convient qu'il n'est pas normal de refuser une telle explication franche et claire devant les militants des deux mouvements.

J'ai la prétention d'être honnête intellectuellement, et je viens de donner trois raisons pour refuser une telle explication. Ce type de figures rhétoriques est d'une pauvreté... Navrant pour le niveau de François Asselineau ou de ses rédacteurs.

Puisque DLR le refuse, nous tenons, nous, à mettre les points sur les "i" afin de montrer :
a)- que les analyses et les propositions de M. Dupont-Aignan sont à des années-lumière de celles de François Asselineau,

On va voir ce qu'on va voir! Je me permets de faire remarquer au lecteur la fatuité et la morgue de François Asselineau, tellement persuadé de la pertinence de ses analyses qu'il en oublie qu'elle n'est reconnue par personne hormis lui-même et sa cohorte de groupies.

b)- qu’elles sont en revanche très proches de celles de Mme Le Pen ou de M. Sarkozy. Car ceux-ci prétendent, comme M. Dupont-Aignan, modifier l'Union européenne en restant dedans.

Il est vrai que Marine Le Pen, sous l'influence de Florian Filippot, a rejoint bon nombre des idées de Nicolas Dupont-Aignan sur l'Europe. Mais il est complètement faux de dire que, parce que Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy souhaitent rester dans l'Union Européenne, leurs idées sont semblables. Par exemple, Marine Le Pen entend quitter Schengen et l'euro, ce qui n'a jamais été le cas de Nicolas Sarkozy. En séparant d'un côté ceux qui souhaitent sortir de l'UE et les autres, sans faire d'autres distinctions, l'UPR invente un clivage aussi artificiel que réducteur.

François Asselineau cherche alors à établir tous les poins séparant l'UPR de DLR.

1)- Contrairement à François Asselineau, M. Dupont-Aignan refuse d'expliquer ce qu'est en profondeur la "construction européenne", à savoir une invention des États-Unis dans le but de domestiquer le continent européen, ce à quoi ils sont parvenus après six décennies. M. Dupont-Aignan n'explique jamais pour qui travaillaient Jean Monnet et Robert Schuman, qui a eu le premier l'idée d'une Constitution européenne (Eisenhower), etc.

Au lecteur égaré, rappelons que François Asselineau développe une théorie complotiste selon laquelle l'UE ne serait qu'un instrument de domination des Etats-Unis mis en place par eux. Nicolas Dupont-Aignan, avec la quasi-totalité des historiens et des politologues, ne fait pas cette analyse. Il n'a donc pas à l'expliquer.

2)- Contrairement à François Asselineau, M. Dupont-Aignan approuve le principe même de cette "construction européenne".


Et là, on tient une vraie différence, ce dont DLR ne s'est jamais caché. Le livre de NDA sur la constitution européenne en 2005 (époque où l'on ne sait pas bien ce que faisait François Asselineau) s'intitulait même "J'aime l'Europe, je vote non".

Il refuse de débusquer les mensonges habituels de la propagande européiste, par exemple ceux qui affirment que la France serait "isolée" si elle sortait de l'UE.

Ce que je crois, c'est que la France n'a pas à s'isoler en se coupant de ses partenaires européens avec un retrait unilatéral de l'Union Européenne, alors qu'il suffit de refonder la construction européenne qui est un projet d'avenir à condition qu'il soit bien mené. Quant à Nicolas Dupont-Aignan, il combat tous les jours contre la pensée unique, la construction européenne telle qu'elle se construit actuellement: il n'a donc pas le temps d'envisager la sortie de l'UE, qui est un objectif qu'il ne suit pas (et d'ailleurs, je n'ai pas vraiment entendu le "mensonge" dont vous parlez, puisqu'aujourd'hui la sortie de l'UE n'est tout simplement pas d'actualité.

Pire encore, il les reprend à leur compte en n'hésitant pas, ici ou là, à reprendre le bobard qu'il faut faire l'Europe pour peser dans le monde.

Peser dans le monde, je ne vois pas exactement ce que François Asselineau veut dire par là. S'il parle de diplomatie, les choses sont très claires pour Nicolas Dupont-Aignan, qui souhaite que la diplomatie française soit la plus libre possible tout comme celle de nos partenaires (même si cela n'exclut pas les coopérations, évidemment). En matière économique, il est évident que la France n'aurait pas pu mener seule des projets tels qu'Arianespace, Airbus ou bien encore Eurocopter.

3)- Contrairement à François Asselineau, M. Dupont-Aignan refuse absolument de sortir de l'Union européenne. Il l'a dit et redit cent fois. Cela suffit à rendre impossible tout accord entre nous puisque la sortie de l'UE, de façon unilatérale et juridique, constitue précisément la clé de voûte de notre programme de libération nationale.

Encore une fois, Nicolas Dupont-Aignan n'a jamais cherché un accord particulier avec François Asselineau, qu'il avait rencontré il y a de ça quelques années sur la demande de ce dernier. Ce que nous voulons, c'est simplement que François Asselineau cesse sa campagne anti-DLR. Sur le fond, il est faux de dire que Nicolas Dupont-Aignan refuserait absolument de sortir de l'Union Européenne. Comme expliqué précedemment, NDA veut refonder la construction européenne sur des bases radicalement différentes, la coopération et une structure  confédérale. Si pour cela, il faut passer par la sortie de l'Union Européenne, et bien pourquoi pas! Il s'en est d'ailleurs expliqué récemment (après cette réponse de François Asselineau).

4)- Contrairement à François Asselineau, M. Dupont-Aignan respecte le silence complice de tous les partis politiques français qui entoure l'article 50 du TUE, article qui précise justement comment un État peut sortir de l'UE.

La sortie de l'UE n'est pas, en dépit des efforts de François Asselineau, un thème d'actualité. Il n'y a donc pas de "silence complice" au sujet de l'article 50 qui, contrairement à ce qui est indiqué, ne précise que fort peu le comment de la sortie de l'UE, se bornant à renvoyer à des négociations. Cet article, encore une fois, est très anodin et n'apporte pas grand chose si ce n'est un délai, au demeurant extrêmement long (deux ans) pour procéder à cette sortie. Avant l'article 50, seuls les juristes les plus bornés prétendaient qu'il était impossible de sortir de l'UE.

5)- Contrairement à François Asselineau, M. Dupont-Aignan refuse de voir que la "construction européenne" est la face politique de la même médaille d'asservissement à l'empire atlantiste dont la face militaire est l'OTAN.

Contrairement à François Asselineau, Nicolas Dupont-Aignan n'a jamais cédé aux sirènes de l'anti-américanisme primaire et du complotisme. A lire le style hasardeux de cette phrase, je me doute que François Asselineau n'en est pas l'auteur... Il faut arrêter avec cette théorie stupide faisant des Etats-Unis l'origine de tous les maux possibles et imaginables, et croire que nous serions asservis à cette nation. Les Etats-Unis sont la nation la plus puissante aujourd'hui, et ils exercent une certaine forme d'hégémonie. Mais de là à parler "d'asservissement", à "l'empire atlantiste", il y a un pas vers le ridicule que tout homme censé doit se garder de franchir.

6)- Contrairement à François Asselineau, M. Dupont-Aignan refuse d'expliquer que la "construction européenne", par son principe même, nous conduit tout droit à des guerres néo-coloniales et au "Choc des Civilisations".

Et là, il faut arrêter le délire! L'Union Européenne, "par son principe même" nous conduirait à des guerres néo-coloniales? Au choc des civilisations? Et puis encore? Et quel est ce principe même de l'Union Européenne?

 7)- Contrairement à François Asselineau, M. Dupont-Aignan refuse de sortir de l'OTAN (et pas seulement du "commandement militaire intégré").

Oui et alors? Sur le sujet, je ne résiste pas à l'envie de vous donner l'intervention de Nicolas Dupont-Aignan à l'Assemblée Nationale. Même les opposants les plus acharnés de Nicolas Dupont-Aignan ne pourront qu'apprécier son petit discours, la justesse de ses analyses (y compris a posteriori). Cela a de la gueule comme on dit! Rappelons que Nicolas Dupont-Aignan se situe là dans le droit fil de l'action de Charles de Gaulle.

8)- Contrairement à François Asselineau, M. Dupont-Aignan refuse de voir que le principe même de la "construction européenne" repose sur une idée racialiste, puisqu'il s'agit de procéder à une sorte d'apartheid planétaire, en distinguant le monde blanc du reste du monde.

C'est sans doute là l'une des interventions les plus choquantes et des plus idiotes de François Asselineau. Il devrait peut-être apprendre que le terme de "monde blanc" ne doit plus être utilisé depuis au moins 50 ans, que de très nombreux ressortissants européens ont des origines extra-européennes, que l'ensemble des Amériques, l'Afrique du Nord ou bien l'Océanie sont également peuplées de "blancs", que surtout chaque pays européen a le droit de s'associer avec qui il veut sans pour autant exclure les autres! Bref, c'est tellement n'importe quoi que je ne sais plus quoi dire!

M. Dupont-Aignan ne voit pas qu’il n'y a aucune raison culturelle, linguistique, économique, commerciale, financière, migratoire, familiale, démographique, touristique, universitaire, médicale, ni même de proximité géographique, pour vouloir fusionner la France avec l'Estonie ou la Bulgarie plutôt qu'avec la Tunisie ou l'Algérie. Bien au contraire, puisque toutes ces raisons nous poussent à la conclusion inverse!

Nicolas Dupont-Aignan n'a jamais voulu fusionner la France avec un quelconque pays européen ou d'Afrique du Nord. Au delà de cela, je comprends que François Asselineau nie la proximité et l'intérêt qu'ont les pays européens de travailler ensemble plutôt qu'avec d'autres. Ce qui est tout à fait contestable. Prenons les choses dans l'ordre:

a) au niveau culturel, les pays d'Europe partagent, contrairement à ce qu'il croît, énormément: l'héritage gréco-latin, les valeurs des religions judéo-chrétiennes, une histoire millénaire, les lumières etc. Ce qui n'est pas le cas des pays d'Afrique du Nord, qui n'ont pas reçu la même manière l'héritage gréco-latin (qui fondamentalement leur était étranger), sont de religion musulmane, dont l'histoire commune avec la France date au vrai de deux cent ans tout au plus (mais quelle histoire bien sûr), ont encore aujourd'hui mal assimilé l'apport des lumières etc.

b) au niveau linguistique, il est vrai que la Tunisie et l'Algérie ont été marqués par la langue française, qui bénéficie encore là-bas d'un statut priviligié (ce qui est de moins en moins vrai s'agissant de l'Algérie). Mais n'oublions pas que la Belgique est, presque pour moitié, de langue maternelle française.

c) sur les raisons économiques commerciales et financières, François Asselineau a tout faux: le commerce avec les pays de l'UE est infiniment supérieur de celui avec les Etats du maghreb ou même de l'ensemble des ex-colonies françaises (commerce avec l'UE, c'est environ, de mémoire, 30% de notre PIB!), il en est de même pour les investissements. Par contre, dans ces pays, la France est souvent le premier partenaire, mais étant donné que ces pays sont beaucoup plus pauvres, pour la France, ce n'est absolument pas le cas.

d) sur les raisons migratoires et familiales, heureusement, il ne s'agit pas pour moi de raisons fondamentales, à moins de vouloir abolir les nations (ce qui n'est pas, loin s'en faut, l'objectif de l'UPR). Mais d'ailleurs, si effectivement beaucoup de ressortissants français ont des origines maghrebines, n'oublions pas que les ressortissants européens sont également très nombreux et qu'il y a probablement beaucoup plus d'émigrés français (en Angleterre par exemple) dans l'UE qu'ailleurs.

e)
sur le tourisme, à mon avis, il y a plus de touristes français en Europe que dans les seuls pays du maghreb, et il y a évidemment beaucoup plus de touristes européens en France que de touristes d'Algérie ou de Tunisie...

f) je passe sur le reste, qui est anecdotique, pour revenir sur la perle de François Asselineau: il lui suffit de retourner en CP, à sa leçon de géographie: il y apprendra l'existence d'un continent, où la France occupe une position relativement centrale quoiqu'exentrée vers l'ouest, et qui s'appelle l'Europe.

9)- Contrairement à François Asselineau, M. Dupont-Aignan milite pour une "Autre Europe".

Effectivement. Maintenant, à quoi milite François Asselineau? La seule fin de l'Union Européenne, sans aucune coopération derrière? Dans ce cas, il est pour l'isolement, indéniablement. S'il souhaite par contre une coopération, alors lui aussi serait pour une autre Europe!

Il entretient donc ce mensonge extrêmement pervers qui bloque la situation politique française depuis des décennies, et qui consiste à désamorcer toute remise en cause de la "construction européenne" en faisant rêver les gens à des plans sur la comète.

Ce propos est ridicule: l'ensemble du combat politique de Nicolas Dupont-Aignan témoigne de sa volonté de remise en cause de la construction européenne.

Comme tous les "alter-européistes", M. Dupont-Aignan refuse ainsi d'expliquer pourquoi la "construction européenne" est un processus autobloquant par nature.


"Un processus autobloquant par nature". A ce degré de conneries, on a du mal à garder son sérieux. Mais je comprends ce à quoi fait allusion François Asselineau: l'Union Européenne est vue comme un voie sans retour, une avancée irréversible vers le fédéralisme. Et encore une fois, l'ensemble du combat de Nicolas Dupont-Aignan est de dénoncer cette fuite en avant et de refonder sur des bases différentes l'UE.

10)- Contrairement à François Asselineau, M. Dupont-Aignan propose des mesures inapplicables dans le cadre des traités européens qu'il refuse de dénoncer.

Et là, François Asselineau ment: Nicolas Dupont-Aignan a dénoncé tous les traités: il s'est opposé à Maastricht en 1995, à dénoncer Amsterdam, a été l'un des artisans de la victoire du non en 2005 (que faisait François Asselineau à l'époque?), a été l'un des seuls à s'opposer au traité de Lisbonne... Sa position est très claire: il souhaite renégocier les traités européens, ce qui implique bien évidemment qu'ils seront remis en cause. Il faut arrêter de raconter n'importe quoi.

Il propose par exemple de "transformer l'euro en monnaie commune" (ce qui est déjà le cas...),

Non, ce n'est pas le cas: aujourd'hui, l'euro est une monnaie unique. Ce que NDA veut, c'est une monnaie commune, permettant aux différentes monnaies nationales de rester stables tout en laissant des marges de manoeuvres qui font aujourd'hui défaut. Encore une fois, François Asselineau se trompe et ajoute l'incompétence à la critique sans objet.

de prendre des mesures protectionnistes,

Ce que NDA souhaite, s'il arrivait un jour au pouvoir, c'est convaincre nos partenaires de nous protéger face au dumping de certains pays. Si nous n'y arrivons pas, nous menacerons d'appliquer ces mesures au niveau national... Et il est probable que nous emporterons gain de cause!

de supprimer le drapeau européen, etc., etc., le tout sans sortir de l'UE. C'est tout simplement se moquer du monde.

La suppression du drapeau est une mesure symbolique, anecdotique. Je trouve curieux qu'elle ne plaise pas à François Asselineau, qui démontre clairement par là qu'en réalité, c'est Nicolas Dupont-Aignan qu'il déteste. Comme expliqué précédemment, pourquoi n'arriverions nous pas à convaincre nos partenaires? La France est un pays puissant, sans qui rien ne peut se faire, au centre de l'Europe. Nos partenaires auraient eux-mêmes intérêt à ces évolutions auxquels certains ne sont pas hostiles (et on pense aux gouvernements eurosceptiques du Royaume Uni, de la Hongrie etc.).















François Hollande président!

Pendant toute cette soirée électorale, ou du moins à son début, j'étais dans le train. L'atmosphère dans la voiture où je me situais était finalement assez étrange: dans le wagon bondé, en majorité des jeunes, chacun vaquait à ses occupations: casque vissé sur les oreilles, livre ou joural en mains, je n'ai entendu que très peu de commentaires: quelques jeunes qui se connaissaient ont eu un rapide sourire à 20 heures, lors de l'annonce officielle des résultats, et c'est tout. Mon voisin, un jeune homme au look plutôt geek, échangeait des sms catastrophés avec sa copine, parlant d'émigrer au Canada sur le ton de la plaisanterie. Mais pas plus d'agitation. A mon arrivée à la gare, quelques voitures, des supporters plus ou moins avinés hurlant leur joie. L'un d'eux a même voulu me prendre dans ses bras! Je me suis engouffré dans les transports en commun, et je n'ai pas vu grand chose jusqu'à mon arrivée chez moi, où je me suis branché sur la soirée électorale qui s'est révélée vraiment très ennuyeuse. Ceux de droite tiraient la tronche évidemment, mais ceux de gauche semblaient également assez graves et finalement assez peu enthousiastes. Quant aux journalistes, j'ai vraiment eu l'impression, à la notable exception de Laurent Delahousse qu'ils s'ennuyaient ferme et se moquaient même de l'enthousiasme timide qui transparaissait place de la bastille (en province, c'était encore plus mort paraît-il).

En bref, la présidence de François Hollande ne part pas vraiment sous de bons augures.

Un mot sur la polémique sur les drapeaux: en effet, on pouvait apercevoir de nombreux drapeaux étrangers dans la foule rassemblée à la Bastille. Je ne m'en suis pas rendu compte de visu tout de suite: au départ, j'avais seulement la radio et pas d'image. J'ai été frappé par l'insistance des commentateurs sur la présence d'une jeunesse "métissée", "de toutes origines", question qui pour moi relève du non-sujet le plus total(je tournais entre rtl, europe 1 et france info). Si les journalistes prenaient la peine de le préciser cela, je me suis dit qu'il devait y avoir anguille sous roche. Une fois chez moi, j'ai eu la confirmation de ce fait, mais avec des jeunes brandissant des drapeaux étrangers (j'ai vu des drapeaux algériens, marocains, palestiniens, ivoiriens (mais paraît-il qu'ils étaient en fait irlandais!) et tunisiens), accompagnés il est vrai de beaucoup de drapeaux du front de gauche. Sans vouloir en faire tout un plat, je ne crois que cette manifestation soit vraiment un bon signe. En effet, la "jeunesse rassemblée" ne l'était à l'évidence pas tant que cela! Quel est ce besoin de jeunes, a priori français, de promouvoir une double culture (que jamais personnes, à part peut-être certains cinglés d'extrême-droite) ne leur a contesté? A fortiori lors d'une élection présidentielle?

Ce qui m'a frappé, c'est le décalage entre les affirmations politiquement correctes sur la jeunesse rassemblée et la polémique immédiate qui s'en est ensuivie: le débat politique français, on le voit clairement entre la demi-victoire du Front National et la course-poursuite engagée par Nicolas Sarkozy avec ce dernier, tourne clairement à l'hystérie autour des questions d'identités. Entre une extrême-droite gonflée à bloc par ses derniers succès, une droite "classique" de l'ump qui lui court après, une gauche angélique et qui refuse de voir le problème et des médias qui jettent de l'huile sur le feu (consciemment?) en célébrant l'hymne de la jeunesse de France rassemblée... On est pas sorti de l'auberge!

Je ne peux m'empêcher d'être inquiet quant à l'évolution du débat politique sur ces questions!

lundi, avril 23 2012

Le score paradoxal de Nicolas Dupont-Aignan

De l'avis général, Nicolas Dupont-Aignan a réalisé une bonne campagne, compte tenu des faibles moyens qui étaient à sa disposition. Hélas, les électeurs ont décidé de lui accorder un score extrêmement modeste, à 1,8% des suffrages (soit, selon les chiffres du ministère de l'intérieur, 644.000 personnes). Comment expliquer ce score décevant?

Les premiers coupables sont tous trouvés: ce sont bien évidemment les sondages. En effet, pendant toute la campagne, les sondages ont invariablement crédité Nicolas Dupont-Aignan entre 0 et 1% des voix, la plupart le donnant à 0,5. Seuls les sondages de la dernière ligne droite lui ont accordé - parfois - 1,5%, un seul à ma connaissance le donnant au score qu'il réalisera finalement, soit 2%. Et il est évident que lorsqu'un candidat est si faiblement crédité, il devient extrêmement difficile, même si on est d'accord avec ses idées, de choisir de voter pour lui. Les électeurs ont l'impression que leur voix est perdue et n'a d'autre impact que celui de faire ricanner les analystes et éditorialistes en place. Au sein de mon entourage, cette réaction était extrêmement forte, alors pourtant que je savais qu'elles comptaient parmi les gaullistes, de tendance eurosceptiques.

Je n'irai pas jusqu'à dire qu'il y a eu une manipulation sciemment organisée par les sondages pour saboter la candidature de Nicolas Dupont-Aignan, ce serait ridicule. Mais reste que l'histoire a tendance à se répéter de manière troublante: en 2009 pour les européennes, les listes de DLR sont créditées, de 0%... DLR réalisera pourtant le score de 1,8%. Score très modeste, mais non nul comme affirmé. En 2010 lors des régionales, rebelotte: cette fois, NDA se présente avant tout en Ile de France, où il dispose d'une assise électorale forte dans l'Essonne: rebelotte, crédité de 2% dans les sondages, il réalisera pourtant le score honorable de 4,2%.

La bonne nouvelle, c'est que si les législatives se passent bien et que les candidats de DLR obtiennent partout 1 à 2% des voix, les sondeurs ne pourront plus systématiquement minorer le score de DLR comme ils le faisaient auparavant.

Le deuxième coupable tout désigné, c'est le système médiatique. J'ai hésité avant d'écrire ce terme, que personnellement je trouve extrêmement réducteur et caricatural, tant la diversité des médias saute aux yeux. Reste que vis-à-vis de Nicolas Dupont-Aignan, les médias ont été particulièrement inéquitables: les médias ont soit tenter d'ignorer Nicolas Dupont-Aignan (quelques secondes d'antenne sur TF1 pour toute l'année 2011), soit l'ont traité de façon méprisante, sans le prendre au sérieux (c'est l'attitude, par ordre d'abjection décroissante, d'Alain Duhamel, du grand journal ou d'Anne-Sophie Lapix). Même si bien sûr tout n'a pas été si à sens unique (et on pense par exemple aux passages remarquables et remarqués de NDA sur les plateaux d'ONPC de Laurent Ruquier), si les Français ne sont pas forcément dupes des médias (y compris ceux qui regardent les émissions supposées politiquement incorrect et au ton plus libre comme sur Canal plus), cela ne peut pas ne pas avoir d'influence.

La troisième coupable, c'est bien entendu Marine Le Pen, qui est venue de façon totalement inattendue mordre sur les thèmes de Debout la République: l'euroscepticisme (qui est un thème ancien du FN, mais dont le rejet était fondé sur d'autres raisons: le changement du FN est ici dans le discours) en premier lieu, ensuite la défense du modèle social français (et là, c'est totalement nouveau pour le FN). Cela a eu deux impacts: certains, convaincus par les efforts de dédiabolisation lancés par Marine Le Pen, son compagnon Louis Alliot et le nouveau venu Florian Filippot, ont choisi de voter utile en préférant le FN. Sauf que malheureusement, ce vote ne peut pas être utile en raison du rejet mérité que suscite le FN et que surtout cette dédiabolisation est très loin d'être achevée au sein du FN même, où figurent de nombreux extrêmistes qui font encore en partie la loi (comme en témoignent l'éloge de Bastien-Thiry par Louis Alliot récemment). D'autres, plus nombreux, ont pu être effrayés par les amalgames réalisés par les médias: si DLR se rapproche du FN (alors que c'est l'inverse), il devient impossible de voter pour Nicolas Dupont-Aignan.

Cette hystérie autour de Le Pen est d'ailleurs largement apparu lors de l'épisode du Fig mag: au cours d'un interview, à la fin de ce dernier, Nicolas Dupont-Aignan explique aux journalistes qu'il pourrait nommer n'importe qui comme premier ministre à partir du moment où cette personne adoptait sa ligne. Nicolas Dupont-Aignan voulait dire par là qu'il n'était pas sensible aux questions de personnes, que seules les idées et la cohérence comptaient pour lui. Malheureusement, il a cité Marine Le Pen. Quelques semaines plus tard, alors que la campagne de Nicolas Dupont-Aignan se déroulait très bien, que les échos étaient bons, le Figmag publia cet interview, sous forme de brève en mettant ce titre fallacieux: "Nicolas Dupont-Aignan pourrait prendre Marine Le Pen comme premier ministre". Je cite de mémoire, mais ça revenait à cela.

Tout cela pour dire que le score de Nicolas Dupont-Aignan, si faible qu'il soit, reste encourageant pour la suite. Désormais, Nicolas Dupont-Aignan est connu, a pu faire entendre sa voix. A l'instar de Philippe de Villiers en son temps - sauf qu'il est peu probable que Nicolas Dupont-Aignan aille, lui, à la soupe comme ce dernier -, NDA est désormais incontournable. Il bénéficie, malgré toutes les saloperies qui ont été commises contre lui, d'un capital sympathie important et reste, malgré les moqueries, crédible. Son discours, s'il n'a pas tout gagné, a marqué des points: tous les candidats, à des degrés divers, ont dû marquer le pas sur l'européisme et défendre des thèses eurosceptiques (comme F Bayrou avec son produire français, N Sarkozy avec sa remise en cause de Schengen, F Hollande avec celle du pacte de stabilité et Marine Le Pen précitée) Et c'est sans doute là le plus important.

Souvenez-vous: Lula, au Brésil, avait commencé plus bas que lui!!

dimanche, mars 25 2012

Meeting de Nicolas Dupont-Aignan aujourd'hui

Je reviens tout juste du meeting de campagne que Nicolas Dupont-Aignan avait organisé aujourd'hui à Paris. L'Equinoxe, la salle où le meeting a eu lieu, était d'ailleurs assez belle contrairement à ce que l'on m'avait dit. Il faut dire que l'équipe de Debout la République ne dispose malheureusement pas du budjet des grands candidats, qui en un meeting dépense plus que ce que coûtera la totalité de la campagne de Nicolas Dupont-Aignan. Mais, en tous cas, et je parle d'expérience, la facture du meeting était très classe. Derrière, c'est évidemment du bricolage, mais l'impression générale (accueil, petits éléments de décor) était très pro, bien loin de l'impression quelque peu artisanale qu'ont pu me laisser certaines réunions de Debout la République.

La salle était bien remplie, soit environ 1500 personnes. Il y avait également de nombreuses personnes debout dans les travées ou derrière, soit peut-être 100-200 personnes de plus. Sans choisir le Zénith comme François Bayrou ou Villepinte comme Nicolas Sarkozy, qui sont de toute façon inabordable pour nous, l'équipe de campagne aurait peut-être pu choisir une salle plus grande, plus spacieuse pour accueillir plus de monde. Mais bon, ne boudons pas notre plaisir, les conditions matérielles étaient bonnes.

Je suis arrivé assez en avance, et j'ai pu échanger avec d'autres militants, que je connaissais ou pas, de tous âges et de toute condition, en provenance de toute la France. Certains sont venus de très loin et se sont levés très tôt (notamment de Lyon... Départ à 4h30, ouch!!!!). L'ambiance était vraiment exellente, tout le monde était ouvert, enthousiaste. J'ai également participé au meeting de NDA de lancement de campagne en 2007 à la mutalité, et l'ambiance n'était pas du tout la même: l'instant était solennel, on sentait que quelque chose se passait, il y avait une certaine ferveur, palpable dans la salle et que d'autres que moi avaient ressentie. Là, c'était différent: l'ambiance était moins "recueillie", plus volontaire, on était dans l'élan (je sais c'est bizarre, on reste à sa place dans un meeting), l'espoir. Bien sûr, nous autres militants de Debout la République, nous ne croyons pas que notre candidat sera élu. Mais nous sommes persuadé que Nicolas Dupont-Aignan porte le mieux le discours dont la France a besoin, qu'il portera avec talent nos idées gaullistes et "eurosceptiques". Nous sommes tous certains que NDA vaut mieux et obtiendra mieux que les sondages calamiteux qu'il obtient aujourd'hui (NDA est scotché à 1,5% dans les sondages). Mais, sans prêter atttention aux rumeurs de falsification des sondages, gardons bien à l'esprit que la marge d'erreur de ces sondages est de 3%, ce qui est reconnu par tous. Dès lors que notre score est inférieur à cet étiage, il ne veut strictement rien dire. Le seul verdict qui comptera, ce sera celui des urnes.

Sur la forme et le fond du discours, je vous invite à visionner cette vidéo. Je ne vais pas revenir dessus, à mon avis, et même si comme tout électeur, il y a certains points où je ne suis pas du tout d'accord avec Nicolas Dupont-Aignan, une chose me paraît claire: ceux qui prétendent que NDA est un mauvais orateur n'ont jamais assisté à l'un de ses meetings!

jeudi, mars 15 2012

Lettre ouverte aux militants de François Asselineau

Pour ceux qui ne le connaissent pas, François Asselineau est un ancien haut-fonctionnaire qui depuis quelques années délivre des conférences un peu partout en France où il dénonce de façon radicale et violente la construction européenne, qu’il conteste dans son principe même. Je ne vais pas revenir sur ces conférences, dont personnellement je désapprouve le ton inutilement agressif et complotiste, ceux qui voudront se faire une idée pourront aller en voir les vidéos.

Devant le succès de ses conférences, François Asselineau a créé un club, l’union populaire républicaine. Au départ extrêmement confidentielle, l’audience de ce parti s’est progressivement élargie jusqu’à un bon millier d’adhérents et un nombre conséquent de militants, que l’on peut voir écumer les différents sites internet politiques. Et c’est là d’où vient le problème : se voulant comme les seuls représentants du souverainisme authentique, les militants de l’UPR, mais aussi François Asselineau lui-même, n’ont pas trouvé d’autres moyens de promouvoir leur champion que de dénigrer, insulter et diffamer les autres représentants du souverainisme. Une part non-négligeable de leur énergie passe ainsi dans ce combat fratricide qui est d’autant plus odieux que nombre « d’arguments » employés n’en sont pas réellement mais ressemblent plus à des calomnies et des procès d’intention contre lesquels on ne peut pas grand-chose.

Que voulez-vous répondre à des personnes qui disent que Nicolas Dupont-Aignan (que je soutiens) serait un salaud de traître tandis que François Asselineau serait un parangon de vertu ? Inverser la proposition et leur renvoyer la balle mais en se mettant ainsi à leur niveau ? Argumenter ne sert malheureusement à rien face à une telle fermeture d’esprit : si votre interlocuteur est intimement persuadé de la malhonnêteté de quelqu’un, l’homme est ainsi fait qu’il est presque impossible, même après leur avoir mis sous les yeux toutes les preuves possibles, tous les arguments invocables, de lui faire entendre raison.

Si l’on met de côté les procès d’intention sur l’honnêteté de Nicolas Dupont-Aignan, sur lesquels il n’est malheureusement pas vraiment possible de répondre à part de dire qu’ils ne sont basés que sur des préjugés et des calomnies lancées par ses adversaires, les partisans de François Asselineau n’invoquent en réalité qu’un argument. Il est très simple (voir simpliste, comme vous allez le voir) : selon eux, le projet alter-européen de Nicolas Dupont-Aignan est impossible, y compris juridiquement, à réaliser si la France reste dans l’Union Européenne. La seule solution serait de sortir purement et simplement de l’Union Européenne. En ne le proposant pas, NDA mentirait aux Français.

Ce bref exposé peut parfaitement être combattu par des arguments rationnels. Je vais choisir de le décomposer en deux, en traitant en premier lieu de sa partie pseudo-juridique, qui est une question passablement inintéressante, avant d’aborder la politique, qui est la seule question qui compte.

Je vous rassure tout de suite, je ne vais pas partir dans des considérations juridiques très élevées, tout simplement parce que c’est inutile. Les partisans de l’Union Populaire ont raison sur un point : il n’est pas prévu, juridiquement, de procédure organisée de sortie de l’euro. Mais ils ont totalement tort d’en déduire que c’est du coup impossible. Dire que ce n’est pas prévu juridiquement, ce n’est pas du tout dire que cela ne peut pas arriver. N’oublions pas que le droit est avant tout une technique d’organisation des rapports sociaux, un moyen et non une fin en soi. Le droit n’existe que par la volonté politique de le faire respecter.

Et c’est là où l’on passe à la deuxième partie de la contre-argumentation : rien ne permet aux militants de François Asselineau d’affirmer qu’il est impossible que la France réussisse à convaincre ses partenaires de négocier un nouveau traité acceptable par tous. Mais avant d’aborder ce point, insistons encore sur le juridique, histoire de bien enfoncer le clou.

Je peux en effet également leur opposer un contre-argument: en se gargarisant de la possible sortie de l’Union Européenne, les militants de l’upr oublient que si cette possibilité est bien prévue juridiquement dans les traités, pour autant la procédure de sortie n’est en rien définie. Or, il est bien évident qu’il était possible, avant que ce soit prévu, à un pays de se retirer : on voit mal au nom de quel principe il serait possible de contraindre un Etat souverain de rester contre son gré au sein d’une institution supranationale. Autrement dit, le fameux article 50 ne sert pas à grand-chose, et les militants de François Asselineau ont bien tort de faire de cet article au fond plutôt inutile l’alpha et l’oméga de leur argumentation.

Lorsqu’ils abordent la question de la sortie de l’euro, les militants de l’upr ont également raison sur un point : juridiquement, si la mise en place de l’euro est prévue, sa sortie ne l’est pas et les traités sont rédigés de telle sorte que la seule issue envisageable pour les pays n’appartenant pas à la zone euro est l’adhésion à cette zone.

Pour autant, dire qu’on ne peut pas sortir de l’euro sans sortir de l’Union Européenne au nom de je ne sais quelle disposition imaginaire est abusif, comme expliqué précédemment. Pour la même raison que précédemment : dire que ce n’est pas prévu juridiquement, ce n’est pas dire que c’est impossible. D’ailleurs, il n’existe évidemment pas de procédure d’expulsion de l’Union Européenne : si la France décidait de sortir de l’euro, le fait que ce soit ou non une violation des traités n’a au fond aucune importance : mis devant le fait accompli, les autres Etats et la commission n’auront aucun instrument de contrainte à l’égard de la France. Quant à une éventuelle condamnation par la Cour de Luxembourg, avant que la procédure arrive à son terme, de l’eau aura coulé sous les ponts. Pour désamorcer toute envie de sanction de la part des juges, il suffira d’annoncer que la France émettrait par le biais de sa banque centrale autant d’argent qu’il le faudra pour payer l’amende en monnaie de singe.

J’ajoute enfin que le fait que le Royaume-Uni, la Suède et le Danemark soient hors de l’euro rend politiquement délicat toute sanction à l’égard d’un pays qui en sortirait. Comment justifier devant les démocraties européennes une telle sanction alors que des pays de l’Union Européenne n’ont pas l’euro et ne souhaitent pas l’adopter (ce qui est évident pour le Royaume-Uni) ? C’est évidemment inimaginable.

On en revient donc toujours au même point : les militants de François Asselineau se trompent lorsqu’ils expliquent qu’il est juridiquement impossible de procéder autrement que par la sortie unilatérale de l’Union Européenne.

Revenons donc à la politique, sur laquelle je serai très bref, où là-aussi les militants de l’UPR ont tort de dire qu’il serait impossible d’organiser la sortie de l’euro/la renégociation des traités.

D’abord parce qu’on ne peut pas le savoir avant d’avoir essayé. Ensuite parce que tous constatent la panne des institutions européennes, qui ne fonctionnent plus et n’assurent pas à nos peuples la prospérité promise, terreau favorable à une remise à plat. N’oublions pas également que les traités ont été fréquemment amendés au cours de l’histoire tumultueuse de la construction européenne, ce qui prouve bien que tout n’est pas figé dans le marbre. Ensuite et surtout, n’oublions pas que la France a un rôle politique majeur au sein de l’Europe, au-delà même de son simple poids économique déjà considérable et qu’elle peut avoir, comme par le passé, un rôle moteur. Enfin, que les peuples européens, mais aussi nombre de gouvernements (pensons au Royaume-Uni, à la Hongrie…) ne verraient pas d’un mauvais œil la remise en cause de la technocratie bruxelloise.

Bref, il y a évidemment d’autres chemins que celui de la sortie unilatérale de l’Union Européenne. Entendons-nous bien : je ne conteste pas aux militants de l’union populaire républicaine le droit de préférer cette option, qui est tout à fait respectable. Ce que je leur conteste, c’est la prétention de dire que cette solution est la seule possible, ce qui est à l’évidence faux, comme je viens de le démontrer.

Si malheureusement je n’ai pas réussi à vous convaincre de cesser vos attaques inutiles et contre-productives à l’encontre de Nicolas Dupont-Aignan, je me permets de vous rappeler la situation politique actuelle : L’heure n’est en effet pas de s’étriper sur le comment de la remise en question des institutions européennes, par sortie pure et simple (la voie de l’UPR) ou par refondation (la voie de DLR). L’heure est plutôt à lutter contre ces institutions afin de montrer qu’il faut changer, objectif sur lequel DLR et l’UPR peuvent s’accorder (étant bien entendu que nous ne partageons pas la vision complotiste et passablement extrémiste de l’UPR dans sa critique radicale). Il est d’autant plus ridicule de faire des procès d’intention à Nicolas Dupont-Aignan en critiquant les moyens qu’il compte employer pour refonder l’Union Européenne que tout le monde sait qu’il n’a malheureusement aucune chance d’arriver au pouvoir.

Entendons-nous bien : à aucun moment je n’appelle les militants de François Asselineau à soutenir Nicolas Dupont-Aignan, qui à la différence du premier, sera présent aux élections européennes. Simplement, s’ils pouvaient arrêter leurs critiques haineuses et injustes contre Nicolas Dupont-Aignan, ce serait un grand pas.

Je préviens les éventuels commentateurs que tout commentaire injurieux et diffamatoire sera impitoyablement censuré. A l’inverse, un commentaire critique, même acerbe, est évidemment le bienvenu.

mardi, novembre 15 2011

Le débat sur l'aéroport de Notre Dame des Landes

Par le plus grand des hasards, j'ai été amené à utiliser l'aéroport de Nantes l'été dernier à l'occasion de mes vacances. J'ai ainsi pu avoir un superbe panorama de la plus grande agglomération ligérienne depuis mon hublot, juste avant l'attérissage... C'était vraiment magnifique, on voyait la Brière se découper, la cathédrale et le chateau, l'île feydeau (qui en fait n'est plus une île), les tramway progresser sous la tour de Bretagne... Car l'aéroport de Nantes est situé tout près du centre-ville, à quelques kilomètres seulement. Quelques heures plus tard, j'ai pu m'en apercevoir, attablé dans la terrasse d'un café place du commerce (l'épicentre de la ville): les avions passaient vraiment très près. Heureusement, Nantes Atlantique n'est pas Roissy, et la gêne n'est pas trop pregnante.

Si je vous raconte cela, c'est parce que justement l'aéroport actuel de Nantes, Nantes Atlantique donc, doit fermer d'ici 2017 et être remplacé par un équipement flambant neuf situé à Notre Dame des Landes, une commune un peu plus éloigné, au nord de Nantes. Le site paraît idéal: 20 kilomètres du centre-ville, un accès routier très facile, avec un possible raccordement ferroviaire à la ligne de Nantes-Chateaubriand qui va prochainement être réouverte (aujourd'hui, l'aéroport de Nantes Atlantique est desservi par une ligne de bus dédiée). Comme le site est au nord, il est plus accessible depuis Rennes, dont l'aéroport est beaucoup moins développé, tout en restant sensiblement aussi proche de Saint-Nazaire. Bref, le site offre la possibilité de faire de Nantes la plate-forme aéroportuaire du grand ouest. La rivale, Rennes, n'a pas dit son dernier mot, mais en tous cas cette possibilité existe.

Le plus beau dans ce projet, c'est qu'il est prévu de très longue date et que les réservations foncières ont été faites: les propriétaires ne seront donc pas gênés par le projet, il me semble que les terrains ont aujourd'hui une vocation forestière et agricole exclusivement. Oui mais voilà: depuis le temps qu'on en parlait et qu'on ne le faisait pas, les riverains ont cru que jamais l'aéroport de Notre Dame des Landes ne verrait le jour, et lorsque le projet a été réactivé, le réveil fut brutal. Manifestation, pétitions, lobby des élus... On a vu se déployer tout l'arsenal Nymbiste habituel. Nymbiste vient de l'anglais "Not in my Backyard", ce qui signifie "pas dans mon jardin". Cela traduit le fait, historiquement avéré, que si tous nous sommes collectivement en faveur des investissements utiles mais qui ont des externalités négatives, lorsque nous subissons ces externalités négatives, nous luttons contre ces investissements. Bref, tout le monde veut utiliser l'autoroute, mais personne ne veut qu'il passe sous ses fenêtres.

A la limite, tout cela est très classique et ne devrait pas influer sur le devenir de l'investissement même. L'aéroport actuel gêne des dizaines de milliers d'habitants de Nantes (je dirais au moins cent mille), son potentiel de développement actuel est trop limité, il est même dangereux (il y a quelques années, un avion avait failli se cracher sur la ville): tout milite pour que la résistance prévisible au projet soit balayée.

C'était sans compter les écologistes, qui mènent contre Notre Dame des Landes un combat acharné, si bien qu'ils semblent avoir réussi à au moins infléchir la position des socialistes sur le sujet lors de leurs négociations avec le PS. Rappelons que le maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault, est l'un des soutiens proéminents de François Hollande et qu'il est bien sûr favorable au projet.

Les arguments employés sont totalement farfelus: l'avion serait un mode de déplacement du passé, condamné du fait de la pénurie prochaine de carburant, l'argent devrait être investi dans le ferroviaire plutôt que dans l'aérien etc. Il n'est pas venu à l'idée à ces grands nigauds qu'en attendant, du carburant, il y en avait pour quelques années encore, et que pour faire du Nantes-Londres, ou bien encore Nantes-Nice, Nantes Toulouse sans même parler des destinations plus lointaines, le train n'est pas près de prendre le relais.

Je suis pour ma part trèsconfiant: l'aéroport de Noter Dame des Landes devrait bien se faire, et s'il ne se fait pas, ce ne sera très certainement pas en raison des arguments idiots des verts manipulés par des Nymbistes de base mais bien plutôt en raison de l'agonie des finances publiques. Reste que j'ai vraiment l'impression qu'on marche sur la tête en France et que notre pays est vraiment bloqué, ne marchant vers le progrès que très lentement.

mercredi, novembre 2 2011

La surprise du référendum grec

Aujourd'hui encore, le monde médiatique et politique reste sur le choc de l'annonce du recours au réferendum afin de valider ou non le plan de sauvetage imposé au grec.

Il est évident que l'on ne peut que se réjouir du recours à la démocratie: les gouvernants semblent enfin se rendre compte qu'il n'est pas possible de mener des politiques contre les peuples, sans leur demander leur avis. Il ne s'agit pas ici de dénier tout pouvoir à l'exécutif, qui peut et doit prendre ses responsabilités. Mais les dirigeants grecs ne peuvent pas comme cela s'engager comme clea dans une politique d'austérité d'au moins quinze années sans demander l'avis de leurs concitoyens. Ce qui n'empêche pas que les dirigeants doivent être à même de prendre, si nécessaire, des mesures impopulaires mais indispensables.

Cependant, il est clair que le premier ministre grec a joué un très mauvais tour à ses partenaires européens, et on peut comprendre l'énervement somme toute assez légitime de Nicolas Sarkozy qui voit tout ses efforts mis à néant et qui se retrouve comme un couillon (il n'y a pas d'autre mot malheureusement) à l'occasion du sommet du G20 à Cannes, dont il aurait voulu faire un triomphe diplomatique.

Pourquoi Geoges Papandréou a-t-il fait cela? Est-ce afin de faire pression sur les bailleurs de fonds et obtenir des conditions plus avantageuses pour son pays? Dans ce cas, au vu de la réaction de Nicolas Sarkozy, on peut douter de l'efficacité de cette manoeuvre. Est-ce, comme l'expliquait Jean-Luc Mélenchon, parce que Georges Papandréou a été soumis à une intense pression psychologique dans son pays? L'explication paraît trop naïve pour être crédible. Tente-t-il, par un coup de poker, de retrouver une assise politique dans un pays déboussolé? Tous les sondages indiquent une large victoire du non, ce qui invaliderait toute sa politique (rappelons que c'est Georges Papandréou qui a négocié l'accord, et qu'il le soutient donc). Cette explication ne paraît donc pas très logique, à tout le moins le pari de Papandréou s'assimilerait à l'ultime coup de bluff d'un joueur de poker s'étant fait démasqué plusieurs fois avec une paire de 2 et qui tente à nouveau sa chance avec un 2 et un 7 de couleurs dépareillées...

Dès lors, les explications les plus folles sont permises. Cette annonce a-t-elle un lien avec le brusque changement de tout l'état major de l'armée grecque? Cela paraît fou, d'autant qu'on n'en connaît pas les tenants et aboutissements. Paraît-il que de tels mouvements sont fréquents lors des changements de gouvernements en Grèce...

mardi, septembre 27 2011

Metro: ticket pour une expo

Je suis allé voir ce week-end l'exposition organisée au musée des arts et métiers sur le métro parisien. Autant le dire tout de suite: l'expo est intéressante, mais elle est vraiment un peu léger au niveau contenu: en une demi-heure chrono, vous avez fait le tour.

En fait, l'expo a hésité entre une quatres angles de vue qui avaient pourtant tous leur pertinence : historique, technique, ludique et économique. Le message est donc brouillé, et on ne sait pas bien si le commissaire a voulu parler aux historiens, ingénieurs, enfants et usagers/électeurs. A vouloir faire les quatre, aucun n'est vraiment réussi.

Dès qu'on arrive, c'est un peu le bordel: on présente les systèmes de signalisation, d'exploitation, puis l'histoire, puis l'explication des rails, on bascule dans le ludique avec un simulateur (qui est très amusant, pour l'avoir expérimenté), puis on repasse au matériels roulants, le tout entrecoupé des chiffres de fréquentation...

Pourtant, l'ambition était tout à fait louable: celle de voir tout ce qui se cache derrière le métro, partie visible du système de transport emprunté par des millions d'usagers. Rappelons que le métro transporte chaque jour plus de voyageurs que les rer ou bien encore les bus, et est donc le transport le plus utilisé des parisiens (devant la voiture il me semble).

Hélas, même si on apprend forcément quelque chose, l'ensemble est assez brouillon: sans jamais aller au fond des choses, on aperçoit de ci de là des aspects intéressants, mais sans cohérence d'ensemble.

Par contre, un chantier est présenté de manière tout à fait satisfaisante: il s'agit de l'automatisation de la ligne 1, dont un petit film très bien fait durant moins de cinq minutes résume bien les enjeux. Par la suite, on peut admirer les maquettes du nouveau matériel qui sera progressivement mis en place. Malheureusement, c'est presque à l'autre bout de l'expo (qui n'est tout de même pas bien grande).

Bref, une expo intéressante, mais très brouillonne, qui se visite très vite: une demi-heure à tout casser. Elle a cependant l'avantage d'être assez adaptée aux petits, et je pense spécialement aux petits garçons (contre qui j'ai dû lutter pour avoir ma place sur le simulateur) accompagné de leur père. Le prix est modeste: 5,5 euros, 3,5 euros en tarif réduit (pensez à apporter votre carte fnac si vous en avez une, elle offre l'accès à ce tarif).

Jusqu'au 1er janvier 2012.

jeudi, septembre 1 2011

Non au relativisme

Je ne pense pas être le seul à trouver ce type d'indignations absolument scandaleuses. Un syndicaliste de Sud, Philippe Touzet, fait un parallèle entre l'affrètement par la police d'un tramway pour transporter des roms expulsés et les déportations de la seconde guerre mondiale.

Je précise bien qu'il n'est pas question ici de se prononcer sur le bien fondé de l'expulsion de ces roms ou bien encore de la légalité du procédé. Mais il est pour moi indigne de comparer, ne serait ce qu'en faisant un rapprochement, la déportation vers les camps de concentration et d'extermination nazis avec l'expulsion d'un groupe de personnes installées illégalement. A suivre le "raisonnement" de cet imbécile, je n'hésite pas à employer ce terme s'agissant d'un individu aussi abject, on ne pourrait pas utiliser de tramway dans le secteur en raison de l'utilisation de trains de déportés au cours de la dernière guerre. Je n'ai jamais rien entendu d'aussi débile et je ne vais pas perdre mon temps à répondre à cette idiotie.

Cette intervention est profondément honteuse: d'abord et surtout parce qu'elle galvaude l'importance et la gravité de ce qui s'est passé en France entre 1940 et 1944. Ensuite, parce qu'elle hystérise un peu plus le débat sur un sujet difficile, les gens du voyage, qui n'avait pas besoin de cela. Et ce n'est pas être d'extrême droite que de dire cela, même si cette dernière se délecte de ces polémiques.

Pour ma part, je crois qu'il faudrait absolument qu'on ne laisse plus passer ce type de dérapage odieux. En premier lieu, les médias doivent faire leur travail et interpeller à chaque fois les personnes comme ce Philippe Touzet sur l'énormité de ce qu'ils disent. Et si ce n'est pas suffisant, à faire une loi réprimant pénalement ce type de propos. Entendons-nous bien: je ne suis pas favorable à ces lois "d'opinion". Maintenant, elles existent, tant qu'à en subir, autant avoir un système cohérent!!

mercredi, juin 1 2011

Visiter le centre national des opérations ferroviaires

Le tourisme industriel est la grande mode de ces dernières années… C'est donc avec plaisir que je m'en vais vous conter ma petite visite de l'une des plus industrielles des grandes entreprises françaises, la SNCF. Malheureusement, j'ai déjà effectué cette visite il y a quelques semaines, j'espère me rappeler avec exactitude des explications et ne pas dire trop de bêtises.

J'ai eu la chance de visiter il y a peu ce centre (qui n'a rien d'industriel), situé à Paris près de la Gare de l'est. Le Centre National des Opérations Ferroviaires (CNOF) est une sorte de tour de contrôle de la régulation des circulations ferroviaires. Enfin pas tout à fait, puisque ce n'est pas ce centre qui commande les aiguillages ou quoi que ce soit. En réalité, le centre est surtout utile dans la résolution des nombreuses et inévitables situations de crises: une panne électrique, un accident grave à un passage à niveau, une panne de matériel… Tous ces événements entraînent dans le monde ferroviaire des réactions en chaîne extrêmement complexes qu'il faut rapidement démêler à moins d'atteindre rapidement le chaos: trouver des itinéraires de substitution, amener le matériel afin de solutionner le problème, informer les gares… C'est tout le travail de coordinnation assuré par le CNOF (encore que je n'ai pas bien tout compris).

Pour visiter, rien de plus simple: il suffit de s'inscrire sur internet, on vous proposera des dates par courriel et votre place sera réservée. La visite est gratuite, il ne faut vraiment pas hésiter. On m'offre une place à 11h, je préviens que j'ai un rendez-vous et que je rentrerai après le déjeuner, la visite durant une petite heure, et c'est parti! L'accueil est très professionnel: la visite a lieu dans un lieu de réélle vie professionnelle, et les touristes en t-shirt détonnent un peu au milieu de personnes manifestement en rendez-vous professionnels. Heureusement pour moi, je suis en costume-cravate impeccable, et je ne fais pas trop tâche, je suis même limite trop classe.

Pour autant que je m'en souvienne, la visite se déroule en trois parties: une séance d'introduction, puis une séance de vidéo présentant le CNOF et montrant un exercice de simulation de crise, avant enfin de voir la salle de contrôle (celle que l'on aperçoit sur le site internet du CNOF). Ces deux dernières étapes sont interchangeables, puisque le groupe est divisé en deux.

Je ne vais pas vous raconter le détail de ma visite, d'abord parce que je ne m'en souviens plus bien et que je ne voudrais pas dire trop de bêtises, ensuite et surtout parce que je cherche simplement à vous donner envie de m'imiter. Je peux tout de même vous dire que la visite était extrêmement intéressante et qu'on apprend beaucoup sur la SNCF et sur les contraintes que cette dernière subit, ce qui nous invite tous à être plus indulgents vis-à-vis des éventuels retards. Le système ferroviaire est en effet extrêmement complexe, et une grande partie des retards sont au départ dûs à des causes externes à la SNCF. S'agissant des accidents de personne (qui dans l'immense majorité des cas, sont en fait des sucides), c'est la réglementation qui a allongé inconsidéremment les délais de remise en service (le temps de déplacer les services d'urgences qui la plupart du temps ne font que constater le décès, et surtout la police), ce qui fait qu'en moyenne, il faut à peu près trois heures pour rouvrir la voie à la circulation.

Bref, on apprend beaucoup sans que cela soit rébarbatif, et on voit de ses propres yeux comment travaillent les ingénieurs de la SNCF. La visite valait beaucoup pour les explications de nos guides très compétents : j'ai suivi une personne qui faisait partie de la communication de la SNCF, tandis que l'autre groupe suivait une personne un peu plus âgée, qui visiblement avait été un opérationnel du CNOF (enfin de ses ancêtres) et était vraiment passionnant.

Le groupe était d'une taille modeste: il y avait là trois retraités de la SNCF, anciens mécaniciens visiblement, des mamies emmenant leurs petits-enfants faire une visite culturelle (on était alors en période de vacances scolaires), des quidams comme moi. Bref, c'était très sympa sauf LE cas de la journée. La cinquantaine, un corps sec d'alcoolique, atifé comme un clochard, le haut du crâne dégarni mais de longs cheveux gras filasses et bouclés (si, si, c'est possible), traînant un sac à dos d'une marque d'adolescent n'allant pas du tout avec le reste du personnage, je l'ai assez vite repéré. Et ce mec a été une véritable catastrophe pendant toute la visite. Il se fait très vite remarquer pendant l'introduction, en émettant des commentaires sacarstiques sur la notion de service public. Il enchaîne assez rapidement sur le gouvernement ultra-libéral qui nous opprime. Le tout avec un sans-gêne incroyable, ne se limitant pas à la séance de questions mais n'hésitant pas à couper nos guides au beau milieu de leurs explications. Au départ, avec sa première intervention, il s'attire des commentaires approbateurs de nos trois retraités (et tout comme eux, je suis attaché à la défense du service public), mais assez rapidement, devant son outrance, ils se tiennent coi et essayent de l'ignorer… Ce qui ne va pas être évident! Il repart de plus belles dans ses questions à la con, commente celle des autres et les réponses des guides…Tout le monde le prend assez rapidement en grippe, à commencer par la guide qui se décide enfin à le recadrer en lui expliquant qu'elle travaille pour la SNCF et que son rôle se limite à présenter la SNCF et le CNOF. A l'issue d'une de ses saillies (où il pestait contre l'UE affamant le peuple, alors que l'on parlait de son rôle dans la sécurité ferroviarie), j'échange un sourire amusé avec l'une des mamies excédée par cet imbécile arrogant nous infligeant ses pitoyables réflexions sur le monde. A un moment, il s'est même laissez aller à dire que tous les ingénieurs étaient incompétents et qu'il faudrait laisser plus de place aux seuls ouvriers qui seuls connaissent les réalités terrain!! Là, je n'ai pas pu me retenir, et je lui ai demandé si vraiment, en France, tous les ingénieurs étaient incompétents. La guide a heureusement coupé sa réponse (affirmative, je le crains), en lui demandant de faire moins de bruit tandis que tous les autres participants riaient sous cape.

Mais à part ce petit désagrément, la visite s'est révélée vraiment très profitable, et je vous conseille vivement d'aller découvrir le CNOF!

samedi, janvier 8 2011

Otages et médiatisation

Je ne suis sans doute pas le seul à être très gêné par la médiatisation du sort des otages de France 2, à l'heure où deux Français viennent d'être enlevés et tués au Niger. Tous les jours, le 20 heures de France2 nous rappelle leur cas. Cette médiatisation est-elle efficace?

Je ne le crois pas. Nous sommes tous au courant que ces journalistes ont été enlevé il y a de cela plus d'une année. Si à la limite, je comprendrais qu'on rappelle ce fait à quelques échéances régulières (par exemple tous les mois), tous les jours, c'est vraiment excessif. Car à quoi cela sert-il? Que pouvons nous faire, simples citoyens, vivant à des milliers de kilomètres de là où ces otages sont retenus? Faire des sitting? Défiler dans la rue? Cela ne sert strictement à rien, si ce n'est à confirmer les ravisseurs dans le fait que leur enlèvement est utile à leur cause.

Bref, cela ne fera que renforcer les ravisseurs (actuels et futurs) dans leur résolution, rendra encore plus coûteux la libération de leurs otages et ne peut que compliquer la tâche des autorités diplomatiques et militaires françaises.

Cette logique est même profondément malsaine, et ce à deux égards. D'abord parce qu'elle sous-entend que la pression médiatique est indispensable à ce que l'Etat se démène afin de faire libérer ses ressortissants. En somme, les proches des victimes espèrent que la pression populaire forcera les politiques à agir, à tout faire pour que les otages soient libérés. L'intention est louable d'une certaine manière, mais elle est finalement très perverse, puisque l'on intériorise que l'Etat et ses agents ne feraient rien si ce n'était pas le cas, qu'ils ne feraient donc pas leur travail s'il n'y avait aucune pression extérieure.

Elle est malsaine pour une autre raison: aujourd'hui, il y a une petite dizaine d'otages français dans le monde. Mais tous les Français ne sont capables de n'en citer que deux noms: celui des journalistes. Les autres, personne ne les connaît. Alors même si aux informations, le nom de ces deux personnes est souvent accompagné de la mention d'autres otages, il ne faut pas être dupe: il y a bien une part de défense corporatiste dans ce fait, et il est évident que certains otages sont plus importants que d'autres. Alors pourtant que la présence de ces deux journalistes, non spécialiste de la zone où ils se sont fait capturés, n'était probablement pas indispensable (à la différence des deux derniers journalistes capturés en Irak). Ils ne nous auraient rien appris de nouveau. Tout le monde sait que l'Afghanistan n'est pas sorti de l'auberge. L'un des autres otages, en Somalie, était par contre en mission pour les services secrets français. Est-il moins légitime que les deux journalistes?

lundi, décembre 13 2010

La monétisation des dettes publiques

Les Français connaissent assez mal les problématiques économiques, souvent présentées de façon uniquement anxiogène par les médias, et ce dans un véritable charabia incompréhensible du commun des mortels derrière lequel se réfugient la plupart des journalistes, alors qu’ils sont bien souvent dépassés par leur sujet.

Ce terreau est évidemment fertile au développement de tous les fantasmes, aiguisés aujourd’hui par le contexte de crise que nous vivons ou plutôt subissons. Le sujet des dettes publiques et de la création monétaire embrase ainsi internet depuis quelques temps déjà. Des vidéos polémiques expliquant aux internautes que la dette publique serait une arnaque, au premier rang desquels « l’argent dette » de Paul Grignon obtiennent ainsi un certain succès. Sur internet, on voit de plus en plus des commentaires et des articles dénonçant la fameuse loi de 1973 renommée loi "Pompidou-Rothschild" (parce que Pompidou aurait travaillé dans cette banque), sur le thème de ces salauds de banquiers juifs escroquant le bon peuple français. Et au sein des internautes gravissant autour du blog de NDA, ce type de thèses rencontre un succès croissant, si bien que j’ai participé à une discussion un peu trop musclée à mon goût.

Je vais donc essayer, dans une prose que je souhaite la plus lisible et claire possible, sans jargon économique inutile, d’expliquer quelque peu le problème de la monétisation des dettes publiques.

Y a-t-il une arnaque à la dette publique ?

Bien sûr que non. Les marchés financiers prêtent aux Etats en contrepartie d’un intérêt. Il n’y a donc absolument pas d’arnaque : l`Etat indemnise ses prêteurs comme n’importe quel emprunteur. L’utilisation de l’argent dans le temps a un prix, et ce prix, c’est le taux d’intérêt.

L’intérêt rémunère en réalité deux choses : le coût d’immobilisation de l’argent et le risque de non remboursement. En effet, les prêteurs ont devant eux plusieurs choix d’investissements : si l’Etat ne propose pas d’intérêts, personne ne souscrira à sa dette. D’autre part, le prêteur prend un risque : celui de ne pas être remboursé. Il est donc normal que plus l’emprunteur soit susceptible de faire défaut, plus le taux d’intérêt exigé de lui soit élevé.

C’est extrêmement simple, tout le monde doit pouvoir se mettre d’accord avec ces propositions.

Pourquoi l’Etat ne peut-il pas emprunter directement auprès de sa banque centrale ?

Tout simplement parce que c’est aujourd’hui interdit. Cette interdiction résulte de dispositions législatives et du fameux article 123 du Traité de Lisbonne (voir ci-dessous). Nous allons voir ensuite pourquoi cette interdiction, s'il est souhaitable d'y mettre un terme, n'a rien du scandale que certains voudraient décrire.

Que disent les fameux articles 123 du Traité de Lisbonne (TFUE) et la loi française?

Ils disent plus ou moins la même chose, contentons-nous de L’article L. 141-3 du Code monétaire et financier (dont sa forme actuelle date de 1993). Il dispose qu’« il est interdit à la Banque de France d'autoriser des découverts ou d'accorder tout autre type de crédit au Trésor public ou à tout autre organisme ou entreprise publics. L'acquisition directe par la Banque de France de titres de leur dette est également interdite.»

Cet article est vraiment très clair, l’article 123 du traité de Lisbonne est de la même veine. La plupart des gens devraient les lire au lieu de croire sur parole les horreurs qu'on leur attribue.

Très concrètement, cela signifie l’interdiction de la monétisation directe des finances publiques, autrement dit que la Banque centrale achète la dette publique dès son émission. Nous allons voir que si la fin de cette interdiction est souhaitable, elle ne résoudra pas d’un coup de baguette magique le problème de la dette et des déficits publics comme certains voudraient nous le faire croire.

Est-ce que cette disposition a un grand impact ?

En fait, cette interdiction n’a pas un impact si grand que cela. Tout simplement parce que si la monétisation directe est interdite, la monétisation indirecte (c'est-à-dire que la Banque Centrale rachète de la dette publique déjà existante) reste autorisée. La BCE l’a d’ailleurs pratiqué dernièrement, alors qu’elle ne le faisait pas auparavant.

Et il n’y a pas de grandes différences entre monétisation directe et indirecte : dans les deux cas, l’effet est le même. La seule différence, c’est que la dette de l’Etat doit d’abord être souscrite par les marchés financiers avant d’éventuellement être rachetée par la BCE (je sais, je sais, je simplifie outrageusement). Dans les deux cas, une fois la dette rachetée, l’Etat ne paye plus d’intérêts.

En bref, ceux qui se focalisent sur l’article 123 sont assez ridicules, puisque l'opération qu'ils prétendent impossible est en fait autorisée et parfois pratiquée.

L’Etat ne pourrait-il pas se financer gratuitement auprès de sa banque centrale ?

En principe, il serait possible que la Banque de France accorde un prêt à l’Etat. Qu’il soit rémunéré ou non n’a absolument aucune importance puisque la Banque de France appartient à l’Etat. Mais c’est justement à ce niveau que se situe le problème : si l’Etat emprunte à la Banque de France, en fait il s’emprunte à lui-même.

Et tout le monde peut comprendre que s’emprunter de l’argent n’a absolument aucun sens économique pour tous les acteurs économiques. En réalité, l’endettement de l’Etat n’est donc pas financé. Comment se traduit concrètement ce déséquilibre ? Par l’inflation : comme la quantité de monnaie disponible augmente sans qu’il y ait une augmentation de richesse correspondante, les prix montent. Autrement dit, il y a plus de monnaie pour toujours autant de biens : le prix des biens augmente donc et le « prix » de la monnaie baisse.

En effet, l’Etat n’est pas un acteur comme les autres : c’est lui qui émet garantit la valeur de la monnaie. J’imagine que vous comprenez le danger : il peut donc, pour financer ses besoins, choisir d’émettre de la monnaie nouvelle. C’est ce qu’on appelle la planche à billets.

Ne pourrait-on pas retirer de la monnaie par ailleurs?

C'est ce que certains proposent, en projetant de limiter la quantité de monnaie émise par les banques privées. Le seul problème, c'est que cela va avoir un impact extrêmement sévère sur l'économie réélle: concrètement, les particuliers et les entreprises emprunteront beaucoup plus difficilement. Ce n'est évidemment pas la voie à suivre, alors que les pme se plaignent de ne pas réussir à se financer dans des conditions normales, si bien qu'il a été nécessaire d'instaurer ce fameux médiateur du crédit.

Ne pourrait-t-on pas justement supporter cette inflation ?

Les trente glorieuses, période où la France a connu une forte croissance, ont coïncidé généralement avec une inflation forte. Aujourd’hui, l’inflation est très faible. Ne pourrait-on pas accepter une inflation plus élevée alors que la crise exerce des pressions inverses, déflationnistes ?

C’est évidemment tentant. Sauf que le gros risque, c’est d’avoir l’inflation sans la croissance. 1973, date retenue par les contempteurs de la loi « Pompidou-Rothschild », marque justement le premier choc pétrolier et la fin de la période des trente glorieuses, avec l’entrée de la stagflation, c’est à dire l’inflation sans la croissance.

Le risque, c’est également que l’inflation s’emballe et dérive vers une hyperinflation. Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que la stabilité de la monnaie, c'est avant tout une question de confiance. Rompre cette confiance peut donc donner à des politiques ayant en fait un impact limité en soi des effets dévastateurs.

Il ne faut pas oublier non plus que l'inflation a des effets redistributeurs. Il baisse les revenus de l'épargne. Pas de problème me diront certains, en considérant la figure du rentier petit et grand bourgeois, c'est l'effet recherché. Sans rentrer dans ces considérations assez discutables (l'inflation est en général plus durement supportée par les petits épargnants), il est cependant indiscutable qu'au delà d'un certain seuil, cet effet redistributeur devient destabilisant, menaçant la confiance en l'économie d'une grande partie de la population. Ce qui n'est évidement pas bon. Avec la mondialisation, les pressions sur les salaires seront toujours très fortes, même après des mesures correctrices. Il n'est pas sûr que les salaires suivent (par contre, le smic, c'est automatique)...

Au delà de cela, la simple hausse des prix a un effet destabilisateur. Les prix sont en effet le principal signal envoyé par les marchés aux différents acteurs économiques. Si l'on perd confiance dans leur valeur, c'est source d'incertitude et donc de problèmes. On parle également des coûts de changement d'étiquettes ou de menus: si l'inflation est forte, il faut recalculer très souvent ses prix...

Debout la République tient une formule qui est je crois équilibrée : nous remettons en cause les articles 123 du Traité de Lisbonne et L. 141-3 du Code monétaire et financier, nous offrant ainsi la possibilité de financer l’Etat par la création monétaire. Même si nous n'utilisons pas cette possibilité, cela nous donnerait un moyen de négociation supplémentaire par rapport aux marchés financiers. Par contre, il me paraît évident que cette possibilité restera malheureusement limitée et que cela ne pourra que servir d’appoint.

Mais les Banques privées ne créent-elles pas également de la monnaie et ainsi de l’inflation ? Financer l’Etat par les banques privées ou centrales n’aurait-il pas le même effet inflationniste ?

Non, ce n’est pas la même chose, puisque comme je l’ai expliqué plus haut, lorsque l’Etat emprunte à la banque centrale, il s’emprunte à lui-même en réalité. Il n’y a donc pas de contrepartie, c’est cela qui créé l’inflation.

Dans les vidéos précitées, le fait que lorsque les banques prêtent, elles créent de la monnaie pour se faire est présenté de manière révolutionnaire. C’est absurde, puisque c’est tout à fait normal. N’importe quel élève de 1ère ES (et même, si mes souvenirs sont bon, de 2nde avec une initiation à l’économie) le sait. Ce qu’en général ces vidéos oublient de dire, c’est que lorsque le prêt est remboursé, la monnaie créée est détruite. Ce qui est inflationniste, ce n’est donc pas le fait d’accorder un prêt, mais le fait d’en accorder plus qu’auparavant.

Si vous n’avez toujours pas compris pourquoi le financement de l’Etat par la Banque centrale est plus inflationniste, oubliez ce que je viens de dire et considérez ceci :

Aujourd’hui, lorsque l’Etat se finance, il ne souscrit pas à un prêt auprès des banques. En fait, il émet des titres de dettes, dont les banques ne possède qu’une petite partie (en France, c’est moins de 20%). La dette publique est très souvent détenue par tous les Français, par le biais de leur assurance-vie par exemple. Il n’y a donc pas de création monétaire, mais l’achat de titres de dettes…

Ne pourrait-on pas financer les projets d’investissement de l’Etat par la création monétaire ?

Le problème, c’est que le budget de l’Etat est un tout, comme tous les budgets. L’Etat est une personne juridique comme une autre de ce point de vue là. Que les déficits soient égaux aux investissements d’avenir n’a pas d’influence directe sur l’impact inflationniste. A cet égard, certains propos de Nicolas Dupont-Aignan sont assez regrettables puisqu’ils semblent valider cette théorie. Sa logique pour moi n'est pas bonne: il souhaite utiliser la monétisation pour lancer des investissements d'avenir. Pour moi (et c'est ainsi que le pratiquent les pays qui en use il me semble), la monétisation est d'abord un outil de régulation monétaire qui accessoirement permet de réduire la dette publique. Mais bon, au final, si en même temps on lance des grands investissements et que comme je viens de vous l'expliquer, l'on considère que l'Etat est un tout, on peut comprendre le raccourci de Nicolas Dupont-Aignan.

Comment le rejet de l’interdiction de la monétisation directe s’inscrit dans le programme de DLR ? Quid de l’inflation ?

Il ne faut pas oublier qu’à DLR, nous prônons un certain nombre de mesure qui auront un effet inflationniste (augmentant le niveau des prix).

Ainsi, nous prônons la sortie de l’euro, notamment parce que nous estimons que l’euro est trop cher pour l’économie française. Nous souhaitons donc une monnaie nationale dévaluée. Il y aura donc, mécaniquement, une inflation, une hausse des prix de nombre de produits importés. Et une hausse importante, il faut bien s’en rendre compte. On estime à 30% la hausse des coûts de production en France par rapport à l’Allemagne. Il faut donc s’attendre à une baisse d’au moins 30% de la nouvelle monnaie et une hausse corrélative des biens importés, qui au bas mot doivent représenter 20% de notre PIB et une part plus importante encore des produits manufacturés consommés en France. Cela donne une hausse générale des prix de 6% (20% des produits et services augmentant de 30%).

A cela s’ajoute la TVA sociale. Pour que cette mesure soit efficace, il faudrait porter la TVA à 25%, c’est encore 5% de hausse des prix. On additionne les deux, et cela donne une inflation à potentielle à 11%...

Dans ces conditions, il est évident que nous ( et là c'est ma propre déductions, je n'engage pas DLR) ne pourrons pas aller très loin dans la création monétaire. Car l’inflation a un coût très important, bouleversant l’allocation des revenus et suscitant bien entendu des tensions sociales. Elle reste très dangereuse. A 11%, les risques d’emballement sont très importants, c’est évident.

Est-il possible de rembourser la dette publique par financement direct de l'Etat par la Banque Centrale en 15 ou 17 ans ?

Dans l’absolu, c’est possible, bien sûr, au prix d'une forte inflation. Il est évidemment possible de tout financer par la planche à billets. Reste qu'il faudra alors payer le prix d'une telle politique, que personnellement je trouve suicidaire.

Pour vous faire bien comprendre, voici en gros ce à quoi revient une forte inflation (et ça a existé, il ne faut pas croire que c'est un cas d'école). On peut donc par exemple décréter qu'il suffit que 1 000 euros anciens égalent un nouvel euro et interdire la conversion des titres de dettes. Pas de problèmes, on arrivera alors à rembourser. Sauf que bien entendu, les créanciers (et nous avons vu que ce n'était pas simplement les grandes méchantes banques) sont spoliées. Au delà de l'évidente injustice qui pèserait sur ces malheureux créanciers, la confiance dans l'économie serait anihilée. Je crois que cette solution serait dévastatrice pour la France, anéantissant l'épargne de tous les acteurs économique. C'est évidemment impossible.

En fait, il y a deux mécanismes: en rachetant les titres de sa dette publique, l'Etat annule sa dette. Ce faisant, il créé de l'inflation qui mécaniquement baisse la valeur réélle des dettes restantes (à la condition que les titres de dettes ne prennent pas en compte cette inflation, certains ne le font pas. Mais ils sont je crois minoritaires).

Concrètement, la France est endettée aujourd’hui à hauteur de 85% de son PIB. Cela signifie que, si l'on voulait rembourser en une année la dette publique, il faudrait y consacrer plus dix mois et qu'il ne resterait de disponible que deux malheureux mois pour subvenir à ses besoins.

85% du montant cumulé de sa dette donc. Or, les déficits sont aujourd'hui autour de 6% du PIB, il faut tout de même prendre en compte cela. La dette publique, c'est 1650 milliards d'euros. Vous comprenez bien que vouloir effacer la dette publique en 15 ans par la création monétaire revient donc à vouloir créer une masse considérable de monnaie. Prétendre que l'on peut financer ainsi la dette publique sans avoir de graves conséquences, c’est donc n’importe quoi, il n’y a pas d’autres mots.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur la monétisation, qui n'est pas sans poser quelques problèmes. Jusqu'ici, les réactions à mon papier n'ont pas été à la hauteur, à l'exception de Laurent Pinsolle (mais qui en fait, même s'il ne s'en rend pas compte, est complètement d'accord avec moi et en désaccord avec les adeptes de la monétisation remède miracle, qu'il ménage pourtant parce qu'il les connaît). N'hésitez pas à me faire part de vos réflexions. Je publierai toute réaction argumentée, y compris très critique.

vendredi, octobre 29 2010

Un sondage sur internet intéressant

Une fois n’est pas coutume, j’ai trouvé très intéressant un sondage sur internet réalisé par le jdd sur la personnalité de Georges Frêche. Je vous le reproduis ici ainsi que ses résultats au 29 octobre à 11h15. Il y avait alors 4664 votants, ce qui est assez peu il est vrai.

 

Pour vous, Georges Frêche était...

Un baron local mégalomane (30%)

Un homme au parler vrai (17%)

Un politique proche du peuple et loin des élites parisiennes (16%)

Un grand maire de Montpellier (13%)

Un homme intègre, fidèle à ses principes (8%)

Un homme brusque et raciste (8%)

Un bon vivant que ses excès ont emporté (8%)

 

Je connaissais très peu Georges Frêche et je n’ai malheureusement jamais vu Montpellier autrement que sur les sympathiques vidéos du trublion Rémi Gaillard. En fait, je n’ai entendu parler de Georges Frêche que par un ami Montpelliérain exilé à Paris, et par un proche qui l’a côtoyé brièvement à titre professionnel. Et bien sûr les médias. L’impression que j’en ai retiré, c’est qu’il fait beaucoup pour Montpellier, mais que c’était un véritable satrape. On m’a ainsi rapporté une réunion ou M. Frêche a humulié publiquement Jean-Claude Gayssot (alors vice-président de la région Languedoc-Roussillon)… Ce dernier, présent, n’a même pas relevé et se serait répandu en flatteries flagorneuses. Vous comprenez donc que j’ai voté à l’instar de la majorité des internautes.

 

Pour une fois, j’ai trouvé l’éventail des propositions assez juste, même si chacune d’entre elles était assez orientée. Mais bon, tout n’est pas parfait : par exemple, on peut considérer qu’il est possible d’être un politique proche du peuple tout en ne s’éloignant pas des élites parisiennes (j’ai toujours eu du mal avec le populisme anti-élite).

 

En tous les cas, l’enseignement de ce sondage est intéressant : les réponses que l’on peut considérer comme émettant un jugement positif à l’égard de l’action et de la personnalité de Georges Frêche sont largement majoritaires, regroupant plus de 60% des internautes. Surtout, le matraquage des médias sur les dérapages (pourtant réels) répétés de l’ancien maire de Montpellier ne passe pas : seuls 8% des votants jugent que « Georges Frêche était [et il faut rajouter avant tout] un homme brusque et raciste ». Et ça, je crois vraiment que cela mérite d’être noté.

 

mardi, septembre 7 2010

Des hommes et des Dieux

J’ai eu la chance de pouvoir assister à une présentation en avant première ce soir du nouveau film de Xavier Beauvois, Des hommes et des Dieux. Précédé d’une critique élogieuse, primé à Cannes par le Grand prix du Jury (d’aucuns pensent qu’il aurait dû obtenir la palme d’or, le Grand prix du Jury étant en général considéré comme récompensant le finaliste malheureux), j’avais hâte de voir ce film.

 

Son sujet est grave : la vie des moines cisterciens de Tibhirine, dont 7 (sur les neuf présents) ont été enlevés puis assassinés dans des circonstances qui aujourd’hui encore ne sont pas totalement éclaircies. Le film cherche à expliquer leur démarche, le sens de leur engagement  dans un pays où leur vie était devenue menacée.

 

Pas besoin de faire de long discours donc. Ce film exigeant est touché par la grâce, les acteurs sont tous plus justes les uns que les autres et je n’ai qu’une seule chose à vous dire : courrez voir ce film !!!

mardi, mai 25 2010

Faut-il mettre fin à l’anonymat des blogs ?

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mardi, février 23 2010

Quelle est la date de réception d'une lettre recommandée?

Pardonnez-moi d’avoir délaissé le blog ces derniers temps, mais je n’ai vu que des expositions sans grand intérêt (on m’a traîné voir Boltanski alors que je crains de n’être pas du tout sensible à cette forme d’art). Pourquoi n'ai-je rien posté de juridique alors? Tout simplement parce que je n’ait travaillé ces derniers temps que sur des documents trop spécifiques et que j'ai tout de même une petite obligation de confidentialité... Je reviens donc avec une petite note sur la date de réception d’une lettre recommandée avec avis de réception. Sur internet, les réponses ne sont pas toujours très claires.

 

Posons la situation tout d’abord : il s’agissait de la résiliation d’un contrat, qui, selon les termes contractuels, intervenait dans le mois de la réception de la lettre RAR. Or, la lettre, une première fois présentée le 25 du mois, n’avait été retirée que le premier, alors que le destinataire était pourtant parfaitement informé (par téléphone et courriel), ce qui a occasionné un préjudice à l’expéditeur.

 

L’article 669 du Code de procédure civile dispose, en son alinéa 3 que « la date de réception d’une notification faite par lettre recommandée avec demande d’avis de réception est celle qui est apposée par l’administration des postes lors de la remise de la lettre à son destinataire », alors que son alinéa 2 précisait que « la date de la remise est celle du récépissé ou de l’émargement ».

 

Ainsi, pour apprécier de la date de signification au destinataire, il est tenu compte de la date de remise effective de la lettre de notification contre signature du destinataire, et non de sa simple présentation ; comme l’a constaté la Cour de cassation, par exemple dans des arrêts de la troisième chambre civile du 14 décembre 1994 n°93-12.481 publié au bulletin et de la deuxième chambre civile du 10 mars 2005 n°03-11.033 BII n°64 p.59.

 

Des exceptions légales et réglementaires à ces dispositions sont bien entendues prévues dans les cas où c’est nécessaire, comme par exemple l’article L. 271-1 du Code de la construction et de l’habitat donnant un délai de rétractation de 7 jours à l’acheteur non-professionnel d’un immeuble à usage d’habitation (existant ou à construire), ou l’article L 1232-2 du Code du travail (convocation à l’entretien préalable à un licenciement) ou encore l’article 64 alinéa 2 du décret n°67-723 pour les notifications relatives aux copropriétés.

 

La jurisprudence a cependant parfois considéré que la date de réception pouvait être celle de la première présentation, comme par exemple dans un arrêt de la Cour d’appel de Paris du 11 Mai 2000, n° Jurisdata 2000-115577, pour une convocation à une assemblée de copropriétaire alors que le droit d’alors ne le prévoyait pas spécifiquement.

 

Quoiqu’il en soit, la date à retenir pour la réception ne peut donc n’être que celle de la remise et non de la première présentation en l’absence de textes indiquant le contraire. Par contre, au cas où le destinataire manquerait à son obligation de bonne foi, par exemple en n’allant chercher la lettre qu’au dernier moment tout en sachant ce qu’elle contenait et causant un préjudice à l’expéditeur, il est bien évident que sa responsabilité sera engagée. Tout le problème résidera alors dans la preuve de ce manquement.

 

Ma consultation s’arrêtait là. En l’espèce, rapporter une telle preuve m’aurait paru possible, en se basant sur la conversation téléphonique et le courriel, le destinataire semblant se contenter d’encaisser l’argent pour le mois litigieux sans pour autant réaliser aucune prestation. C’était une société d’une certaine taille, avec un secrétariat et très certainement un service courrier performant. Il est très probable que la société destinataire se soit entendue avec le postier pour ne pas accepter la remise de la missive à la première présentation. Le montant étant malgré tout assez faible, cela ne justifiait pas une action en justice.

 

Ce qu’il aurait fallu faire, c’est tout simplement prévoir contractuellement un délai de résiliation plus simple, par exemple faire courir un délai de 15 jours à compter de la première présentation de la lettre RAR. D’ailleurs, le contrat était très mal rédigé, puisqu’une résiliation doit laisser un temps minimum pour se retourner, ce qui n’était pas le cas en l’espèce : si la lettre avait bien été reçue le 26 à sa première présentation, ce délai aurait pu être considéré comme anormalement court ! Enfin bref, le contrat n'était ni fait ni à faire, et l'expéditeur, qui n'avait pas fait appel à des professionnels, se contentant du juriste de la boîte, ne peut s'en prendre qu'à lui-même!

dimanche, décembre 27 2009

La crise un an après

Mis au courant par le blog de Paul Jorion, qui fait partie des personnalités interviewés, j’ai voulu me rendre à la cité des sciences et de l’industrie afin de visiter l’exposition temporaire sur la crise. D’après ce que j’avais compris, il s’agissait de faire le bilan de la crise et des perspectives de l’économie mondiale. Cette exposition se terminera bientôt, en janvier, mais j’ai tout de même choisi de vous en parler, vous comprendrez pourquoi en lisant la suite de ce message.

La représentation de l’économie dans les médias, que ce soit à la télévision ou même dans les journaux est toujours très difficile, une exposition autour de ce thème constituait donc un challenge important.,

Je connais mal la cité des sciences et de l’industrie, située à la Vilette, à l’autre bout de Paris par rapport à mon domicile. Par ces froides journées d’hiver, le parvis glacial est pour le moins peu accueillant. Dès que l’on entre dans la cité, j’ai été impressionné par le nombre d’employés chargés d’orienter les visiteurs. Mais on comprend vite pourquoi: le bâtiment est un joyeux capharnaüm où les expositions et les différentes salles se mélangent et s’imbriquent allègrement. La personne à laquelle je m’adresse m’a l’air inquiète: elle m’explique que l’exposition que je veux aller voir n’est pas très importante et ne vaudrait pas le coup. Elle a d’ailleurs l’air intriguée, ne croyant pas que la petite exposition valait le coût d’une visite. Elle est située au premier étage et est incluse dans la visite de l’exposition principale du musée, baptisée « explora ».

Première bonne surprise, le prix est très modique: j’ai même la chance d’arriver l’après-midi et de voir le coût encore plus réduit: avec mon tarif étudiant, je m’en tire pour seulement trois euros. Il n’y aura malheureusement pas d’autres. Premièrement, l’expo est de taille très modeste: un grand écran prolongé par une grande table autour de laquelle sont placés des ordinateurs afin de visionner la suite des interviews, deux panneaux explicatifs et c’est tout. Quant à la suite d’Explora, ce n’est pas inintéressant. Mais en fait, Explora rassemble de nombreuses expositions qui n’ont pas grand-chose à voir entre elles. Ainsi, l’exposition sur la crise est encadrée par un corner sur l’innovation et les brevets, un autre sur le design et un autre sur la tectonique des plaques…. Aussi large que l’intitulé de la Cité des sciences et de l’industrie.

Le contenu de l’exposition n’est pas inintéressant, dépendant en fait de la qualité des intervenants, qui était excellente. L’ennui, c’est qu’il n’y a pratiquement pas de présentation synthétique: le grand écran présente un petit film de moins de cinq minutes rassemblant des extraits d’une phrase ou deux de chaque interviewé. Le concept n’était pas forcément idiot, permettant à chaque visiteur d’aller ensuite visionner l’interview de la personnalité qui l’avait interpellé.

Je m’installe ensuite devant les bornes interactives: évidemment, il n’y a pas de siège mais de simple banquettes pour s’appuyer, les concepteurs de l‘expo cherchant sans doute à éviter la monopolisation des bornes. Hélas, il n’y a pas foule, cette précaution était inutile. Je m’y installe néanmoins. Je choisis de regarder les interviews complètes des auteurs que j’apprécie: Je commence par Paul Jorion, qui me déçoit un peu en restant très centré sur son métier d’origine, l’anthropologie, mais cette fois en ne sortant pas, à mon sens, de grandes généralités un peu inutiles pour moi. Je me précipite ensuite vers l’entretien de Thomas Piketty, très pertinent. On l’a beaucoup fait parlé des inégalités, son thème de prédilection. Thomas Piketty lui-même indiquait que ce n’était qu’un facteur explicatif, loin d’être le plus important: c’est dommage, j’aurais aimé l’entendre plus parler de sa vision globale. Michel Aglietta ensuite était très intéressant. Par contre, j’avoue m’être un peu endormi devant Jean-Paul Fitoussi. Deux heures étaient déjà largement passées, je n’avais plus le courage de me lancer dans une autre interview et j’ai donc quitté la modeste exposition.

Au final, la visite était donc décevante et l’exposition plutôt ratée. En réalité, la forme matérielle, concrète de l’exposition n’apportait strictement rien, et il aurait été bien plus intelligent de mettre tout à disposition sur internet… Mais il est vrai que le challenge était presque impossible à respecter. Au départ, je craignais plus en fait une exposition très tournée vers l’enfance, avec des schémas simplificateurs (et marxisants bien entendu!) et des jeux stupides autour des circuits économiques. La réalité s’est révélée beaucoup trop techniques. J’ai d’ailleurs vu nombre de parents, lassé des gamineries de leurs enfants, s’arrêter quelque peu devant les bornes. Cinq minutes plus tard, leurs enfants se rappelaient à eux. Cinq minutes plus tard, ennuyés, ils leurs tiraient l’écharpe et les entraînait vers des espaces plus dédiés à leur âge.

Bref, il aurait fallu à mon sens un peu plus de panneau, des interviews plus synthétiques qui auraient été mis sur internet à la disposition de ceux qui auraient voulu prolonger leur visite. Ensuite, au niveau de la cité des sciences et de l’industrie, une réorganisation d’ensemble s’impose. Sans doute faudrait-il moins tourné l’édifice vers la jeunesse (dont le palais de la découverte s’occupe déjà à Paris), le rationnaliser… Parce que là, c’était le bordel, il faut bien l’avouer. Le personnel m’a paru pléthorique, et je pensais avec un peu d’amertume populiste que si le prix du billet était très raisonnable, c’était mes impôts issu de mes maigres revenus qui finançait tout cela!

mercredi, novembre 11 2009

De Byzance à Istambul

J’ai visité le week-end dernier la très belle exposition retraçant les trésors archéologiques de l’ancienne Constantinople au Grand Palais, qui se tiendra jusqu’au 25 janvier prochain.

 

Je ne vous le cache pas, ma première impression, à la caisse, a été mauvaise pour ne pas dire calamiteuse : le prix de l’entrée est exorbitant, et je me suis heurté à une caissière incompréhensive qui a refusé de me donner le statut d’étudiant, ma carte datant de l’année dernière…

 

Mais dès la première salle, j’oubliais ma déconvenue : l’exposition donne tout de suite une impression de luxe et de raffinement. Dans les galeries plongées dans la pénombre, de superbes pièces sont magnifiquement mises en valeur par un éclairage soigné. Le classement des objets présentés est, sans surprise, chronologique. On suit ainsi les différentes réalisations artistiques de l’ancienne colonie grecque jusqu’à la métropole renommée Constantinople en passant par l’ancien port romain. Enfin, on s’attarde (à l’étage) devant l’appropriation par les Turcs de la grande tradition artistique stambouliote, la ville changeant une nouvelle fois de nom.

 

Les matériaux présentés sont très riches et d’une grande qualité. Bien sûr, l’époque antique est représentée en majorité par ses statues mais on peut également apercevoir de très beaux bijoux, de très nombreuses poteries ainsi que divers objets de la vie quotidienne. S’ajoutent, pour les périodes suivantes des tissus puis de nombreuses peintures ainsi que des témoignages architecturaux. A la fin de l’époque Byzantine, comme en transition, les différents dômes de la ville sont projetés dans une salle spécialement aménagée et l’effet est assez spectaculaire : d’une part on s’y croirait, d’autre part on peut ainsi comparer facilement les différentes réalisations et ainsi apprécier les diverses influences.

 

Le classement chronologique s’accompagne d’explications sommaires sur le contexte politique et social qui expliquent les grandes évolutions artistiques. Sans être fastidieux, mais en retenant l’essentiel, on est mieux à même de comprendre la pensée des artistes, les attentes des commanditaires. De ce point de vue, l’exposition me semble être une réussite. J’ai d’ailleurs visité les lieux avec une historienne qui a étudié lors de son cursus ces questions, et elle m’a assuré de la pertinence globale de la démarche.

 

Au final, c’est donc une exposition extrêmement intéressante, bien présentée et dont le seul inconvénient est le prix (11€ en plein tarif, 8 sinon)…

mercredi, octobre 21 2009

Luttons contre les idées reçues !!!

Il y a encore plus comique que les idées reçues : les idées reçues que certains ont sur des idées reçues. C’est le cas de la mondialisation et de son histoire. En effet, un certain nombre de commentateurs, se croyant bien informés, expliquent à qui veut les entendre que l’internationalisation des économies n’est pas un phénomène nouveau (et là ils ont raison) et qu’en 1913, les économies nationales étaient plus intégrées qu’aujourd’hui (et là ils ont tort).

 

C’est un phénomène très répandu : déjà, lorsque j’étais étudiant en classes préparatoires, mon professeur d’économie me l’avait sorti. On le voit encore ça et là, y compris chez des observateurs plutôt avisés ayant des connaissances en économie. Dernièrement, et c’est ce qui m’a poussé à rédiger ce billet, le journaliste de Libération Jean Quatremer[1] citant à l’appui de sa thèse Suzanne Berger, professeur au MIT.

 

Je n’ai pas lu ce livre, mais il me semble que M. Quatremer en a fait une mauvaise lecture sur ce point particulier. Le résumé disponible sur internet du livre explique bien qu’après la première mondialisation, que Suzanne Berger situe en 1914, « Il faudra attendre 70 ans pour retrouver le même niveau d’investissements à l’étranger, la même fluidité de circulation des biens et des personnes ». C’est donc que le niveau d’internationalisation de 1913 a été rattrapé dans les années 1980…

 

Prenons donc deux éléments majeurs de la mesure de l’interconnexion des économies, à savoir d’une part le taux d’ouverture (soit X+M/PIB) et ses deux composantes, le taux d’ouverture à l’exportation (X/PIB) et aux importations (M/PIB), et d’autre part la mesure du stock des investissements à l’étranger.

 

En 1910, les exportations représentaient, pour l'ensemble des pays européens, 13% du PNB national notamment 15 pour la France et 27 pour le pays le plus ouvert, le Danemark. Ce même taux était de 6 pour les Etats-Unis, 12 pour le Japon[2]. Les taux d'ouverture sont bien supérieurs aujourd'hui. En France, le taux d'ouverture à l'exportation dépasse celui de 1913 dès 1975, où il atteint 15,5[3]. En 1975, les USA ne restaient qu'à 7% (ce qui est tout de même plus qu’en 1910). Aujourd'hui, leur taux d'ouverture global est de 27,3%, pour la France 54,7%[4]. Les taux d’ouverture sont donc bien supérieurs aujourd’hui qu’en 1910 (auquel on peut assimiler 1914).

 

Pour ce qui est de l’investissement international, j’ai eu plus de difficultés à trouver des chiffres[5]. J’aurais bien aimé notamment trouvé le chiffre des montants cumulés d’exportation des capitaux à long terme depuis, disons 30 ans, pour la France notamment. Le document mis en lien ne retrace que les dix dernières années; il permet donc de se faire tout de même une idée.

 

 

Pour aller vite, il faut retenir que l’investissement à l’étranger dans les pays de l’ocde étaient de 1120 milliards d’euros pour les flux entrants et 910 milliards pour ceux sortants. Pour la France, ces chiffres étaient de 81,1 et de 115,1 pour 2006. Si on fait une moyenne sur les dix dernières années, on obtient 48 (flux entrants) et 87 (flux sortants) respectivement. Autrement dit, le flux annuel de sortie de capitaux représentait, en 2006 environ 4,5% du PIB, et devait tourner autour de 4 pour les dix dernières années. L’investissement à l’extérieur net représente 1242 milliards de dollars sur la décennie 1997-2006, la France étant le premier pays d’origine avec 391 milliards de dollars (soit le tiers du total !!! Il y a par contre des pays où le solde est négatif, comme la Pologne, avec -70. C'est au fond, normal, les pays les plus développés exportant leurs capitaux vers des pays plus en retard.

 

Autrement dit, la France a investit, sur dix ans, à hauteur du quart de son PIB. Les flux sortants en représentent même 50%!

 

Ces chiffres sont supérieurs à ceux observés pendant la première internationalisation, mais la différence entre les deux périodes se réduit. Ainsi, en 1913, les flux annuels représentaient 4,9% du PNB des pays investisseurs et le montant cumulé, 108%[6].

 

En dix ans, la France a donc, grosso modo, investit à l’étranger la moitié du pourcentage cumulé observé en 1913. On peut donc raisonnablement penser qu'avec les investissements cumulés précédents, le chiffre de 1913 (108%) est dépassé. Si un internaute retrouve ce chiffre des investissements nets cumulés, je suis preneur. Cependant, en 1985, Jean-Charles Asselain expliquait que ce pourcentage n’était pas encore atteint, malgré le développement des investissements internationaux depuis les années 1960. Il donnait comme chiffre 15% du PNB pour 1970 en montant cumulés. Si on part de 15%, que l’on rajoute les 50% de la dernière décennie, mais surtout la période « trou » entre 1970 et 1997 on devrait largement dépasser cette somme pour la France du moins, pays très internationalisé.

 

Notons tout de même que le pourcentage de 4,9% des flux annuels n’est toujours pas dépassé, ce qui démontre tout de même le caractère exceptionnel de l'internationalisation de la belle époque!

 
Pour relativiser encore ces chiffres, on peut aussi rappeler qu'une bonne partie de l'internationalisation actuelle est motivée par des échanges financiers et économiques qui ne reflètent qu'imparfaitement la réalité économique, ayant des motivations fiscales (prix de transferts, investissements dans des paradis fiscaux...). Mais ces pratiques existaient déjà bien entendu lors de la première internationalisation!
 
Au final donc, M. Quatremer a tort formellement, mais il a raison de rappeler que l'internationalisation d'aujourd'hui a connu un précédent, qu'elle a aujourd'hui dépassé.
 

[2] Paul Bairoch, Victoires et déboires, Histoire économique et sociale du monde du XVIème siècle à nos jours, Folio histoire, 2005, Tome 2, tableau 13 p. 308

[3] Emmanuel Combe, Précis d’économie, PUF 2000, p. 372

[6] Jean-Charles Asselain, Histoire économique Tome 1, De la révolution industrielle à la première guerre mondiale, Presses de la fondation nationale des sciences-politiques et Dalloz, 1985,p.279

vendredi, juillet 31 2009

Rechercher sur internet en droit des affaires

Internet est une source d’informations extrêmement fournie et abondante. La règle reste valable pour le droit des affaires où il existe de nombreuses sources. Il faut distinguer entre les nombreuses sources payantes et les innombrables sources gratuites, dont le blog de votre serviteur est un modeste exemple.

 

Commençons par le plus simple, le gratuit.

 

La première chose à faire en face d’une question des droits des affaires est de sélectionner ses mots clés, et lancer un moteur de recherche google ou yahoo. Sans même regarder les résultats, je conseille d’essayer différentes combinaisons de mots clés et de s’attarder en priorité sur celle ayant le plus grand nombre d’occurrences. S’il y a peu de résultats, pas d’autres solutions que de se creuser les méninges pour trouver d’autres mots clés. A l’inverse, si vous en avez trop, n’hésitez pas à utiliser les « », voire de formuler votre question telle quelle, ou de rajouter des mots clés tels que « comment faire », « quels sont les critères de… ».

 

Pour le gratuit, il faut bien entendu être vigilant à la qualité de l’information. Par contre, il ne faut pas céder à la psychose : peu d’internautes s’amusent à donner exprès des informations mensongères. Mais des erreurs sont toujours possibles, il faut donc faire attention. En droit des affaires, il faut également s’enquérir de la date des informations : dans de nombreuses matières, la législation évolue rapidement. Par exemple, si vous cherchez des informations sur la SAS, il faut absolument trouver des pages écrites après la loi LME du 4 aout 2008 ! Ou encore sur ce blog même : le système américain de surveillance bancaire américain va être modifié prochainement… Je le retravaillerai en septembre !

 

Les sources gratuites sont extrêmement variées : il y a d’abord des sites d’universitaires ou de professionnels de droit des affaires. Il arrive d’ailleurs très fréquemment que les auteurs publient sur leur site personnel les articles qu’ils publient dans des revues payantes. Avant de vous précipiter et d’acheter leurs articles, il peut donc être utile de faire un tour sur le cabinet d’avocat où travaille l’auteur et d’essayer de trouver un onglet publications. C’est toujours cela de gagné!

 

Parmi les sources professionnelles, une place spéciale doit être réservée aux associations professionnelles, aux chambres de commerce, véritable mines d’informations d’une très grande qualité. Il en est de même pour les sites étatiques, soutenant la création d’entreprise par exemple. Ces informations peuvent bien entendu se lire les yeux fermés, à la seule réserve qu’il faut toujours rechercher la date d’actualisation des informations.

 

Il y a ensuite de nombreux sites d’étudiants de partage, dont certains sont gratuits, ou alors des compilateurs de mémoires comme par exemple glose.org. En général, la qualité est au rendez vous, mais il faut malgré tout prendre ses précautions : recouper, vérifier dans les textes. Cela s’applique bien entendu aux articles de mon blog !

 

Ensuite il y a le payant. Les principaux sites sont bien entendu lexisnexis (Jurisclassur, nombreuses revues JCP…), dalloz (encyclopédies dalloz, dalloz répertoire général, nombreuses revues RTD…) , lextenso (Gazette du palais, LPA, Joly, Defresnois), les éditions législatives (Dictionnaire permanent), francis lefebvre (bases, mémentos disponibles en ligne, nombreuses revues efl…) et dans une moindre mesure, lexbase et thomson transactive. Ce dernier éditeur dirige le doctrinal, une immense base de données des articles juridiques (mais aussi assez largement économique) publiés sur les sujets. Le doctrinal est donc véritablement une source de premier ordre. Malheureusement, il n’est pas d’une très grande réactivité, les articles n’entrant souvent dans la base de données que plusieurs mois après leur publication… De même que pour la recherche parmi les sources gratuites, il faut faire attention à utiliser plusieurs combinaisons de mots clés.

 

Pour ceux que le sujet intéresse, je les renvoie au site d’un documentaliste juridique (qui a travaillé pour des grands cabinets d’affaires : precisement.org.

 

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